Pécheur; pécheresse (consacré au péché)
ἁμαρτωλός signifie pécheur : celui qui est marqué par le péché, qui manque la cible (ἁμαρτία). Le terme peut désigner une personne moralement compromise, mais surtout, dans les Évangiles, une catégorie sociale/religieuse : ceux qui sont considérés comme impurs, non observants, “hors norme”. Logiquement, ἁμαρτωλός fonctionne comme étiquette : elle sépare “justes” et “pécheurs” dans le regard de certains. Jésus renverse cette logique : il vient appeler les pécheurs à la repentance; il mange avec eux. Ainsi, ἁμαρτωλός met en relief la grâce : l’Évangile s’adresse précisément à ceux qui sont désignés comme perdus. En somme, ἁμαρτωλός désigne le pécheur : personne en faute et/ou cataloguée comme pécheresse, et le NT l’utilise pour montrer que la mission du Messie est de chercher et sauver les pécheurs, en les conduisant à la repentance et à la restauration.
L’AT parle du pécheur comme celui qui transgresse la Torah et qui s’écarte de la voie. La pensée sémitique comprend que le péché est rupture d’alliance, et que le pécheur a besoin de pardon et de retour (shuv). Mais l’AT connaît aussi la miséricorde : Dieu cherche le pécheur et appelle à revenir. Dans le contexte du judaïsme du Second Temple, la catégorie “pécheurs” pouvait aussi désigner des gens marginalisés. Ainsi, ἁμαρτωλός résonne avec l’appel des prophètes : Dieu veut la repentance, non la destruction. Dans le NT, Jésus accomplit ce cœur de Dieu : il accueille les pécheurs pour les transformer. La pensée sémitique aide donc à entendre “pécheur” comme état réel (culpabilité) et comme appel à la grâce : revenir à Dieu parce que Dieu ouvre un chemin.
Aujourd’hui, “pécheur” peut être entendu comme insulte morale ou comme jargon. ἁμαρτωλός, dans le NT, met surtout en avant la mission de Jésus : il vient pour ceux qui sont perdus. Clarification : le mot ne sert pas d’abord à écraser, mais à nommer le besoin de grâce. En prédication exégétique, ἁμαρτωλός aide à corriger deux contresens : (1) se croire “pas concerné” par le péché, (2) réduire l’Évangile à une morale pour “bons”. Le NT annonce un salut pour les pécheurs. Ainsi, ἁμαρτωλός met en avant une invitation : reconnaître sa condition, recevoir le pardon, et entrer dans une vie transformée.
Pécheur / pécheresse : consacré au péché; souvent désigne les “gens de mauvaise vie” (publicains, etc.). (Lc 15,7)
Dans Lc 15, la mention du “pécheur” qui se repent vise ceux exclus socialement : Dieu se réjouit du retour, plus que de l’autosatisfaction religieuse.
Ne pas adopter le mépris social du terme : Jésus le renverse par la grâce. Distinguer usage sociologique (catégorie) et usage théologique (tous pécheurs).
Jésus mange avec les pécheurs (Mt 9). Paraboles : joie pour un pécheur qui se repent (Lc 15). Paul : Christ mort pour nous quand nous étions pécheurs (Rm 5).
juste (dans le langage des pharisiens); saint (par grâce)
pécheur; pécheresse; gens de mauvaise vie (selon contexte)
hamartia (péché) : nom; anomos (sans loi) : autre catégorie.
pécheur
Mt 9,13; Lc 15,7; Rm 5,8
G0268
lié à hamartanō (pécher)
ham-ar-to-los'
hamartōlos
Dans les Évangiles, « pécheur » peut désigner (Option A) un état réel devant Dieu (en contraste avec la sainteté de Dieu) et/ou (Option B) une catégorie sociale méprisée (publicains, « gens de mauvaise vie »). Pour trancher, relever l’indice de co-texte : présence de pharisiens/scribes qui murmurent → usage social (Lc 5,30; 15,2); appel à la repentance/au pardon → usage théologique (Lc 5,32; 18,13). Ne pas adopter la définition méprisante du groupe religieux : le passage montre souvent que Jésus renverse cette catégorie par la miséricorde. Si les deux sens sont présents, le noter (social + théologique) plutôt que de choisir un seul. Rester explicatif, sans application.
Registre relationnel et d’alliance : être en faute devant Dieu, et, dans les Évangiles, être classé socialement parmi les « gens de mauvaise vie ». Le co-texte indique si l’accent est sur la culpabilité réelle (devant Dieu) ou sur l’exclusion/rejet (devant les hommes).