vigne ; vignoble
Dans les paraboles, ἀμπελών sert de cadre narratif et juridique (propriété + intendants + redevance). Le vignoble structure la logique “don confié → responsabilité → reddition de comptes”, et permet un raisonnement par comparaison (ce qu’on ferait d’un vignoble, Dieu le fait de son peuple).
L’arrière-plan biblique est très fort : la vigne est une image d’Israël, plantée et protégée par Dieu, appelée à porter du fruit (justice, fidélité). Les prophètes dénoncent une vigne qui donne de mauvais fruits : violence, injustice, idolâtrie. Cela éclaire les paraboles de Jésus : parler de vignoble, c’est parler de l’alliance, de la responsabilité et du jugement. La pensée hébraïque relie aussi la vigne à la joie et à la bénédiction, mais toujours avec l’exigence du fruit. Ainsi, le vignoble appartient à Dieu; les responsables sont des intendants, pas des propriétaires. Le mot devient donc une image de gestion fidèle : Dieu confie, appelle, attend. Cela rend les paraboles plus tranchantes : refuser le Fils (héritier) est un rejet de Dieu. L’arrière-plan prophétique donne la gravité : ce n’est pas une histoire agricole, c’est une histoire d’alliance.
Nous pouvons lire ces histoires comme de simples paraboles “sur le travail” ou “sur l’économie”. Le NT vise surtout le Royaume : Dieu appelle, Dieu donne, Dieu juge, et Dieu est généreux. La clarification utile : la vigne n’est pas “mon projet”, c’est l’œuvre de Dieu. Elle révèle nos réactions : jalousie quand Dieu est généreux, ou rébellion quand on veut s’approprier ce qui est à Dieu. Il faut éviter une lecture moraliste (“travaille plus”), le texte parle d’abord de grâce et de loyauté. Ampelōn nous rappelle une réalité simple : nous servons dans ce qui appartient à Dieu, et le fruit attendu est une réponse d’alliance, pas un paiement.
La vigne : image du peuple/du Royaume où Dieu appelle et envoie des ouvriers. (Mt 20,1 ; Mt 21)
Dans Mt 20, la vigne est le lieu où le maître envoie des ouvriers : image du service dans le Royaume. Dans Mt 21, la vigne sert aussi à dénoncer l’infidélité des responsables (vignerons). L’image met donc ensemble appel, responsabilité et justice.
Ne pas figer l’image : selon la parabole, la vigne peut mettre l’accent sur la grâce (Mt 20) ou sur la responsabilité/jugement (Mt 21). Toujours lire l’intention du récit.
Image de l’œuvre de Dieu et de son peuple. Sert dans des paraboles pour parler de service, responsabilité, et jugement.
désert/friche (image)
vignoble, vigne (lieu)
ἄμπελος — vigne (plante) ; γεωργός — vigneron (acteur)
vignoble
Mt 20,1 ; Mt 21,33–41 ; Es 5,1–7
G0290
Origine : voir la section “Origine” sur lueur.org (ampelōn).
am-pé-lôn
ampelōn
Dans Mt 20 et Mt 21, le co-texte est parabolique : ne pas réduire à l’agriculture. Règle : repérer qui est le maître, qui sont les ouvriers/vignerons, et l’objectif (fruit/justice) pour cadrer l’image.
- Mt 20,1–16 — “vignoble” (G290) : le mot désigne le domaine du maître où l’on travaille, cadre d’une parabole sur la générosité du maître et la jalousie des ouvriers. L’indice est la répétition embauche/salaire. - Mt 21,33–46 — La nuance devient accusatrice : le vignoble est confié à des vignerons qui refusent de rendre le fruit; le co-texte (serviteurs battus, fils tué) fait du vignoble une image d’une responsabilité reçue et mal gérée.
Registre agriculture/responsabilité : le mot désigne une vigne/vignoble, donc l’univers du travail, du propriétaire et de la récolte. Dans les paraboles, il devient un registre d’alliance et de justice : Dieu confie une responsabilité et attend du fruit. Il relie appel, travail et compte à rendre.