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manger — ἐσθίω — esthiō

Sens (principal)

Manger.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

ἐσθίω signifie manger (verbe courant), et dans les évangiles il sert à marquer soit un acte narratif (prendre un repas), soit une controverse (manger avec), soit une parole symbolique dans un discours. En Mc 14,18, le verbe se situe dans la logique de la Cène : ils mangent ensemble, et c’est dans ce cadre d’alliance que Jésus annonce la trahison; le mot n’est pas neutre, il accentue le contraste entre communion de table et rupture imminente. En Mc 2,16 et Mc 7,2–5, “manger” devient point de débat sur la pureté et la table : qui mange avec qui, et selon quelles règles ? Le verbe sert alors à exposer la tension entre tradition et intention de Dieu, et à déplacer l’attention du rite externe vers le cœur. Logiquement, ἐσθίω met souvent la table au centre : repas comme lieu de relation, de frontières sociales, ou de révélation. Le mot oblige donc à lire la scène : manger n’est pas seulement consommer, c’est participer, partager, et parfois provoquer un jugement (accusations) ou une promesse (alliance).

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’arrière-plan sémitique, manger est un acte de communion : partager un repas crée et manifeste une relation. Les repas d’alliance (Exode, sacrifices de communion) et les repas de fête (Pâque) rassemblent le peuple et racontent une délivrance. La table, dans la Bible, trace aussi des frontières : qui mange avec qui, selon quelles règles de pureté, et quelle fidélité à l’alliance. C’est pourquoi les controverses sur le manger sont chargées : elles touchent l’identité du peuple et la sainteté. Dans les évangiles, manger avec Jésus peut signifier accueil du Royaume, et cela scandalise ceux qui protègent des frontières. Dans la Cène, manger devient encore plus dense : le repas pascal est interprété par Jésus comme mémorial de son don, et la présence d’un traître à table révèle une rupture au cœur même d’un signe d’alliance. Ainsi, ἐσθίω, lu sémitiquement, n’est pas un détail banal : il situe la scène dans une théologie de table (communion, alliance, fidélité) où les cœurs sont dévoilés. Le repas n’est pas seulement nourriture, il est lieu de révélation et d’appartenance.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Dans un contexte moderne, “manger” est facilement réduit à un simple fait narratif. Luc 22 et les évangiles utilisent pourtant la table comme un lieu où la vérité se révèle. Clarification : manger ensemble exprime une communion visible, mais le texte montre que cette communion peut être traversée par des tensions intérieures (rivalité, trahison) et qu’elle doit être reconfigurée par la parole de Jésus. Dans Luc 22, la dispute sur la grandeur surgit au contexte d’un repas pascal; Jésus répond en se présentant comme serviteur “au milieu”, ce qui transforme la manière de vivre la table. En prédication exégétique, ἐσθίω permet donc de lire le passage comme une scène concrète : ils partagent un repas, et c’est justement là que les critères du Royaume sont enseignés. Le verbe aide aussi à relier les promesses : “manger et boire à ma table dans mon Royaume” reprend l’image de table pour parler de participation au règne de Dieu. Ainsi, manger n’est pas seulement se nourrir : c’est participer, partager, et recevoir un cadre d’alliance et de promesse. Le récit invite à lire le “repas” non comme un décor, mais comme un lieu où le Messie définit l’autorité, dévoile les cœurs, et annonce l’horizon du Royaume.

Courte description — (aide remplissage)

Manger : action quotidienne ; parfois image (manger le pain de vie, communion) selon contexte.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans Marc, ἐσθίω signifie manger; la portée vient du contexte (repas ordinaire, polémique, ou Pâque).

Pièges lexicaux

N/A : rester sur la scène; certaines occurrences portent une portée symbolique (Pâque), mais le verbe reste concret.

Usage biblique (mini)

Décrit les repas; contexte parfois de controverse (pureté) ou de moment clé (Pâque).

Antonymes / contrastes (FR)

jeûner

Synonymes / proches (FR)

manger; se nourrir

À ne pas confondre avec…

phagō (manger) : autre verbe ; sitos (blé)

Chapitres (suivi de lecture) occurrences complètes
Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Autre
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

manger

Versets clés (liste)

Mc 2,16; Mc 7,2-5; Mc 14,18

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G2068

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Lemme / racine (optionnel)

ἐσθίω

Prononciation — (aide remplissage)

ès-THI-ô

Translit. — NOYAU

esthiō

Vérifiable
Champs sémantiques
AllianceGrâce
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Repérer si c’est un repas ordinaire, une scène de polémique (manger avec pécheurs), ou une prescription (ce qui entre). Dans Marc, souvent lié au débat pur/impur (Mc 7) et aux repas (multiplications).

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

Dans Marc 7, manger avec mains non lavées est le point de départ du débat; à la Pâque, manger cadre l’alliance.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre nourriture/communion : action de prendre nourriture. Dans Marc, le manger devient aussi un lieu de révélation du Royaume (repas) et de controverse (pureté, table).