Craindre; avoir peur; être saisi de crainte.
φοβέω signifie « craindre » : éprouver une peur ou une crainte qui met le cœur en alerte face à un danger ou à une autorité. Le verbe décrit souvent plus qu’un frisson : il montre ce qui pèse sur une personne au point d’orienter ses choix (parler, se taire, fuir, se protéger). Ainsi, φοβέω révèle un axe : ce que je crains devient un maître intérieur. Le mot peut aussi exprimer une crainte respectueuse selon l’objet : la nuance dépend de qui est craint. Le garde‑fou est de ne pas réduire φοβέω à un “stress” vague. Il faut identifier l’objet de la crainte et son effet. Le verbe aide donc à lire les passages où la crainte est déplacée : d’une peur qui paralyse à une crainte qui remet de l’ordre. En somme, φοβέω est un mot de poids : il révèle ce qui domine le cœur.
Dans l’arrière‑plan biblique, la crainte peut être une panique, mais la “crainte du Seigneur” est surtout le fait de prendre Dieu au sérieux : reconnaître sa sainteté, son autorité, sa justice. Cet horizon éclaire φοβέω : la crainte révèle devant qui l’on vit. Une peur mal orientée peut devenir une obéissance cachée (on vit sous la pression des hommes, de la menace, de l’opinion). Une crainte orientée vers Dieu, au contraire, stabilise : elle replace les autres puissances à leur place. Le garde‑fou est de ne pas opposer crainte et confiance comme si la crainte biblique était forcément anxieuse. Le mot de vie auprès de Dieu est une hiérarchie : craindre Dieu, c’est reconnaître l’ultime, et cela libère des peurs secondaires. Ainsi, φοβέω sert une sagesse simple : identifier ce qui gouverne le cœur, et le remettre sous Dieu.
Nous traitons souvent la peur comme un problème à supprimer. φοβέω permet une clarification plus profonde : craindre, c’est laisser quelque chose commander l’intérieur. Le contresens moderne est de croire que la Bible exigerait une absence totale d’émotions. Le verbe décrit plutôt une orientation : qui gouverne mes décisions ? Un autre contresens est d’opposer crainte et amour, comme si le respect profond était incompatible avec la confiance. Dans la Bible, craindre Dieu peut signifier le prendre au sérieux, non trembler sans cesse. Le garde‑fou est donc de distinguer peur paralysante et crainte ordonnée. φοβέω aide à parler de l’objet : peur des hommes, peur de manquer, peur de perdre l’image, ou crainte de Dieu. Ainsi, le mot devient un outil de lucidité : la peur révèle un maître; la crainte de Dieu remet le maître à sa place.
Verbe de la crainte. En Mt 1,20: « ne crains pas » (ordre de Dieu à Joseph).
En Lc 12,4–7, “craindre” est cadré par l’objet : ne pas laisser la peur des hommes gouverner, mais prendre Dieu au sérieux comme juge, tout en se reposant sur sa providence.
Ne pas aplatir en “avoir peur” sans objet : le passage oppose deux objets de crainte (hommes vs Dieu). Ne pas transformer “crains Dieu” en panique : le contexte (providence, valeur) montre une crainte lucide qui libère.
Peur humaine; parfois crainte de Dieu (selon contexte).
assurance; confiance (selon contexte)
craindre, redouter, être effrayé
phobos (G5401) : la crainte (nom).
craindre
Lc 12,4–7 (surtout 12,4–5)
G5399
—
fob-eh'-o
phobeo
Option A : peur humaine (danger, persécution) ; Option B : crainte révérencielle (devant Dieu). Le co-texte (persécutions, jugement, autorité de Dieu) indique l’objet de la crainte. Ne pas en faire un principe abstrait : préciser ce qui est craint dans la péricope et la raison donnée par Jésus (valeur, providence, jugement).
- Mt 14,26–27 — “craindre” : peur paniquée (réaction immédiate). Indice : ils crient en voyant Jésus sur l’eau. - Mt 10,28 / Lc 12,4–5 — “craindre” : crainte centrée sur Dieu (réorienter la peur). Indice : contraste hommes (pouvoir limité) / Dieu (autorité ultime, jugement). - Nuance concrète en Lc 12 : Jésus ne nie pas le danger humain, mais replace la peur dans une hiérarchie : qui est à craindre vraiment. - Garde-fou : distinguer peur réflexe et crainte révérencielle selon le contraste du passage.
Registre du danger et du jugement : peur face à la persécution (hommes) et crainte devant l’autorité ultime de Dieu. Dans Lc 12, la crainte est liée à la comparution/pression et à la providence (Dieu voit, compte, nourrit).