prisonnier; en prison
Le mot desmios signifie prisonnier, quelqu’un qui est lié. Dans Mt 11, il sert de cadre logique : Jean, le prophète, est en prison, et depuis cet endroit il envoie ses disciples avec une question. Le grec met donc en tension deux réalités : l’appel de Dieu et la situation d’épreuve. Le terme souligne une contrainte réelle : Jean ne peut plus agir librement; il subit. Mais le récit montre que la foi continue même dans la limitation : Jean cherche une réponse, Jésus répond. Desmios sert donc à rendre le passage humain : un serviteur fidèle peut traverser l’épreuve et des questions. Le mot clarifie aussi que l’avancée du Royaume ne dépend pas des circonstances favorables : même un prophète peut être lié, et Dieu agit quand même. Il met en évidence un tournant narratif : la mission de Jésus se déploie alors que le précurseur est emprisonné. Le mot rappelle la réalité du conflit : la vérité peut coûter la liberté.
L’arrière-plan biblique connaît la figure du prophète persécuté : celui qui parle au nom de Dieu est souvent rejeté, lié, réduit au silence par les puissants. Les récits de Jérémie, par exemple, nourrissent cette mémoire. Cela éclaire Jean : être prisonnier n’est pas la preuve que Dieu a abandonné, c’est parfois la conséquence de la fidélité. La pensée hébraïque voit aussi Dieu comme celui qui délivre les captifs, mais selon ses temps et ses voies. Cela donne une profondeur : la prison peut être un lieu d’épreuve, de purification, et de question. L’arrière-plan d’alliance insiste aussi sur la justice : l’emprisonnement du juste est une injustice que Dieu voit. Ainsi, desmios relie Jean à toute une lignée de témoins : fidèles malgré l’opposition. Et cela prépare l’Évangile : le Royaume avance au milieu de la résistance. Le mot met en lumière une vérité biblique : fidélité et souffrance peuvent coexister.
Nous pensons parfois que si Dieu est avec quelqu’un, tout doit aller bien. Le récit montre l’inverse : Jean, serviteur fidèle, est prisonnier. La clarification utile : l’épreuve et les questions ne prouvent pas l’absence de foi; elles révèlent notre humanité. Desmios rappelle aussi que la mission chrétienne peut rencontrer l’opposition et la perte de liberté. Mais le texte n’est pas désespéré : Jésus répond, et le Royaume continue. Il faut éviter de romantiser la souffrance, mais aussi éviter de la lire comme un échec spirituel. Le mot aide à lire Mt 11 avec réalisme et consolation : Dieu agit même quand ses serviteurs sont liés.
Jean-Baptiste est “en prison” : le prophète est lié, mais la Parole avance. (Mt 11,2)
Dans Mt 11,2, le mot souligne la condition de Jean : privé de liberté, il envoie des disciples à Jésus; l’épreuve n’annule pas la mission de Dieu.
Ne pas interpréter “prisonnier” comme signe que Dieu a échoué : le contexte montre que Jésus accomplit les signes messianiques. Ne pas lire l’épreuve comme absence de foi : Jean cherche une confirmation en situation de pression. Ne pas généraliser : le mot décrit un fait, pas une règle universelle.
Désigne une personne liée/détenue. Dans le NT, peut s’appliquer à Jean-Baptiste, Paul, etc. Montre que la mission de Dieu avance même quand ses serviteurs sont entravés.
libre, relâché
détenu, captif (selon contexte)
φυλακή — prison (lieu) ; δέσμιος — prisonnier (personne)
détenu
Mt 11,2 ; Mt 14,3 ; Ep 3,1
G1198
desmos (lien/chaîne)
dés-mi-os
desmios
Le co-texte de Mt 11 (Jean en prison qui envoie des disciples) impose un sens concret : prisonnier réel, pas une “captivité” métaphorique. Dans Ep 3,1, Paul l’emploie aussi littéralement. Règle : décrire l’état (privé de liberté) et ce qu’il produit dans le récit (question, attente), sans sur-spiritualiser.
- Mt 27,15–26 — “prisonnier” (G1198) : le détenu (Barabbas) met en contraste l’innocent (Jésus) et le coupable libéré. L’indice est la coutume de relâcher un prisonnier. - Mt 27,15–26 — Option A (détenu = détail narratif) / Option B (détenu = substitution injuste) : le co-texte tranche vers B : la libération de Barabbas illustre un échange qui prépare la croix.
Registre détention/prison : le mot désigne un prisonnier, quelqu’un lié et privé de liberté. Dans Matthieu, il apparaît dans le cadre des autorités et de la persécution (Jean emprisonné). Il active l’univers juridique/politique de l’arrestation et de l’épreuve.