Jésus raconte un maître qui plante une vigne et la confie à des vignerons; ceux-ci battent et tuent ses serviteurs envoyés pour recevoir le fruit. Enfin, ils tuent le fils pour prendre l’héritage. Jésus annonce le jugement : la vigne sera donnée à un peuple qui en produira les fruits; il cite la pierre rejetée devenue principale.
- Un maître plante une vigne, l’entoure, y creuse un pressoir et bâtit une tour, puis la loue à des vignerons. - Au temps des fruits, il envoie des serviteurs pour recevoir son produit. - Les vignerons maltraitent les serviteurs : battre, tuer, lapider (selon série). - Le maître envoie d’autres serviteurs, et ils les traitent pareillement. - Enfin il envoie son fils en pensant qu’ils le respecteront. - Les vignerons disent : « voilà l’héritier » et le tuent pour s’emparer de l’héritage. - Jésus demande ce que fera le maître; les auditeurs parlent de destruction et de remplacement. - Jésus cite : la pierre rejetée est devenue la principale; c’est l’œuvre du Seigneur. - Jésus annonce : le royaume sera enlevé et donné à un peuple qui en produira les fruits. - Les chefs cherchent à l’arrêter mais craignent la foule qui le tient pour prophète.
Dénoncer le rejet des messagers de Dieu et annoncer le jugement sur les chefs; appeler à porter du fruit pour le royaume.
- Qui représente le fils dans la parabole ? Clé : le récit le présente comme l’envoi final du maître, distinct des serviteurs; l’application de Jésus (pierre rejetée) éclaire que le rejet aboutit paradoxalement à l’exaltation. - Pourquoi parler de « royaume enlevé » ? Clé : Jésus relie le verdict au thème des « fruits » : la responsabilité est transférée à ceux qui produisent ce que Dieu cherche. - Comment comprendre la « pierre » ? Clé : Jésus cite explicitement l’Écriture pour interpréter le rejet comme faisant partie de l’œuvre du Seigneur.
La situation imagée est celle d’une vigne confiée avec confiance, puis d’un temps de reddition de comptes où le maître vient chercher ce qui lui revient. Le problème est la rébellion des vignerons : ils s’approprient ce qui ne leur appartient pas, violentent les serviteurs et tuent le fils pour garder l’héritage. Jésus utilise ce récit pour dévoiler le rejet des envoyés de Dieu et, ultimement, du Messie. Le passage met en lumière que le refus du Fils entraîne un jugement et que l’appartenance au royaume se mesure à la production de fruits.
Le Messie est le Fils rejeté : Jésus annonce son rejet et le transfert du royaume à ceux qui en produisent les fruits, selon l’Écriture.
Ps 118,22–23; Es 5,1–7; Mc 12,1–12; Ac 4,10–12; Ro 11,17–22
- Les chefs éprouvent une crainte explicite de la foule (« ils craignaient la foule »). - Les vignerons expriment une intention explicite de convoitise/prise (« afin d’avoir son héritage »). - Les auditeurs expriment un jugement explicite et sévère dans la réponse attendue (ils parlent de faire périr les méchants). - La foule manifeste une conviction explicite en tenant Jésus pour prophète.
Juste avant, Jésus a confronté les chefs par la parabole des deux fils, en liant leur refus de Jean à une désobéissance réelle (Mt 21,28–32). Jésus raconte ensuite une parabole plus longue sur une vigne, des vignerons et l’envoi de serviteurs puis du fils, et il demande un jugement. Le récit mentionne aussi que les chefs comprennent qu’il parle d’eux, mais ils craignent la foule. Juste après, Jésus poursuit avec d’autres paraboles de jugement et d’invitation (festin des noces), puis avec une série de pièges/questions au chapitre 22 (Mt 22,1–14).
- Répétition du motif d’envoi : serviteurs envoyés à plusieurs reprises, puis le fils. - Répétition de la violence des vignerons (battre, tuer, lapider). - Contraste : patience du maître / hostilité croissante des vignerons. - Répétition : « ils le saisirent » (prise du messager). - Motif du « fils » / « héritier » (raison du meurtre). - Répétition des citations scripturaires (pierre rejetée / pierre angulaire). - Contraste : royaume donné à un peuple qui en produira les fruits / retiré aux autres. - Motif de la peur de la foule à la fin (contraste avec leur intention d’arrêter Jésus).
- « vigne » : image d’un domaine confié par un maître et attendu pour porter du fruit. - « fruits » : ce que le maître vient chercher; marqueur d’une responsabilité réelle. - « serviteurs » : messagers envoyés par le maître; ils sont rejetés de façon répétée. - « fils / héritier » : envoyé final; son statut motive le meurtre dans la parabole. - « pierre rejetée » : image biblique appliquée pour interpréter le rejet et l’exaltation. - « royaume enlevé/donné » : annonce de transfert d’accès/mission à ceux qui produisent des fruits.
Risque 1 : réduire la parabole à une critique sociale des propriétaires; le texte vise le rejet des envoyés de Dieu et du Fils. Risque 2 : utiliser le passage pour nourrir un mépris d’un groupe; Jésus vise des responsables qui refusent Dieu, et l’enjeu est la production de « fruits ». Risque 3 : détacher la « pierre rejetée » de son application messianique; Jésus l’emploie pour interpréter son propre rejet et l’œuvre du Seigneur. Risque 4 : lire « royaume enlevé/donné » comme simple remplacement politique; le critère explicite est « produire les fruits » et répondre à Dieu.
La tension est que Dieu confie sa vigne et vient chercher du fruit, mais les responsables refusent sa seigneurie, rejettent ses messagers et vont jusqu’à tuer le fils. La visée est d’annoncer le jugement sur ce rejet persistant et de montrer que le royaume sera donné à un peuple qui en produira les fruits, selon l’Écriture. Jésus révèle aussi un renversement : la pierre rejetée devient la pierre principale, indiquant que le rejet du Fils n’annule pas le plan de Dieu. Christocentriquement, la parabole annonce la destinée du Messie rejeté et l’établissement de son œuvre par le Seigneur.
Mise en place (vigne confiée) → temps des fruits → envois successifs de serviteurs → refus violent répété → envoi final du fils → meurtre du fils → question de Jésus (verdict) → réponse des auditeurs (jugement) → application scripturaire (pierre rejetée) → application royale (royaume enlevé/donné) → réaction finale des chefs (intention d’arrêter + peur de la foule). La progression montre une escalade de rejet qui aboutit à un jugement annoncé.
vigne (image)
Mt 21,33–46