Relâcher; renvoyer; libérer; répudier.
ἀπολύω signifie “relâcher / libérer / renvoyer”. Il vient de λύω (“délier”) avec ἀπο- (“séparer, détacher”) : l’image est celle d’un lien défait, puis d’une personne laissée partir. La logique du mot est donc concrète : une contrainte cesse. Il y a généralement un agent (celui qui relâche) et un état nouveau (le relâché n’est plus tenu). ἀπολύω se distingue d’un vocabulaire plus abstrait de remise (comme ἄφεσις, “remise/pardon”) : ici, on parle d’un déliement situationnel. Le verbe peut concerner un prisonnier, un accusé, une foule congédiée, ou un renvoi dans un cadre relationnel, selon le contexte. Pour enrichir la compréhension, il faut entendre l’arrière‑plan d’autorité : celui qui relâche avait le pouvoir de retenir. Le mot met donc en relief une décision et un seuil narratif : du retenu au relâché, de l’empêchement à la liberté de mouvement. Comprendre ἀπολύω aide le lecteur à distinguer “sortir” d’“être relâché” : ici, la liberté est accordée par un déliement. Enfin, le terme oblige à poser les questions implicites : quel lien est défait, pourquoi, et avec quelle légitimité ? Le verbe rend visible une transition réelle : une retenue est levée, et un espace de mouvement s’ouvre.
L’Ancien Testament connaît une théologie de la libération : délivrance d’Égypte, affranchissement, relâche des dettes, année jubilaire. Ces cadres rappellent que les liens (esclavage, dette, oppression) ne doivent pas devenir absolus. Le langage biblique voit Dieu comme celui qui “délivre” et qui “délie”, et il encadre aussi l’usage humain de l’autorité : relâcher peut être justice, mais retenir peut devenir oppression. Ce repère éclaire ἀπολύω : relâcher, c’est défaire un lien. La pensée hébraïque insiste sur la justice et la compassion : ne pas écraser le faible, ne pas retenir injustement. Ouvrir la main, relâcher l’endetté, laisser partir, sont des gestes qui restaurent une situation. Sans commenter un épisode, ce cadre AT donne une profondeur : la liberté biblique n’est pas une idée vague, c’est une sortie d’un lien réel. Ainsi, ἀπολύω s’entend comme un mot de seuil : un état de contrainte est terminé, et un état de mouvement redevient possible. Le vocabulaire de libération rappelle aussi que Dieu agit en rendant possible un départ, une sortie, une relâche; et qu’une société juste sait aussi relâcher ce qui doit être relâché.
Pour un lecteur moderne, “libérer” évoque souvent autonomie totale ou affirmation de soi. ἀπολύω est plus précis : il décrit un déliement concret d’une contrainte. Le contresens moderne serait de traduire trop abstraitement et de perdre l’image du lien défait. À l’inverse, on peut le réduire à un “renvoi administratif” et manquer l’enjeu d’autorité. La clarification : ἀπολύω suppose (1) une retenue réelle, (2) une décision de relâche, (3) un changement d’état. Cela enrichit la lecture : on demande quel lien est défait (garde, accusation, obligation) et qui avait le pouvoir de retenir. Pour un prédicateur, ce mot apporte un vocabulaire de seuil : la Bible décrit souvent des passages d’un état à un autre par des verbes concrets. Comprendre ἀπολύω aide aussi à distinguer “partir” et “être relâché” : ici, la liberté est donnée ou accordée, pas seulement prise. Enfin, ce verbe protège d’une lecture psychologisante : le texte ne dit pas seulement “ils se sont apaisés”, mais “ils ont été relâchés / congédiés”. Le sens profond est donc la fin d’un lien et l’ouverture d’un espace de mouvement : déliement, séparation, sortie.
Laisser aller / congédier; libérer un captif; (contextes conjugaux) répudier.
Souvent: renvoyer une foule ou relâcher un prisonnier; aussi «répudier» dans l’enseignement sur le divorce.
Le sens «répudier» n’est pas systématique: dépend du contexte (mariage vs foule/prison).
Verbe courant pour la libération (prison, dette, foule) et, selon le contexte, pour la répudiation.
retenir; garder; emprisonner; attacher
relâcher; renvoyer; libérer; congédier; répudier
ἀποστέλλω (apostello) = envoyer avec mission; ἀπολύω = relâcher/laisser partir.
relâcher
Luc 6.37; Mt 19.9; Actes 5.40
G0630
ἀπό + λύω
ap-ol-oo'-o
apoluo
Ne pas traduire automatiquement par “pardonner” ou “laisser” (autres verbes). En Mt 19, le co-texte (adultère, divorce) impose “répudier/renvoyer” au sens marital. En Actes 5,40, le contexte (tribunal) impose “relâcher”. Règle : identifier l’objet (foule, prisonnier, épouse) pour fixer le sens.
- Ac 12,7–11 — “relâcher/libérer” : le co-texte (ange, chaînes, porte qui s’ouvre, sortie de prison) impose une libération concrète d’un détenu. La nuance est une délivrance effective, pas une simple permission. - Ac 16,35–39 — “relâcher” : le co-texte (magistrats, ordre officiel, excuses) montre une libération judiciaire après une arrestation ; le verbe est lié à une décision d’autorité.
Registre libération/renvoi : le verbe signifie relâcher, renvoyer, laisser partir (prisonnier, foule), et peut aussi concerner la répudiation selon contexte. Il active un univers juridique (relâcher un détenu) ou relationnel-légal (divorce). En Matthieu 19, il touche au cadre du mariage et des procédures de répudiation.