tenter ; éprouver
Le verbe peirazō signifie “mettre à l’épreuve / tenter”, et le grec laisse entendre deux aspects : tester pour révéler, ou tenter pour faire tomber. Dans Mt 4, la logique est claire : l’adversaire cherche à détourner Jésus de la volonté du Père en utilisant des besoins légitimes (faim, sécurité, autorité) mais dans un cadre désobéissant. Le récit montre un combat de paroles et d’orientations : qui définit le chemin du Messie ? Le verbe structure ainsi l’épisode : épreuve réelle, réponse par l’Écriture, fidélité. Peirazō souligne aussi que la tentation n’est pas seulement “faire le mal”, mais choisir un raccourci hors de la confiance. Le mot aide à comprendre que la fidélité se joue souvent dans la manière de répondre au besoin et au désir. Il clarifie que Jésus triomphe par obéissance, pas par spectacle.
L’arrière-plan biblique connaît l’épreuve du désert : Israël éprouvé, le cœur révélé, la confiance testée. L’épreuve n’est pas un hasard : elle expose ce qui est dedans et forme la fidélité. La pensée hébraïque associe aussi l’épreuve à la parole : “l’homme ne vivra pas de pain seulement”. Cela éclaire Mt 4 : Jésus revit l’histoire, mais en fidélité parfaite. Il ne détourne pas l’Écriture, il y obéit. L’arrière-plan insiste aussi sur la loyauté d’alliance : l’adoration exclusive de Dieu et la confiance en sa provision. Ainsi, peirazō s’inscrit dans une théologie de formation : l’épreuve révèle et affermit. Le désert n’est pas l’absence de Dieu, mais le lieu où l’on apprend que Dieu suffit. Cela donne une profondeur : la tentation vise l’alliance, pas seulement le comportement.
Nous réduisons souvent la tentation à une “envie de mal faire”, ou à une simple faiblesse psychologique. Le passage montre une tentation plus profonde : prendre un chemin “efficace” mais sans confiance, sans obéissance. La clarification utile : l’épreuve n’est pas toujours la preuve que Dieu est loin; elle peut être un lieu où la fidélité est révélée. Il faut aussi éviter de lire Mt 4 comme une recette technique : l’enjeu est une orientation du cœur sous la parole de Dieu. Peirazō rappelle que le combat spirituel touche nos besoins réels (pain), nos désirs de sécurité (spectacle), et notre soif de pouvoir (royaumes). Jésus montre une fidélité concrète : refuser le raccourci, choisir la volonté du Père.
Le diable tente Jésus : épreuve réelle, mais victoire par l’obéissance à la Parole. (Mt 4,1–11)
Dans Mt 4,1–11, “tenter/éprouver” vise à pousser Jésus à sortir de la volonté du Père; Jésus répond par l’Écriture.
Ne pas tout confondre : dans Mt 4,1–11, le mot décrit une épreuve visant à faire chuter (tentation), pas simplement une “difficulté neutre”. Ne pas en déduire que Dieu séduit au mal : le contexte oppose l’Esprit qui conduit et le diable qui tente. Vérifier l’objectif : détourner Jésus de l’obéissance, pas “tester sa valeur”.
Mettre à l’épreuve/tenter. Peut être “tester” ou “tenter” selon le contexte et l’intention. Dans Mt 4, l’intention est de faire chuter en détournant de la volonté de Dieu.
fortifier, affermir (effet inverse)
éprouver, tenter, mettre à l’épreuve
δοκιμάζω — éprouver pour approuver (tester la qualité) ; πειρασμός — tentation/épreuve (nom)
éprouver
Mt 4,1 ; Mt 16,1 ; Jc 1,13–14
G3985
peira (épreuve)
péï-ra-zo
peirazō
Option A : épreuve permise (tester) ; Option B : tentation hostile (piéger, faire chuter). Le co-texte (diable, question-piège, intention de prendre en défaut) permet de trancher. Ne pas généraliser : identifier l’agent (qui éprouve) et l’objectif (révéler/faire tomber) tel que le passage le montre.
- Mt 4,1–11 — “tenter/éprouver” (G3985) : le verbe décrit la mise à l’épreuve par le diable, visant à détourner Jésus de l’obéissance. L’indice est le cadre désert + propositions. - Mt 22,15–22 — Option A (éprouver = tester honnêtement) / Option B (éprouver = piéger) : le co-texte tranche vers B : les pharisiens veulent prendre Jésus en faute.
Registre d’épreuve et de mise à l’essai : éprouver = tester la fidélité, chercher à faire tomber, ou vérifier selon la scène. Dans Matthieu, ce verbe apparaît pour les tentations (désert) et pour les pièges des opposants, donc une mise en situation qui révèle le cœur.