Pendant le repas, Jésus prend du pain, le bénit et le donne en disant : « Ceci est mon corps ». Il prend la coupe et déclare : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés ». Ils chantent ensuite des cantiques et sortent vers le mont des Oliviers.
- Pendant qu’ils mangent, Jésus prend du pain, rend grâces, le rompt et le donne aux disciples. - Il dit : prenez, mangez; ceci est mon corps (selon texte). - Il prend une coupe, rend grâces et la leur donne en disant de boire tous. - Il dit : ceci est mon sang, le sang de l’alliance, répandu pour beaucoup pour la rémission des péchés (selon formulation). - Il déclare qu’il ne boira plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où il le boira nouveau avec eux dans le royaume de son Père. - Ils chantent ensuite un cantique et sortent pour aller au mont des Oliviers.
Établir le signe central de la nouvelle alliance : se souvenir de l’œuvre de Jésus et comprendre sa mort comme sacrifice pour le pardon.
- Que signifie « sang de l’alliance » ? Clé : Jésus relie explicitement la coupe à une alliance scellée par son sang et à la rémission des péchés. - Pourquoi « pour beaucoup » ? Clé : expression de portée; Jésus annonce une œuvre qui concerne un grand nombre. - À quoi sert la promesse de ne plus boire ? Clé : le texte oriente la Cène vers un accomplissement futur dans le royaume.
La situation est le repas de la Pâque avec les disciples, dans le contexte immédiat de la trahison annoncée. Le problème de fond est : comment comprendre la mort imminente de Jésus ? Jésus répond en donnant le sens de sa mort par des signes simples (pain et coupe) et par des paroles d’alliance et de pardon. Le passage met en scène une institution qui deviendra un repère majeur pour l’Église, ancrée dans la promesse du royaume. Il montre ainsi que la passion n’est pas seulement un drame, mais une œuvre d’alliance que Jésus interprète lui-même.
Le Messie inaugure la nouvelle alliance par son sang : Jésus interprète sa mort comme expiation pour le pardon des péchés.
Mc 14,22–26; Lu 22,19–20; Ex 24,8; Jr 31,31–34; 1 Co 11,23–26
- Le texte exprime une action de « rendre grâces » (attitude explicite de reconnaissance) au moment du pain et de la coupe. - La joie/adoration est exprimée explicitement par le chant d’un cantique après le repas. - Aucune émotion nommée n’est attribuée aux disciples ici, mais la solennité est rendue explicite par les paroles d’alliance.
Juste avant, Jésus a annoncé que l’un des douze le livrerait pendant le repas (Mt 26,14–25). Il institue ensuite le pain et la coupe en donnant leur sens (corps et sang de l’alliance) et en annonçant le pardon et le royaume. Après avoir chanté un cantique, ils sortent vers le mont des Oliviers. Juste après, Jésus annonce la dispersion des disciples et le reniement de Pierre, puis il va à Gethsémané pour prier (Mt 26,31–46).
- Répétition : « prenez, mangez » / « buvez-en tous » (impératifs). - Répétition : « ceci est… » (déclarations). - Motif du corps et du sang (deux éléments). - Répétition : « alliance » / « pour beaucoup » (portée). - Contraste : présent du repas / futur du royaume (ne plus boire jusqu’à…). - Conclusion : chant d’un cantique puis sortie vers le mont des Oliviers.
- « ceci est mon corps » : Jésus associe le pain à sa personne donnée. - « ceci est mon sang » : Jésus associe la coupe à sa mort imminente. - « alliance » : relation scellée par le sang; Jésus la lie à sa mort. - « pour beaucoup » : portée large de l’œuvre annoncée. - « rémission des péchés » : objectif explicitement nommé : pardon. - « royaume de mon Père » : horizon futur où Jésus boira de nouveau avec eux.
Risque 1 : réduire la Cène à un rite vide; le texte relie explicitement pain et coupe à l’alliance et au pardon (« pour la rémission des péchés » selon formulation). Risque 2 : sur-spiritualiser en oubliant le cadre du repas pascal; Jésus institue ces paroles « pendant qu’ils mangeaient ». Risque 3 : comprendre « alliance » sans le lien au sang; Jésus ancre l’alliance dans sa mort imminente. Risque 4 : isoler la promesse de ne plus boire comme un détail; elle oriente vers un accomplissement futur dans le royaume.
La tension est que la mort de Jésus est imminente, et Jésus donne à ses disciples une interprétation centrale de cette mort : son corps donné et son sang répandu comme sang de l’alliance pour le pardon. La visée est d’instituer un mémorial qui lie le salut à la personne du Christ et à l’œuvre de la croix, tout en orientant vers l’accomplissement futur dans le royaume. Le passage présente la Cène comme parole d’alliance au cœur de la Pâque. Christocentriquement, Jésus se donne comme l’Agneau et le médiateur de l’alliance, et il invite ses disciples à recevoir ce don par la participation au pain et à la coupe.
Cadre : repas → action de Jésus sur le pain (prendre, bénir, rompre, donner) → parole d’interprétation (corps) → action sur la coupe (remerciement, donner) → parole d’interprétation (sang/alliance/pardon) → orientation vers l’avenir (royaume) → clôture du repas (cantique) → déplacement (mont des Oliviers).
mont des Oliviers
Mt 26,26–30