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répandre — ἐκχέω — ekcheō

Sens (principal)

Une diffusion généreuse et continue de la grâce divine, qui s’écoule du haut (Dieu) vers les croyants.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

ἐκχέω signifie répandre, verser, “déverser”, souvent pour des liquides, et dans le NT il peut concerner le sang, l’huile, ou l’Esprit. En Lc 22,20, Jésus parle du sang “répandu pour vous” : le verbe donne une forme concrète à l’idée de don sacrificiel. La logique est causale : ce qui est “répandu” n’est pas une simple métaphore, c’est le mode d’accomplissement de l’alliance nouvelle (sang versé). Exégétiquement, ἐκχέω relie la coupe au réel de la passion : la parole de Jésus annonce le versement imminent de sa vie. Le verbe permet aussi de distinguer “donner” comme intention et “répandre” comme acte effectif : la vie est versée, donc offerte. Dans le reste du NT, le même verbe peut décrire l’effusion de l’Esprit (Actes), ce qui crée une cohérence : la mort du Messie et l’effusion de l’Esprit appartiennent à la même économie du salut. Mais dans Luc 22, l’accent est sur le sang versé comme sceau d’alliance. Ainsi, ἐκχέω est un mot-pivot qui ancre l’interprétation de la Cène dans l’événement de la passion.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Le “versement” du sang correspond à un registre sacrificiel et d’alliance très présent dans l’AT. Le sang, associé à la vie, est versé dans les sacrifices et il sert de signe de consécration et de purification. Au Sinaï, le “sang de l’alliance” scelle la relation entre Dieu et son peuple : l’alliance est ratifiée par un acte concret, non par une simple parole humaine. Dans la Pâque, le sang de l’agneau est aussi un signe de délivrance : il marque la maison, et Dieu “passe” en protégeant. Luc 22 s’inscrit dans cette continuité : Jésus dit que son sang est “répandu pour vous”, et il lie cela à la nouvelle alliance. La pensée sémitique entend donc un accomplissement : ce que les rites figuraient, le Messie l’assume réellement. Le verbe de versement rend visible la dimension de substitution et de coût : la délivrance n’est pas gratuite, elle passe par une vie donnée. En même temps, le “pour vous” situe le versement dans une logique d’alliance : c’est pour constituer un peuple et restaurer la relation. Ainsi, ἐκχέω, lu avec l’arrière-plan biblique, ancre la Cène dans l’histoire du salut : sang versé → alliance scellée → peuple délivré → espérance du Royaume.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Le langage du sang “versé” peut être perçu comme difficile ou archaïque. Luc 22 l’utilise pourtant comme langage explicatif : Jésus interprète sa mort imminente dans les catégories bibliques d’alliance. Clarification : le verbe “répandre/verser” n’est pas là pour choquer, mais pour dire que la nouvelle alliance a un fondement : une vie donnée dans la passion. Exégétiquement, cela protège d’un contresens fréquent : réduire la Cène à un symbole vague de communion. Le texte parle d’un acte concret (“répandu”) et d’un but (“pour vous”). Pour la prédication exégétique, ἐκχέω permet de relier Luc 22 à l’Exode et au Sinaï sans spéculation : le passage lui-même donne les mots (sang, alliance, pour vous). On reste donc sur ce que le texte affirme : la mort de Jésus scelle une relation nouvelle et explique pourquoi la Cène est un mémorial institué par le Messie.

Courte description — (aide remplissage)

Dans ce passage, le terme désigne une diffusion généreuse et continue de la grâce divine qui s’écoule du haut, c’est‑à‑dire de Dieu, vers les croyants.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

En Lc 22,20, le verbe décrit le sang “répandu” : langage de sacrifice/alliance (vie donnée). La phrase “pour vous” et “nouvelle alliance” fixe la nuance.

Pièges lexicaux

Réduire à un symbole vague (“répandre = diffuser une ambiance”). Ici, l’objet “sang” + l’alliance fixe le sens sacrificiel. À l’inverse, généraliser ce sens à toutes occurrences : l’objet du verbe décide.

Usage biblique (mini)

Verbe employé pour “répandre/verser” (liquide, sang, colère, Esprit) : l’objet du verbe fixe la nuance.

Antonymes / contrastes (FR)

retenir; garder

Synonymes / proches (FR)

répandre; verser; déverser

À ne pas confondre avec…

Chapitres (suivi de lecture) occurrences complètes
Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Alliance / loi
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

répandre

Versets clés (liste)

Lc 22,20; Ac 2,17–18; Ro 5,5

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G1632

Prononciation — (aide remplissage)

Translit. — NOYAU

ekcheō

Vérifiable
Champs sémantiques
Alliance
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Option A : répandre = action matérielle (verser un liquide). Option B : répandre = effusion au sens d’alliance/sacrifice ou d’action de Dieu (Esprit). Dans Lc 22,20, le co‑texte “nouvelle alliance… mon sang… pour vous” contraint le sens vers B : il s’agit de la vie donnée en sacrifice, pas d’un geste neutre. Ne pas transformer en “épanchement émotionnel” : l’objet (sang) et la logique d’alliance fixent la nuance.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Lc 22,20 — “répandu” (G1632) : verser le sang dans un cadre d’alliance (“nouvelle alliance… pour vous”). L’indice est la formule d’interprétation de Jésus. - Ac 2,17 — “répandre” : effusion de l’Esprit; l’objet (Esprit) fixe une autre nuance, sans contredire l’idée d’effusion.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre cultuel/alliance : verser le sang dans un cadre sacrificiel, scellant une alliance. Le verbe active l’univers de la vie donnée et du sceau d’alliance.