bien-aimé; cher; aimé (terme d’affection et d’appartenance)
ἀγρός (agros) signifie « champ », « campagne » (terre cultivée). Dans certains contextes, le mot peut aussi désigner une zone rurale par contraste avec la ville, mais l’idée centrale reste la terre travaillée. Sa logique est spatiale et économique : lieu de culture, de récolte, de subsistance. Le garde-fou est de ne pas diluer ἀγρός en “nature” générale. Un champ est une parcelle, un domaine, un espace productif. Il implique travail et propriété. Comprendre ἀγρός, c’est comprendre une réalité quotidienne : on va au champ, on y travaille, on y trouve du fruit. Dans la Bible, ce mot sert souvent d’arrière-plan à des images de semence et de moisson, précisément parce que le champ est concret. Mais le lexique reste simple : champ, terre cultivée. Il met en avant la réalité rurale. Ainsi, ἀγρός est un mot de lieu de production : on y investit du temps, on y attend un résultat, et la récolte dépend de la bénédiction ou de l’épreuve. Le terme rend visible ce cadre de vie agricole.
L’Ancien Testament pense la vie en termes de terre et de champs : la bénédiction se voit dans la récolte, la sécheresse est un jugement ou une épreuve, et la justice se pratique aussi au champ (glanage, respect du pauvre, limites). La terre promise est reçue comme don, et le peuple vit de ses champs. Cet arrière-plan éclaire ἀγρός : la terre cultivée est un lieu d’obéissance concrète. Les prophètes dénoncent l’accaparement : joindre champ à champ, enlever la part des faibles. Ils rappellent que la terre appartient à Dieu et que l’homme est gestionnaire. Le champ est aussi lié au rythme des saisons : semailles, moisson, repos de la terre. Pour un lecteur moderne, cet horizon corrige une lecture abstraite : les textes bibliques parlent d’un monde agricole où la survie dépend du sol. Les champs deviennent ainsi un lieu de confiance et de responsabilité : travailler, attendre, partager. ἀγρός, dans ce cadre, renvoie à une réalité matérielle qui porte des enjeux spirituels, non par symbolisme automatique, mais parce que la vie d’alliance se vit au quotidien sur la terre.
Le lecteur occidental moderne peut voir le champ comme un paysage ou un loisir (promenade). ἀγρός est d’abord une réalité de production : terre cultivée, domaine rural. La clarification est de garder le lien au travail et à la subsistance. Un contresens serait de rendre le mot “campagne” au sens romantique et de perdre l’idée de culture. Un autre contresens serait de spiritualiser chaque champ en parabole. Le champ peut devenir image, mais il reste un lieu réel. Pour un lecteur moderne, ἀγρός aide à comprendre le cadre économique des récits : un champ est une ressource, un héritage, un lieu de travail. Cela explique des thèmes bibliques fréquents : semer, récolter, manquer, partager. Comprendre ἀγρός, c’est donc comprendre un mot de vie rurale : terre travaillée, attendue, mesurée, possédée ou louée. Le terme rappelle que la Bible parle dans un monde où la terre nourrit. Et c’est pourquoi les images agricoles sont si puissantes : elles viennent du concret. Lexicalement, ἀγρός = champ, terre cultivée, non simple décor.
Dans le texte, le mot « bien‑aimé(s) » (grec ἀγαπητός, translittération agapetos, G0027) désigne la personne chère à l’auteur.
Dans le passage, ἀγαπητός désigne celui/celle qui est aimé(e) et reconnu(e) comme cher(ère). Selon le contexte, c’est soit une adresse pastorale (“bien-aimés”), soit un titre d’identité (le Fils).
Ne pas confondre avec “amour romantique”. Ne pas réduire à une formule de salutation : souvent, l’auteur prépare une exhortation en rappelant l’amour reçu.
Très fréquent comme adresse pastorale (“bien-aimés”) pour rappeler l’amour reçu et cadrer une exhortation. Peut aussi désigner le Fils “bien-aimé” (titre d’identité) selon les passages.
méprisé; rejeté; haï (selon contexte)
aimé; cher; précieux; bien-aimé
bien-aimé(s)
Mt 3,17; 1 Jn 3,2; Ep 5,1
G0027
ἀγαπητός
agapetos
Option A : terme d’affection relationnelle (lettres : “bien-aimés”). Option B : titre christologique (“Mon Fils bien-aimé”) — proclamation divine d’identité. L’indice est le locuteur (Dieu / apôtre) et la scène (baptême/transfiguration vs exhortation). Ne pas réduire à une simple politesse : souvent, le mot marque l’identité et l’appel à vivre en cohérence.
- Mt 3,17 / Mc 1,11 — “Fils bien-aimé” : identité + approbation du Père; indice : voix céleste. - 1 Jn 3,2 — “bien-aimés” : adresse communautaire qui rappelle l’identité d’enfants de Dieu; indice : exhortation basée sur l’amour.
Registre relationnel et d’alliance : amour déclaré qui établit proximité et valeur. Dans les lettres, marque la relation fraternelle dans le peuple de Dieu; dans les évangiles, peut désigner le Fils comme objet de l’amour du Père et porteur d’autorité.