Tuer, faire mourir.
ἀποκτείνω signifie “tuer / mettre à mort”. Le verbe est causatif et met l’accent sur l’agent : quelqu’un fait mourir quelqu’un. Il se distingue d’ἀποθνῄσκω (“mourir”), qui décrit l’événement du côté de celui qui meurt. ἀποκτείνω rend la responsabilité visible : l’acte de retirer la vie est attribué. Le préfixe ἀπο- renforce souvent l’idée d’achèvement : mener jusqu’au bout, supprimer la vie. Le grec, en choisissant ce verbe, ne décrit pas seulement une tragédie; il nomme un acte. Le mot a donc un poids moral et juridique : tuer n’est pas un simple résultat, c’est une action imputable. Pour enrichir la compréhension, il faut entendre la sobriété : le verbe n’explique pas les motivations, il dit le fait. Mais il oblige à poser les questions implicites : qui tue ? pourquoi ? par quelle autorité ? Le mot sert aussi à clarifier des récits : il n’y a pas seulement “mort”, mais “mise à mort”. Cette précision aide à éviter des lectures floues ou euphémisées. Comprendre ἀποκτείνω, c’est comprendre la structure éthique implicite du récit : la vie est ôtée par un acte humain, et cet acte se place devant la justice, la vérité, et le jugement.
L’arrière‑plan majeur est le commandement : “Tu ne tueras point” (interdit du meurtre). Dans l’Ancien Testament, la vie est un don de Dieu, et l’acte de tuer engage la justice. La Torah distingue soigneusement meurtre, homicide involontaire et autres cadres, montrant que la Bible ne traite pas la violence de façon simpliste. Ce repère éclaire ἀποκτείνω : “tuer” n’est pas seulement un fait, c’est une transgression potentielle, une injustice possible, ou un acte placé sous un cadre de jugement. Les prophètes dénoncent les “mains pleines de sang” : la mise à mort injuste révèle une société corrompue. En même temps, l’AT affirme que Dieu est juge : il voit ce que les hommes cachent et il rend justice. Ainsi, le mot “tuer” porte une gravité : il touche l’image de Dieu en l’homme et renverse l’ordre voulu. Sans développer un passage, l’univers biblique offre une compréhension profonde : la violence n’est pas banale, et le langage biblique ose la nommer. ἀποκτείνω, lu avec cet arrière‑plan, fait entendre la valeur de la vie et l’exigence de justice qui traverse l’Écriture. Il rappelle aussi que la justice biblique n’est pas indifférence : elle protège le faible, elle accuse le sang versé, et elle place l’acte devant la vérité du Dieu vivant.
Notre culture utilise souvent des euphémismes (“neutraliser”, “éliminer”) qui atténuent la réalité. ἀποκτείνω est direct : tuer, mettre à mort. Le contresens moderne est d’adoucir le verbe et de perdre la force du texte, comme si l’acte n’était qu’un “accident”. À l’inverse, on peut le traiter comme un simple fait divers, sans percevoir l’enjeu moral. La clarification est dans la structure : le verbe met l’accent sur l’agent. Il ne dit pas seulement “il est mort”, mais “on l’a mis à mort”, ce qui réintroduit responsabilité et justice. Pour un prédicateur, comprendre ἀποκτείνω enrichit le sens profond : la Bible nomme la violence sans détour et la place devant Dieu. Un autre contresens est de tout confondre (meurtre, mort, jugement) ; le mot est général, et le contexte précisera la nature de l’acte. Le noyau demeure : ôter la vie. Comprendre ce verbe aide donc à lire avec lucidité les récits où l’hostilité devient acte, et à reconnaître que le texte parle de la vie humaine comme d’un bien sérieux. Il rappelle aussi que les mots peuvent masquer la violence : le grec la rend visible, imputable, et donc exposée à la vérité.
Mettre à mort: tuer (souvent dans un cadre de persécution ou de jugement).
La violence humaine n’a pas le dernier mot: Dieu juge justement et promet la résurrection.
Vérifier si c’est tuer au sens général ou mettre à mort (juridique).
Persécutions; jugement; avertissements éthiques.
faire vivre; sauver
tuer; mettre à mort; faire mourir
phoneuō (assassiner) qui peut viser meurtre plus “criminel”
tuer
Mt 10,28; Ac 7,52; Rm 8,36
G0615
kteinō (tuer)
a-po-ktei-nō
apokteinō
En Mt 10,28, le co-texte oppose “tuer le corps” vs “détruire âme et corps” : rester sur la distinction et ne pas moraliser hors passage. Règle : préciser qui tue (hommes) et le cadre (persécution), sans gommer la nuance théologique du contraste.
- Mt 10,28 — “tuer” (G615) : ôter la vie du corps seulement; limite du pouvoir humain. L’indice est “ne peuvent tuer l’âme”. - Mt 21,35–39 — Option A (tuer = violence isolée) / Option B (tuer = rejet du fils) : le co-texte tranche vers B : les vignerons tuent l’héritier.
Registre mise à mort/persécution : le verbe signifie tuer, faire périr. Il active l’univers de la violence et souvent de la persécution des justes (prophètes, disciples). Dans Mt 10, il sert à cadrer la crainte : les hommes peuvent tuer le corps, pas l’âme.