Mt 27,15–26 ; Mc 15,6–15 ; Es 53,5–6
G0912
Barabbas (nom propre)
L’arrière-plan biblique connaît le thème de substitution : un autre prend la place, un sacrifice porte, un innocent souffre pour les coupables. Les récits d’Exode et les sacrifices parlent d’une délivrance qui implique un prix. Les prophètes annoncent aussi un serviteur qui porte les fautes. Cela éclaire Barabbas : sans être “théologie” au départ, l’épisode ressemble à cette logique biblique : le coupable est libéré, l’innocent est livré. La pensée hébraïque insiste aussi sur la responsabilité : libérer le violent et condamner le juste est un renversement injuste que Dieu condamne. Le récit montre donc à la fois le péché humain (injustice) et le plan de Dieu (salut). Barabbas devient une figure narrative où se croisent jugement humain et miséricorde divine. L’arrière-plan aide à lire l’épisode sans cynisme : Dieu peut accomplir la délivrance même au milieu du mal.
Βαραββᾶς est un nom propre, et dans les récits de la passion il sert de pivot narratif : un prisonnier coupable est relâché à la place de Jésus. Le nom fonctionne comme alternative dramatique : la foule choisit Barabbas → Jésus est livré. La logique du récit met en scène une substitution concrète : un échange judiciaire réel, visible, qui fait avancer l’intrigue vers la crucifixion. Le nom n’a pas besoin d’être “symbolisé” pour être théologiquement fort : il rend la décision publique et expose la dynamique de choix, de manipulation et d’injustice. Il sert aussi à souligner l’ironie tragique : le “libéré” est le violent, et le juste est condamné.
On peut lire Barabbas comme un simple détail historique du procès, alors qu’il rend l’injustice visible et frappe l’imagination. La clarification utile : cet épisode illustre concrètement l’idée de substitution : quelqu’un qui mérite la condamnation est relâché, et le Juste prend sa place. Il faut éviter de romantiser l’injustice : le texte montre une responsabilité réelle et une corruption du jugement. Mais il faut aussi éviter de perdre l’annonce : Dieu transforme ce mal en salut. Barabbas devient alors une image accessible : c’est ce que fait Jésus pour les coupables. Le nom aide à comprendre la croix sans jargon : le coupable sort, l’innocent entre à sa place.
Dans Mt 27, la foule choisit Barabbas et rejette Jésus. L’épisode révèle la corruption du jugement humain, mais il illustre aussi, de manière involontaire, une vérité de l’Évangile : Jésus prend la place des coupables. Le nom devient un repère narratif de substitution.
Registre judiciaire/politique : Barabbas apparaît dans une procédure de relâchement d’un prisonnier à l’occasion d’une fête, au cœur d’un procès. Le contraste (coupable relâché / Jésus livré) se joue dans un cadre légal et public. Le mot est un repère narratif dans la scène du verdict.
Pour enseignants : montrer la force pédagogique : “à la place de”. Application : gratitude, humilité, et appel à recevoir l’innocent qui me remplace.
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Comme c’est un nom propre, on s’appuie sur ce que le texte dit : Barabbas est choisi par la foule et relâché par Pilate, tandis que Jésus est condamné. Ne pas construire des détails biographiques non donnés par Matthieu. Règle : rester factuel (prisonnier relâché à la place de Jésus) et laisser le récit porter le contraste.
Ne pas utiliser l’épisode pour accuser un peuple : le texte montre un processus historique. Rester centré sur Jésus : l’événement révèle la substitution, mais sans spéculation inutile sur Barabbas.
Pilatos — autorité romaine (acteur) ; katakrinō — condamner (action)
- Mt 27,16–26 — “Barabbas” (G912) : figure de substitution : le coupable libéré, l’innocent livré. L’indice est le choix de la foule. - Mt 27,16–26 — Option A (Barabbas = simple personnage) / Option B (Barabbas = contraste théologique) : le co-texte tranche vers B : il rend visible l’injustice et l’échange qui mène à la croix.