choisir — ἐκλέγομαι — eklegomai

Sens (principal)

choisir; élire; sélectionner (choisir pour soi, mettre à part)

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

ἐκλέγομαι signifie “choisir”, avec une nuance de sélection délibérée. Le verbe est moyen : il suggère un choix impliquant la personne qui choisit, une préférence assumée. La logique est relationnelle : on choisit quelqu’un ou quelque chose parmi d’autres possibilités. Le grec met en avant l’idée de tri : sélectionner en vue d’un but. ἐκλέγομαι se distingue d’un simple “prendre” : il implique discernement, décision, et parfois mise à part. Pour enrichir la compréhension, il faut entendre la tension : choisir suppose des alternatives, des critères, et une finalité. Le mot met aussi en relief l’initiative : le choix vient de celui qui décide, pas du choisi. Linguistiquement, ἐκλέγομαι peut porter la nuance de “choisir pour soi”, c’est‑à‑dire en vue d’une relation ou d’une mission. Le sens profond est donc la sélection orientée : un choix qui établit une relation et engage le futur. Comprendre ἐκλέγομαι aide à lire les textes où l’identité ou la mission découle d’un choix : ce n’est pas accidentel, c’est intentionnel. Le verbe invite à poser les questions implicites : qui choisit, selon quels critères, et pour quel but ? Ainsi, ἐκλέγομαι devient un vocabulaire de vocation et de responsabilité : ce qui est choisi est mis à part pour une direction précise, et le choix appelle une réponse fidèle.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

L’Ancien Testament est traversé par l’idée d’élection : Dieu choisit Abraham, puis Israël, et il choisit aussi des serviteurs pour des missions particulières. Ce choix n’est pas d’abord un concours de mérite; il vient de la promesse et du dessein de Dieu. La pensée hébraïque associe choisir à mettre à part : être choisi, c’est être pris pour appartenir au Seigneur et pour servir. Cela implique privilège et responsabilité : la vocation n’est pas une gloire vide, mais un appel à écouter et à marcher dans l’alliance. L’AT montre aussi la tension : Dieu choisit des personnes faibles, et sa fidélité porte le choix malgré les chutes. Ainsi, le choix de Dieu révèle son caractère : souverain, fidèle, patient. Un autre repère est la finalité missionnelle : “en toi seront bénies toutes les familles de la terre”. Le choix vise une bénédiction qui déborde. Sans expliquer un passage précis, comprendre ἐκλέγομαι dans cet arrière‑plan, c’est entendre une logique de vocation : Dieu prend l’initiative, met à part, donne une mission, et appelle à une réponse de foi. Le terme “choisir” devient alors une clé pour lire l’histoire biblique : elle avance par des choix divins qui établissent une relation et qui orientent l’avenir, non par hasard ou simple préférence humaine.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Un lecteur moderne entend “choisir” surtout comme acte autonome (“je choisis selon mes goûts”). Le contresens est de projeter ce modèle individualiste sur ἐκλέγομαι. Le verbe biblique exprime une sélection délibérée, orientée vers un but, qui établit une relation et une responsabilité. La clarification : choisir implique alternatives, discernement et finalité; ce n’est pas un caprice, c’est une décision qui met à part. Un autre contresens moderne est de lire l’élection comme injustice (“pourquoi lui ?”) sans voir la logique biblique : le choix vise un dessein et un service, pas un privilège vide. Pour un prédicateur, comprendre ἐκλέγομαι enrichit le sens profond parce qu’il permet de parler du choix comme vocation : initiative du donneur, mise à part, mission. Le terme aide aussi à distinguer “être choisi” (initiative de l’autre) et “se choisir” (autodétermination). Enfin, ἐκλέγομαι rappelle que la Bible pense l’histoire en termes de dessein : des personnes sont choisies pour porter une parole et servir une œuvre, souvent au milieu de faiblesses. Comprendre ce mot, c’est donc lire la sélection comme acte intentionnel qui crée une relation, appelle une réponse fidèle, et oriente l’avenir selon la volonté de Dieu, non selon la seule préférence humaine.

Courte description — (aide remplissage)

Choisir/élire : désigner et mettre à part en vue d’un but (souvent : appel/mission) ; souligne l’initiative de Jésus/Dieu dans Actes.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

En Ac 1,2, le mot précise que les apôtres sont ceux que Jésus a choisis : ils sont désignés comme envoyés et témoins, ce qui fonde leur rôle dans la suite des Actes.

Pièges lexicaux

Ne pas confondre avec αἱρέομαι (choisir, parfois préférer). Et ne pas sur-théologiser si le passage est simplement organisationnel.

Usage biblique (mini)

Le verbe sert à dire un choix qui n’est pas neutre : choisir quelqu’un, le désigner, l’attacher à une mission. Dans Jean et Actes, il souligne souvent que l’initiative vient de Jésus/Dieu (appel), et qu’elle conduit à une vocation (porter du fruit, être témoin).

Antonymes / contrastes (FR)

rejeter; laisser au hasard; indifférence

Synonymes / proches (FR)

choisir; sélectionner; désigner

À ne pas confondre avec…

αἱρέομαι (choisir/prendre pour soi, parfois préférence) ; προαιρέομαι (préférer, choix délibéré) : ἐκλέγομαι souligne souvent un choix qui met à part en vue d’une mission.

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Alliance / loi
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

choisir

Versets clés (liste)

Ac 1,2; Jn 15,16; Ép 1,4

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G1586

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Lemme / racine (optionnel)

Prononciation — (aide remplissage)

è-kle-guo (approx.)

Translit. — NOYAU

eklegomai

Vérifiable
Champs sémantiques
AllianceGrâceRoyaume
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Toujours identifier : 1) Qui choisit ? (Dieu / Jésus / humains) 2) Qui/quoi est choisi ? (personnes, disciples, voie) 3) Dans quel but immédiat ? (mission, fruit, témoignage) Option A : choix “préférence” (humain). Option B : choix “désignation” (appel/mandat). Le co‑texte tranche : dans Ac 1,2 (apôtres + ordres), c’est Option B. Ne pas transformer automatiquement en débat systématique sur la prédestination : rester d’abord dans la logique du passage.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Jn 15,16 — “je vous ai choisis” : choix de Jésus qui précède et fonde la mission; indice : ‘afin que vous alliez et portiez du fruit’. - Ac 6,5 — ‘ils choisirent’ des hommes : sélection communautaire pour un service; indice : organisation de l’Église.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre décision/mission : sélectionner, désigner. Dans le NT, souvent registre d’alliance : Dieu choisit un peuple, Jésus choisit des disciples, choix qui implique mission et appartenance.