Manger; prendre un repas (consommer)
φάγω est le verbe “manger”, souvent utilisé comme forme/variante de ἐσθίω selon les temps. Dans Mt 6,25, le mot est intégré à une série d’exemples concrets (“ce que vous mangerez… ce que vous boirez… de quoi vous serez vêtus”) : la logique est argumentative, pas gastronomique. Jésus part d’un besoin évident (manger pour vivre) pour conduire à une conclusion : la vie ne se réduit pas à l’entretien du corps, et le Père connaît les besoins. Le grec rend l’argument très accessible : il parle du quotidien. Ainsi, φάγω sert de point d’ancrage réaliste pour une exhortation à la confiance : on ne nie pas le besoin, on refuse qu’il devienne le centre. Le verbe aide aussi à montrer la structure : besoin → inquiétude possible → enseignement sur le Père → recherche du Royaume.
Dans l’arrière-plan biblique, manger renvoie à la dépendance : l’humain reçoit la nourriture de Dieu (pluie, récolte, pain quotidien), et l’AT rappelle souvent que Dieu nourrit son peuple (désert, manne). Cela cadre Mt 6 : la nourriture n’est pas d’abord un objet d’angoisse, mais un signe de la fidélité de Dieu qui pourvoit. La pensée hébraïque associe aussi le repas à la communion et à la bénédiction (table), mais ici l’accent est sur la providence : Dieu donne à ses créatures ce dont elles ont besoin. Le mot “manger” devient donc une porte d’entrée vers une théologie de l’alliance : le Père nourrit et soutient. L’image dominante est : dépendre de Dieu sans être dominé par la peur du manque.
On pourrait lire “manger” comme un simple détail (besoins matériels) ou comme un appel à “ne plus s’occuper de rien”. Clarification : Jésus ne nie pas la réalité du besoin; il corrige l’inquiétude qui prend la place de la confiance. φάγω ancre le passage dans le concret : nourriture, boisson, vêtement. Le contresens à éviter est le fatalisme (“Dieu fera tout, donc je ne fais rien”) ou l’ascétisme imposé. Le texte appelle plutôt à remettre les besoins au Père et à chercher d’abord le Royaume. Le mot aide ainsi à relier spiritualité et quotidien : la foi se vit aussi dans la manière de porter les besoins matériels.
Manger / prendre un repas : sens littéral (consommer) et parfois image de “dévorer”. (Mt 6,25)
Dans Mt 6,25, “ce que vous mangerez” sert d’exemple des besoins quotidiens : Jésus invite à la confiance dans le Père plutôt qu’à l’inquiétude.
Toujours discerner le sens littéral vs figuré (Jn 6). Ne pas confondre avec esthiō : mêmes champs sémantiques, différences surtout grammaticales.
Très fréquent : manger au quotidien (Mt 6), repas avec Jésus, multiplications, Pâque, Cène. Peut aussi être figuré : “manger” la chair/ le pain de vie (Jn 6) selon contexte.
jeûner; s’abstenir
manger; se nourrir; consommer; prendre un repas
esthiō (manger) : verbe proche; trophē (nourriture) : nom.
manger
Mt 6,25; Mt 25,35; Jn 6,51
G5315
variante de esthiō (selon lueur)
fag’-o
phago
Option A : manger au sens littéral (besoin, repas, Pâque, multiplications). Option B : emploi figuré (dévorer/détruire; ou langage eucharistique/‘pain de vie’ en Jn 6). L’indice est le genre du passage et la présence d’images (pain de vie, chair, etc.). Ne pas plaquer Jn 6 sur un récit de repas ordinaire.
- Lc 22 (Pâque) — nuance : “manger” dans un cadre d’alliance/repas rituel; l’indice est la mention explicite de la Pâque et du sens donné par Jésus (mémoire + alliance). - Mt 6,25 — nuance : “manger” = besoin quotidien servant d’exemple pour corriger l’inquiétude; indice : série “manger/boire/vêtir”.
Registre du quotidien et du besoin : manger, se nourrir, prendre un repas. Dans les paroles de Jésus (Mt 6), ce vocabulaire sert à nommer les besoins matériels réels, puis à orienter le cœur vers la confiance en la providence du Père plutôt que l’inquiétude.