demander, solliciter ; faire une requête
αἰσχύνω (aischynō) signifie « faire honte », « couvrir de honte », ou au passif « avoir honte », « être confus ». Le verbe décrit l’expérience ou l’action liée à la honte : quelqu’un est rendu honteux, ou quelqu’un ressent la honte. Sa logique est relationnelle : la honte apparaît dans un contexte de regard, d’honneur, de dignité. Le garde-fou est de ne pas réduire αἰσχύνω à une simple gêne. Le mot peut exprimer une confusion profonde, une humiliation, ou la conscience d’être exposé. Il se distingue de la peur : la honte touche à l’honneur et à l’indignité. Comprendre αἰσχύνω, c’est donc comprendre un verbe qui marque une perte d’honneur ou une exposition : quelque chose met en lumière ce qui est indigne ou ce qui humilie. Lexicalement, le verbe peut être causatif (faire honte à quelqu’un) ou intransitif/passif (être honteux). Ainsi, αἰσχύνω est un mot qui relie l’intérieur et l’extérieur : sentiment de honte et situation d’humiliation. Le contexte précisera si la honte est juste (suite d’une faute) ou injuste (humiliation infligée), mais le noyau demeure : honte, confusion, déshonneur.
L’Ancien Testament parle beaucoup de honte et de confusion. La honte peut être conséquence d’une faute : l’infidélité expose et déshonore. Mais la Bible connaît aussi la honte injuste : l’oppression humilie le faible. Cet arrière-plan éclaire αἰσχύνω : faire honte ou être honteux touche à la dignité devant Dieu et devant les hommes. Les Psaumes demandent souvent de ne pas être “confus” ou “couvert de honte” : la honte est associée à l’échec et à l’humiliation publique. La sagesse avertit aussi contre des conduites qui amènent honte. Les prophètes dénoncent les pratiques honteuses et annoncent la confusion des orgueilleux. Pour un lecteur moderne, cet horizon corrige une honte seulement psychologique. Dans la Bible, la honte est un événement relationnel : être exposé, perdre l’honneur, être humilié, ou reconnaître une faute. Dieu est présenté comme celui qui restaure l’honneur des humiliés et qui confond les injustes. αἰσχύνω, lu dans cet arrière-plan, renvoie donc à l’expérience de déshonneur : confusion, humiliation, honte, soit subie soit méritée. Le mot invite à discerner : la honte peut être signe d’un mal à corriger, ou violence infligée à réparer.
Le lecteur moderne distingue “honte” (sentiment) et “humiliation” (événement). αἰσχύνω couvre souvent les deux : faire honte / être honteux. La clarification est que le verbe est relationnel : la honte apparaît sous un regard, dans une situation d’exposition. Un contresens fréquent est de le réduire à une gêne légère. Le mot peut désigner une confusion profonde. Un autre contresens est de traiter toute honte comme automatiquement mauvaise. Lexicalement, αἰσχύνω peut exprimer une honte juste (suite d’une faute) ou une honte injuste (humiliation infligée), selon le contexte. Pour un lecteur moderne, ce verbe aide à comprendre que la Bible pense la honte comme liée à l’honneur et à la dignité, pas seulement à l’émotion. Il invite à regarder : qui fait honte à qui ? pour quelle raison ? Comprendre αἰσχύνω, c’est donc comprendre un verbe de déshonneur : couvrir de honte, être confus, être humilié. Il rappelle que la honte a des effets réels : elle peut briser, mais elle peut aussi signaler une injustice ou une faute. Le contexte précisera le sens, mais le noyau demeure : honte/confusion liée à l’honneur.
Faire une demande explicite à une autorité (Dieu / Jésus / quelqu’un), selon le co-texte.
Demander/solliciter (requête adressée à une autorité ou à Dieu).
Ne pas confondre avec ἀπαιτέω (réclamer/exiger) : aiteō peut être une demande simple. Ne pas transformer le mot en “technique” de prière : le passage décide l’intention et les limites.
Très fréquent : demander à Dieu, demander à Jésus, demander une chose précise. Souvent lié à la dépendance et à l’attente d’une réponse.
refuser, ne pas demander, garder pour soi
demander, solliciter, prier (selon contexte)
ἀπαιτέω — réclamer/exiger ; δέομαι — supplier/implorer (nuance)
demander
Lc 11,9–10 ; Jc 1,5 ; Mt 7,7
G0154
aï-té-o
aiteō
Option A : demander au sens de solliciter (requête adressée à quelqu’un) ; Option B : demander au sens d’exiger/ réclamer. L’indice est la scène : on s’adresse à une autorité (maître) pour obtenir quelque chose (“nous voudrions…”, “donne-nous…”, “demandez…”). Dans Lc 12 (enseignement sur la vigilance et la fidélité), le mot sert une requête/sollicitation, pas une exigence juridique. On retient donc l’option A, en gardant une nuance de demande claire et formulée.
- Évangiles — Option A (demande simple) / Option B (exigence) : le co-texte tranche selon la relation et le ton. Aiteō penche généralement vers la demande/requête, non vers la réclamation.
Registre relationnel de requête : formuler une demande à quelqu’un qui peut donner, répondre ou trancher. Dans les Évangiles, cela active souvent l’univers prière/dépendance (demander à Dieu) ou l’univers maître–disciple (demander à Jésus).