Verbe : faire justice, obtenir réparation, exercer ou voir exercer une juste rétribution face à un tort subi.
ἐκδικέω signifie faire justice, venger, obtenir réparation, défendre le droit d’un lésé. Le verbe est formé sur δίκη (justice) avec ἐκ- : faire sortir la justice, la faire valoir. Logiquement, ἐκδικέω implique qu’un tort a été commis et qu’une réponse juste est recherchée. Dans le NT, il apparaît notamment dans la parabole de la veuve et du juge injuste : elle demande qu’on lui fasse justice. Ainsi, ἐκδικέω met en relief la justice rendue, non une vengeance capricieuse. Il peut exprimer la rétribution divine : Dieu fait justice à ses élus. En somme, ἐκδικέω désigne l’acte de faire valoir le droit : réparation, justice rendue.
Arrière-plan : Dieu est juge et défenseur du faible; il “fait justice” à l’opprimé. La pensée sémitique comprend la vengeance comme appartenant à Dieu (“à moi la vengeance”) : ce n’est pas licence personnelle, mais assurance que Dieu rétablit le droit. Les psaumes crient pour la justice, et les prophètes annoncent le jour où Dieu jugera. Ainsi, ἐκδικέω résonne avec l’espérance de justice : Dieu entend les cris des veuves, des pauvres, des humiliés.
Aujourd’hui, “vengeance” évoque revanche. ἐκδικέω, dans le NT, est plutôt justice/réparation : Dieu rétablit le droit. Clarification : la foi ne nie pas l’injustice; elle refuse la vengeance privée et attend la justice de Dieu, tout en poursuivant la justice dans le présent. En prédication exégétique, ἐκδικέω aide à parler de persévérance : crier à Dieu, attendre, ne pas se décourager. Le mot corrige un contresens moderne : croire que la Bible encourage la revanche; elle encourage l’attente confiante de la justice de Dieu.
Verbe de justice réparatrice ou rétributive. Il sert à exprimer l’idée qu’un tort doit être traité et qu’un droit doit être rétabli.
Dans les passages liés à cette fiche, ἐκδικέω désigne soit la justice réclamée par l’opprimé, soit la juste rétribution que Dieu fait venir contre le mal.
Ne pas lire le mot comme permission de vengeance personnelle. Le contexte biblique l’oriente vers la justice, souvent divine.
Le verbe sert à exprimer la demande ou l’action d’une justice qui répond réellement à l’injustice subie.
laisser l’injustice impunie ; détourner le droit ; subir sans recours
faire justice ; réparer ; exercer le jugement
Une revanche passionnelle privée. Ici, le mot porte la notion de justice rendue ou attendue.
faire justice
Lc 18,3–8 ; Rm 12,19 ; Ap 6,10
G1556
ἐκδικέω
ek-di-ké-o
ekdikeo
Option A : faire justice au sens de rendre droit à une cause lésée. Option B : venger au sens de rétribution judiciaire ou divine. Les contextes liés montrent que le mot ne doit pas être réduit à la revanche personnelle : il vise l’établissement du droit, parfois par le jugement de Dieu.
- Lc 18,1–8 : le verbe exprime la demande insistante de la veuve pour que justice lui soit faite. - Rm 12,14–21 : la nuance passe par le refus de la vengeance personnelle et la remise du jugement à Dieu. - Ap 6,7–11 et Ap 19,1–10 : le verbe s’inscrit dans l’attente puis l’accomplissement de la justice divine. - 2 Co 10,1–6 : la nuance peut se rapprocher d’une riposte juste à un désordre persistant.
Le mot active un registre judiciaire et eschatologique. Il appartient à l’univers de la réparation, du jugement et de la réponse apportée à l’injustice. Le verbe peut s’inscrire soit dans une demande de justice, soit dans l’annonce d’une rétribution divine.