Empêcher, faire obstacle, interdire l’accès ou l’action; bloquer un mouvement, une initiative ou un passage par une opposition active.
κωλύω se comprend comme un verbe d’obstruction intentionnelle. Dans la logique grecque, il décrit l’introduction d’une contrainte extérieure dans le déroulement normal d’une action: quelqu’un “fait en sorte que cela n’aille pas plus loin”. Le mot ne parle pas d’une simple hésitation intérieure, ni d’un retard passif; il signale un acte qui produit un résultat vérifiable: le passage est bloqué, l’accès est refusé, l’action est interrompue. La force du verbe tient à sa dimension opératoire: on dresse un empêchement, on oppose une résistance, on pose une défense, on verrouille une possibilité. La nuance peut être concrète (barrer une route, retenir quelqu’un) ou décisionnelle (interdire, refuser l’autorisation), mais l’idée centrale reste la même: une opposition active qui neutralise un mouvement prévu. κωλύω met aussi en lumière la responsabilité de l’agent: celui qui “empêche” choisit de s’interposer. L’évaluation morale n’est pas incluse dans le verbe; elle dépend de l’objet empêché et de la finalité. Ainsi, κωλύω sert à nommer le fait d’entraver effectivement, avant de juger si l’entrave est abusive ou protectrice.
Pour un lecteur nourri par l’univers biblique, “empêcher” évoque immédiatement les images de chemin, de porte et d’obstacle. κωλύω rejoint cette intuition: il désigne l’acte de fermer un accès, de mettre une limite, de dresser un barrage devant quelqu’un. L’arrière-plan hébraïque pense volontiers en termes de voies ouvertes ou fermées: laisser passer, retenir, permettre l’entrée, interdire le passage. Dans ce cadre, empêcher n’est pas seulement dire “non” avec des mots; c’est instaurer une barrière qui modifie concrètement la trajectoire d’autrui. Le mot fait résonner les avertissements bibliques contre le fait de “mettre un obstacle” devant les faibles: l’empêchement peut devenir une pierre sur le chemin, une entrave qui fait chuter. Mais le même champ d’images rappelle aussi la protection: fermer une porte peut préserver du danger, retenir peut empêcher un mal d’avancer. La pensée hébraïque aide ainsi à garder ensemble deux réalités: la matérialité de l’obstacle (quelque chose bloque) et la question de la justice (est-ce un obstacle fidèle à Dieu ou une fermeture injuste?). κωλύω nomme le geste de barrer; le discernement biblique se fera ensuite sur le but, l’objet et les conséquences pour le prochain.
En français contemporain, “empêcher” peut prendre des couleurs très différentes: cela peut sonner comme une protection (“empêcher un accident”), comme un contrôle (“empêcher les gens d’agir”), ou comme une simple gêne (“ça m’empêche de dormir”). κωλύω apporte une clarification utile: le cœur du verbe n’est pas l’inconfort ni la contrariété, mais le blocage effectif. Il décrit une action, une règle, une structure ou une intervention qui rend une chose impossible ou inaccessible, au moins pour un temps. Ainsi, κωλύω aide à distinguer l’empêchement réel (une porte fermée, une interdiction, une barrière posée, une opposition active) d’un ressenti subjectif (“je me sens empêché”). Le mot oblige à poser des questions concrètes: qu’est-ce qui est bloqué? par quel moyen? avec quel résultat observable? Cette précision protège aussi d’une moralisation automatique. Dans notre culture, “empêcher” peut être valorisé (prévenir le mal) ou dénoncé (brider la liberté). κωλύω, lui, décrit d’abord le mécanisme: s’interposer pour arrêter un mouvement. Ensuite seulement, le contexte et la finalité permettent de qualifier l’acte comme légitime (préserver, empêcher un tort) ou abusif (entraver, interdire injustement). Pour un prédicateur, ce verbe fournit donc un vocabulaire précis pour parler d’obstacles, d’accès et d’autorité, sans confondre description du geste et jugement sur l’intention.
Dans le passage, κωλύω exprime l’action d’empêcher délibérément quelque chose en érigeant une barrière active qui bloque le mouvement prévu, soulignant une opposition ferme plutôt qu’une simple hésitation.
Valeur de base: faire obstacle / interdire. Le co-texte précise si l’obstacle vise à contrôler (interdiction injuste) ou à protéger (empêcher un mal).
Piège: moraliser automatiquement (“empêcher = mauvais”). Le mot décrit l’obstruction; l’évaluation vient du but et du co-texte. Attention aussi à confondre empêchement et protection légitime.
Souvent pour interdire un accès/acte (empêcher de venir, de parler, de baptiser). Peut aussi exprimer l’idée: “si Dieu ouvre, qui peut empêcher ?”.
permettre; autoriser; laisser faire; faciliter; ouvrir
bloquer; interdire; entraver; faire obstacle; empêcher
Ne pas confondre avec un simple “retarder” (temporiser) ou “hésiter” (attitude interne). κωλύω décrit une obstruction effective, souvent externe et active.
empêcher
Mc 10.14; Ac 8.36; Ac 10.47; Ac 11.17; 1Th 2.16 (selon occurrences du NT)
G2967
κωλύω (verbe)
kō-LOO-ō (ko-long, lyô)
kōlyō
Verbe d’empêchement. Le co-texte dira si c’est une opposition mauvaise (empêcher l’Évangile) ou une protection (empêcher un mal). Ne pas supposer l’intention.
Nuance d’action: opposition concrète, défense posée. Peut être une interdiction formelle ou un obstacle pratique. Intensité: bloquer le déroulement prévu.
Univers du passage/accès: on dresse ou on enlève une barrière. Registre relationnel et parfois juridique (interdire/autoriser), avec l’idée d’une action volontaire qui bloque.