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faire miséricorde — ἐλεέω — eleeō

Sens (principal)

faire miséricorde; prendre en pitié; traiter avec compassion

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

ἐλεέω est le verbe d’action qui correspond au nom ἔλεος : il ne décrit pas d’abord une émotion intérieure, mais l’exercice concret de la miséricorde. Le verbe implique un asymétrie : quelqu’un est en situation de besoin, d’impuissance ou d’exposition, et un autre intervient avec faveur. La logique du mot est donc relationnelle (un acteur agit envers un bénéficiaire) et orientée vers un résultat (secours, relèvement, pardon, délivrance). Dans la langue du NT, ἐλεέω apparaît souvent dans des demandes directes (“aie pitié”) : la forme impérative concentre le sens sur une intervention attendue, non sur un simple sentiment. Lorsqu’il est attribué à Dieu, le verbe porte la nuance de liberté souveraine : la miséricorde n’est pas une dette, mais une grâce accordée. Le mot peut ainsi fonctionner dans des registres différents (secours immédiat, pardon, faveur salvatrice) tout en gardant un noyau stable : accorder une faveur à celui qui n’a pas de droit à l’exiger. Pour un prédicateur, ἐλεέω enrichit la lecture en rappelant que la miséricorde biblique est une bonté qui se manifeste, qui change la situation du faible, et qui révèle un caractère (celui qui fait miséricorde).

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’univers biblique, la miséricorde se comprend comme une bonté fidèle et compatissante qui se traduit en actes. Le vocabulaire hébraïque associe souvent deux pôles : la compassion (tendresse qui voit la misère) et la fidélité d’alliance (bonté qui demeure et qui secourt). Quand le NT emploie ἐλεέω, il s’inscrit dans cette manière de penser : “faire miséricorde” n’est pas d’abord ressentir quelque chose, mais agir pour relever celui qui est dans la faiblesse. La miséricorde est donc une réponse de Dieu qui ne nie pas la justice, mais qui ouvre un chemin de relèvement : elle est un don, pas un salaire. On comprend aussi que la miséricorde biblique n’est pas vague : elle se reconnaît à ses fruits (secours, restauration, pardon). Pour un lecteur moderne, ce cadre évite deux réductions : (1) réduire la miséricorde à une émotion, (2) la réduire à une simple “tolérance”. Dans la pensée biblique, la miséricorde est une puissance de bonté qui se penche, qui aide et qui restaure, parce que Dieu est ainsi. Pour un prédicateur, ἐλεέω permet de parler d’un Dieu qui se rend proche du misérable et d’une grâce qui s’exprime en gestes concrets, sans moraliser ni sentimentaliser.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Dans le français courant, “pitié” peut sonner comme une condescendance : on “a pitié” de quelqu’un de haut, sans forcément agir, ou en gardant une distance. Cette perception peut brouiller ἐλεέω. Le verbe biblique n’est pas un mot de supériorité; c’est un mot de secours. Il ne se contente pas de décrire une sensibilité, il vise une intervention qui change la situation du faible. Autre glissement moderne : entendre “miséricorde” comme une indulgence molle (“on laisse passer”), ou comme l’opposé de toute justice. Or ἐλεέω décrit plutôt une faveur accordée à quelqu’un qui ne peut pas se sauver lui-même : une grâce qui relève, pardonne, délivre, selon le contexte. Le verbe garde ainsi une force : il nomme un acte gratuit, non une simple permission. Pour un prédicateur, la clarification est précieuse : ἐλεέω aide à annoncer un Dieu qui agit envers le misérable, et à décrire la miséricorde comme une bonté effective. Cela évite les deux caricatures : d’un côté, un sentimentalisme sans action; de l’autre, une dureté qui croit défendre la vérité en refusant le secours. Le mot invite à une lecture lucide : la miséricorde n’est pas une flatterie; c’est une aide réelle donnée à celui qui est dans la détresse.

Courte description — (aide remplissage)

Verbe : faire miséricorde / avoir pitié; accorder un secours/faveur à quelqu’un en détresse.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Selon le passage, ἐλεέω exprime soit la demande d’un secours (“aie pitié”), soit l’acte de miséricorde accordé (Dieu/Jésus qui fait grâce et relève). Le co-texte précise si l’enjeu est guérison, pardon ou élection.

Pièges lexicaux

Ne pas confondre avec σπλαγχνίζομαι (être ému de compassion) : ἐλεέω met l’accent sur l’acte de miséricorde. Ne pas moraliser : c’est d’abord un appel et une grâce.

Usage biblique (mini)

Souvent dans les récits (demande “aie pitié”) et dans le registre de la grâce : Dieu/Jésus fait miséricorde, relève et fait grâce. Souligne l’acte accordé, pas seulement l’émotion.

Antonymes / contrastes (FR)

dureté; absence de pitié; cruauté

Synonymes / proches (FR)

faire miséricorde; avoir pitié; compatir (selon contexte)

À ne pas confondre avec…

Ne pas confondre avec σπλαγχνίζομαι (être saisi de compassion) : celui-ci met l’accent sur l’émotion ressentie, tandis que ἐλεέω met l’accent sur l’acte de miséricorde accordé. Ne pas confondre non plus avec une “pitié” condescendante : le verbe peut décrire un secours réel, demandé ou donné, qui relève la personne.

Chapitres (suivi de lecture) occurrences complètes
Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Salut / grâce / foi
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

faire miséricorde

Versets clés (liste)

Lc 17,13; Lc 17,11–19; Mt 20,30–34

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G1653

Lemme / racine (optionnel)

ἐλεέω (de ἔλεος, “miséricorde”) : exercer la miséricorde, faire grâce à quelqu’un en détresse; verbe d’action correspondant au nom ἔλεος.

Prononciation — (aide remplissage)

é-lé-é-o (approx.)

Translit. — NOYAU

eleeō

Vérifiable
Champs sémantiques
GrâceFoiJustice
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Option A : demander/accorder une compassion concrète (cri : “aie pitié de moi”). Option B : miséricorde au sens d’une grâce salvatrice/élection (Rm 9) — Dieu fait miséricorde. L’indice est le sujet (Dieu/Jésus vs humains) et l’objet (guérison/aide vs salut/jugement). Ne pas réduire à un sentiment; c’est un acte envers une personne en détresse.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Mt 9,27 (usage fréquent) — cri : “aie pitié de nous” = demande d’intervention (guérison). - Rm 9,15–18 — “je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde” : initiative souveraine de Dieu (grâce non méritée).

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre relationnel et salvateur : compassion qui se traduit en action (secours, guérison, pardon). Dans les évangiles, c’est la supplication des nécessiteux; dans Paul, c’est l’initiative souveraine de Dieu qui fait grâce.