mourir
Le verbe ἀποθνῄσκω (“mourir”) exprime un fait radical : fin de la vie biologique. Dans une logique grecque, mourir marque une limite irréversible et structure le récit : avant/après. Dans l’argumentation du NT, la mort devient aussi catégorie théologique : conséquence du péché, ennemi, et pourtant lieu où Dieu manifeste la victoire par la résurrection. La pensée grecque observe les contrastes : vie/mort, corruption/incorruptibilité, ancien/nouveau. La profondeur : la mort n’est pas seulement un événement, elle révèle ce qui compte. Elle met à nu les loyautés, et le NT la relit dans une structure d’espérance : mort → résurrection → vie nouvelle.
Dans l’arrière-plan biblique, la mort est liée à la poussière, au souffle retiré, au deuil, et à la fragilité. Elle est aussi souvent comprise comme salaire du péché, et comme rupture. Mais l’AT porte aussi des germes d’espérance : Dieu délivre de la mort, Dieu se souvient, Dieu rachète. Les Psaumes crient vers Dieu dans la détresse mortelle. La profondeur sémitique : la mort révèle notre dépendance. La vraie sécurité est en Dieu. Le récit biblique conduit vers une espérance de relèvement et, dans le NT, vers la résurrection en Christ.
Une clarification moderne : la Bible ne nie pas la réalité de la mort; elle la regarde en face. Elle refuse aussi de l’idéaliser. La foi chrétienne apporte une espérance qui ne supprime pas le deuil, mais le traverse. Pastoralement, “mourir” invite à deux choses : (1) vivre avec sagesse (ce qui est éternel), (2) tenir une espérance solide (résurrection) face à l’angoisse. Cela aide aussi à distinguer : résignation (“c’est fini”) vs espérance (“Dieu relève”).
Mourir : réalité tragique, mais Jésus entre dans la mort et la vainc par sa résurrection. (Mc 15)
Dans Mc 15, le verbe renvoie à la mort réelle de Jésus sur la croix. Marc insiste : Jésus a vraiment souffert et il est vraiment mort. Cela fonde ensuite la proclamation de la résurrection : le salut n’est pas une idée, mais une victoire au cœur de l’histoire.
Ne pas spiritualiser au point d’effacer la mort réelle : Marc décrit un événement historique. Ne pas séparer croix et résurrection : l’Évangile tient ensemble mort et victoire. Éviter un ton morbide : annoncer la mort de Jésus comme don d’amour.
Mourir au sens concret. Dans le NT, la mort de Jésus est centrale : elle accomplit l’Écriture et ouvre la vie. Le verbe peut aussi être utilisé dans des appels au renoncement (selon contexte).
vivre, ressusciter
décéder, mourir
τελευτάω — finir/mourir (autre verbe) ; νεκρός — mort (adjectif/nom)
décéder
Mc 15,37.44–45 ; Rm 5,8 ; 1 Co 15,3–4
G0599
apo (loin de) + thnēskō (mourir) (selon lueur).
a-poth-né-sko
apothnēskō
- Sens de base : mourir (événement réel). - Le co-texte peut aussi élargir (mourir à soi / mourir au péché), mais dans les récits de passion : mort physique réelle. - Souvent sert à ancrer le salut dans l’histoire (mort puis résurrection).