Manger.
ἐσθίω signifie manger (verbe courant), et dans les évangiles il sert à marquer soit un acte narratif (prendre un repas), soit une controverse (manger avec), soit une parole symbolique dans un discours. En Mc 14,18, le verbe se situe dans la logique de la Cène : ils mangent ensemble, et c’est dans ce cadre d’alliance que Jésus annonce la trahison; le mot n’est pas neutre, il accentue le contraste entre communion de table et rupture imminente. En Mc 2,16 et Mc 7,2–5, “manger” devient point de débat sur la pureté et la table : qui mange avec qui, et selon quelles règles ? Le verbe sert alors à exposer la tension entre tradition et intention de Dieu, et à déplacer l’attention du rite externe vers le cœur. Logiquement, ἐσθίω met souvent la table au centre : repas comme lieu de relation, de frontières sociales, ou de révélation. Le mot oblige donc à lire la scène : manger n’est pas seulement consommer, c’est participer, partager, et parfois provoquer un jugement (accusations) ou une promesse (alliance).
Dans l’arrière-plan sémitique, manger est un acte de communion : partager un repas crée et manifeste une relation. Les repas d’alliance (Exode, sacrifices de communion) et les repas de fête (Pâque) rassemblent le peuple et racontent une délivrance. La table, dans la Bible, trace aussi des frontières : qui mange avec qui, selon quelles règles de pureté, et quelle fidélité à l’alliance. C’est pourquoi les controverses sur le manger sont chargées : elles touchent l’identité du peuple et la sainteté. Dans les évangiles, manger avec Jésus peut signifier accueil du Royaume, et cela scandalise ceux qui protègent des frontières. Dans la Cène, manger devient encore plus dense : le repas pascal est interprété par Jésus comme mémorial de son don, et la présence d’un traître à table révèle une rupture au cœur même d’un signe d’alliance. Ainsi, ἐσθίω, lu sémitiquement, n’est pas un détail banal : il situe la scène dans une théologie de table (communion, alliance, fidélité) où les cœurs sont dévoilés. Le repas n’est pas seulement nourriture, il est lieu de révélation et d’appartenance.
Dans un contexte moderne, “manger” est facilement réduit à un simple fait narratif. Luc 22 et les évangiles utilisent pourtant la table comme un lieu où la vérité se révèle. Clarification : manger ensemble exprime une communion visible, mais le texte montre que cette communion peut être traversée par des tensions intérieures (rivalité, trahison) et qu’elle doit être reconfigurée par la parole de Jésus. Dans Luc 22, la dispute sur la grandeur surgit au contexte d’un repas pascal; Jésus répond en se présentant comme serviteur “au milieu”, ce qui transforme la manière de vivre la table. En prédication exégétique, ἐσθίω permet donc de lire le passage comme une scène concrète : ils partagent un repas, et c’est justement là que les critères du Royaume sont enseignés. Le verbe aide aussi à relier les promesses : “manger et boire à ma table dans mon Royaume” reprend l’image de table pour parler de participation au règne de Dieu. Ainsi, manger n’est pas seulement se nourrir : c’est participer, partager, et recevoir un cadre d’alliance et de promesse. Le récit invite à lire le “repas” non comme un décor, mais comme un lieu où le Messie définit l’autorité, dévoile les cœurs, et annonce l’horizon du Royaume.
Manger : action quotidienne ; parfois image (manger le pain de vie, communion) selon contexte.
Dans Marc, ἐσθίω signifie manger; la portée vient du contexte (repas ordinaire, polémique, ou Pâque).
N/A : rester sur la scène; certaines occurrences portent une portée symbolique (Pâque), mais le verbe reste concret.
Décrit les repas; contexte parfois de controverse (pureté) ou de moment clé (Pâque).
jeûner
manger; se nourrir
phagō (manger) : autre verbe ; sitos (blé)
manger
Mc 2,16; Mc 7,2-5; Mc 14,18
G2068
ἐσθίω
ès-THI-ô
esthiō
Repérer si c’est un repas ordinaire, une scène de polémique (manger avec pécheurs), ou une prescription (ce qui entre). Dans Marc, souvent lié au débat pur/impur (Mc 7) et aux repas (multiplications).
Dans Marc 7, manger avec mains non lavées est le point de départ du débat; à la Pâque, manger cadre l’alliance.
Registre nourriture/communion : action de prendre nourriture. Dans Marc, le manger devient aussi un lieu de révélation du Royaume (repas) et de controverse (pureté, table).