Laisser; quitter; abandonner (dans le sens de laisser derrière soi)
Le verbe arrive comme conclusion de la péricope : après la parole de Jésus, le signe (pêche abondante) et la confession de Simon, vient l’appel (« désormais tu prendras des hommes »). La logique est : révélation → appel → réponse. « Laisser » marque le moment de rupture qui rend la réponse crédible : ce n’est pas seulement une émotion, c’est une décision. Le grec articule “laisser” et “suivre” : le second explique le premier; on laisse pour suivre. Le verbe sert donc de charnière narrative : on passe d’un métier (pêche) à une vocation (disciples). Cela met en avant la priorité du Royaume : l’appel de Jésus réoriente la vie concrète.
L’arrière-plan biblique connaît les appels de Dieu qui exigent une rupture : Abraham quitte son pays, Élisée quitte ses bœufs pour suivre Élie. Dans cette logique, laisser n’est pas un mépris du monde créé, mais une obéissance à une parole de Dieu qui redéfinit l’alliance et la mission. Le récit de Luc place l’appel au cœur du quotidien (travail, filets), ce qui rejoint une pensée sémitique : Dieu appelle des personnes réelles, avec des attachements réels. Laisser « tout » rappelle que l’allégeance première appartient à Dieu : on quitte une ancienne sécurité pour marcher avec celui que Dieu envoie. Cette rupture n’est pas une performance morale, mais une réponse à la grâce et à l’autorité de Jésus.
On peut entendre « ils laissèrent tout » comme une injonction à tout vendre, ou comme un héroïsme romantique. Luc vise surtout la priorité du suivi : ils quittent ce qui incarnait leur ancienne sécurité pour mettre Jésus au centre. Clarification : le texte ne nie pas la valeur du travail ou des biens; il montre que l’appel du Christ réoriente l’attachement. Un contresens courant est de moraliser : “plus je laisse, plus je suis spirituel”. Ici, le point est la réponse à la parole de Jésus, confirmée par le signe. Le verbe sert donc à rendre visible la foi : la confiance devient un choix concret.
Verbe : laisser derrière / quitter. Dans Lc 5,11, exprime une rupture concrète : ils laissent tout pour suivre Jésus.
Dans Lc 5,11, après la pêche miraculeuse et l’appel, les disciples « laissèrent tout » : le verbe décrit une rupture visible avec leur ancienne sécurité pour suivre Jésus. Le sens est volontaire et total dans la scène : ils ne gardent pas leur activité comme priorité.
Ne pas imposer un principe absolu à partir du mot seul. Ici, « tout » est déterminé par la scène (barques, filets, travail). Le verbe décrit la priorité du suivi, pas une règle universelle de pauvreté.
Peut signifier laisser/quitter; dans les récits d’appel, exprime la rupture et la priorité donnée à suivre Jésus.
garder; retenir; s’accrocher; conserver
quitter; laisser; abandonner; se détacher de
Ne pas confondre avec « se retirer » (retrait temporaire, G5298). Ici : quitter/laisser derrière de manière décisive dans un appel.
laisser
Lc 5,11; (parallèles d’appel : Lc 18,28)
G2641
καταλείπω
kataleipō — « kat-a-lay-po » (approx.)
kataleipō
Le co-texte donne l’objet : « ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent » (Lc 5,11). Le sens est donc celui d’un abandon volontaire de ce qui était leur cadre de vie immédiat (travail, biens). L’indice textuel qui contraint le sens est la suite immédiate : « et le suivirent » — le fait de laisser est orienté vers le suivi. Parmi les possibilités de sens, ce n’est pas un simple “laisser tomber par négligence” mais une décision. Le passage ne définit pas « tout » par lexique, mais par la scène, donc on reste sobre : quitter ce qui était là pour répondre à l’appel. On évite d’en tirer une doctrine entière : le mot sert l’appel dans ce récit précis.
- Dans les récits d’appel : nuance de rupture volontaire et de priorité (laisser derrière soi pour suivre). - Peut aussi décrire un “laisser” factuel (abandonner une personne/un lieu), mais le co-texte (suivre Jésus) oriente vers une décision.
Registre de rupture et de réorientation de vie : quitter biens, activité et cadre habituel. Dans Lc 5, le verbe décrit un détachement réel (matériel et social) pour entrer dans le suivi de Jésus.