🇬🇷

faible — ἀσθενής — asthenes

Sens (principal)

Adjectif : faible, sans force, fragile, qualifiant une personne marquée par le manque de puissance, la maladie ou la vulnérabilité.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

Dans les évangiles, ἀσθενής (“faible”, “sans force”) décrit d’abord une condition de manque de puissance : faiblesse physique (maladie), fragilité, incapacité. La logique du passage contraint la nuance : parle-t-on d’une personne malade, d’une faiblesse sociale, ou d’une faiblesse plus générale ? Souvent, le contexte évangélique l’emploie dans le cadre de la souffrance corporelle : quelqu’un est faible, donc dépendant. Exégétiquement, ce mot met en lumière une vérité du royaume : Jésus se tourne vers les faibles, et la faiblesse devient le lieu où la puissance de Dieu se manifeste. La nuance utile est donc : sans force, fragile, dépendant. Pour comprendre, il faut suivre la scène : que fait Jésus face à la faiblesse ? guérit-il, relève-t-il, accueille-t-il ? Le mot aide à lire le contraste : ceux qui se croient forts résistent, ceux qui reconnaissent leur faiblesse reçoivent. ἀσθενής peut ainsi fonctionner comme catégorie spirituelle indirecte : non parce que la faiblesse est automatiquement “sainteté”, mais parce que la faiblesse expose le besoin. Exégétiquement, le terme protège contre une lecture triomphaliste : la vie de foi n’est pas fondée sur la force humaine. Le récit montre que la compassion de Jésus s’adresse à ceux qui n’ont pas de ressources. Le lecteur doit donc entendre la portée concrète : la faiblesse est réelle, et Jésus agit. Ainsi, ἀσθενής est un mot d’incarnation : il décrit une condition humaine où l’on ne peut pas se sauver soi-même. Et c’est précisément là que le royaume se révèle comme grâce. Le mot invite à lire la guérison non comme spectacle, mais comme restauration d’une vie fragile. La faiblesse, nommée, rend la grâce visible.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’univers biblique de l’Ancien Testament, la faiblesse humaine est reconnue : l’homme est poussière, fragile, et dépendant. Le repère principal est simple : Dieu se souvient de la faiblesse et il secourt. L’AT parle d’un Dieu qui relève le pauvre, qui soutient le faible, et qui entend le cri de l’affligé. Ce repère éclaire ἀσθενής : la faiblesse n’est pas seulement une déficience, elle est une situation qui appelle la compassion de Dieu. L’AT connaît aussi la maladie comme réalité de souffrance, parfois liée à la condition brisée du monde. Mais la ligne dominante, dans beaucoup de textes, est la pitié de Dieu : il guérit, il relève, il restaure. Si un écho est utile, il reste bref : Dieu soutient le faible et ne méprise pas l’affligé. Ainsi, dans les évangiles, nommer quelqu’un “faible” s’inscrit dans cette logique : Dieu se rapproche des fragiles. L’exégèse reste sobre : on suit la scène de guérison ou de compassion, mais l’arrière-plan AT donne la cohérence : le royaume de Dieu se manifeste par le relèvement du faible. La faiblesse devient aussi un lieu de vérité : elle empêche l’orgueil. L’AT montre que la force humaine est limitée, mais que la fidélité de Dieu est stable. ἀσθενής, dans ce cadre, rappelle que l’homme reçoit la vie comme don, et que Dieu se glorifie en relevant ceux qui n’ont pas de force.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Pour un lecteur moderne, “faible” peut être entendu comme une étiquette humiliante, ou comme un jugement moral (“faible caractère”). Le risque est de moraliser un terme qui, dans le récit, décrit souvent une condition de fragilité réelle. La clarification utile est : ἀσθενής signifie d’abord “sans force”, souvent dans un cadre de maladie ou d’incapacité. Exégétiquement, le texte met en avant la compassion : Jésus ne méprise pas la faiblesse, il la rencontre. Cela évite un contresens moderne : confondre faiblesse et faute. On reste descriptif : de quelle faiblesse parle le passage ? maladie, incapacité, dépendance ? Ensuite, on observe l’action : Jésus guérit, relève, accueille. Ainsi, ἀσθενής devient un repère de grâce : la relation à Dieu ne commence pas par la performance, mais par le besoin reconnu. Pour le lecteur moderne, c’est aussi une correction du culte de la force : le royaume valorise la restauration des faibles. Mais on ne fait pas de la faiblesse un idéal en soi ; on constate simplement que c’est là que la grâce est souvent reçue. Le mot invite à lire les évangiles comme des récits de relèvement : ce qui est faible est rendu capable de vivre. Et, sur le plan exégétique, il rappelle une vérité simple : Dieu s’approche des fragiles. La faiblesse n’est pas effacée par un discours ; elle est prise en compte par une action de compassion.

Courte description — (aide remplissage)

Adjectif qui décrit le manque de force. Dans le NT, il peut viser la maladie, la fragilité ou la vulnérabilité d’une personne dépendante d’un secours.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans les occurrences liées à cette fiche, ἀσθενής désigne tantôt la maladie concrète, tantôt une vulnérabilité humaine ou fraternelle que la grâce de Dieu et la patience croyante doivent prendre au sérieux.

Pièges lexicaux

Ne pas réduire le mot à une faiblesse morale honteuse. Ne pas oublier non plus la réalité concrète de la vulnérabilité dont parle souvent le terme.

Usage biblique (mini)

Le mot sert à désigner ceux qui manquent de force ou de ressources, et met souvent en lumière la grâce, la compassion ou l’attention requise envers eux.

Antonymes / contrastes (FR)

fort ; robuste ; capable

Synonymes / proches (FR)

faible ; fragile ; sans force

À ne pas confondre avec…

Une faute morale en soi. Le terme décrit d’abord une fragilité ou une vulnérabilité, non une culpabilité.

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Salut / grâce / foi
Nature
Adjectif
Versets clés (liste)

Lc 10,9 ; 1 Co 1,27 ; 1 Co 8,7–13 ; 1 Th 5,14

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G0772

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Lemme / racine (optionnel)

ἀσθενής

Prononciation — (aide remplissage)

as-thé-nès

Translit. — NOYAU

asthenes

Vérifiable
Champs sémantiques
GrâceFoi
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Option A : faiblesse physique, maladie, incapacité concrète. Option B : fragilité morale, sociale ou spirituelle. Les passages liés montrent plusieurs niveaux, mais toujours autour d’un manque de force réel. Le mot ne doit donc être ni moralement stigmatisé, ni vidé de sa vulnérabilité concrète.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Lc 10,1–12 : le mot apparaît dans le contexte des malades à guérir, avec une nuance très concrète de faiblesse ou maladie. - 1 Co 1,26–31 et 1 Co 4,6–13 : la faiblesse devient aussi catégorie paradoxale de l’action de Dieu, qui choisit ce que le monde juge faible. - 1 Co 8,7–13 et 1 Th 5,14 : le terme vise la vulnérabilité du frère ou celui qu’il faut soutenir avec patience. - La nuance dominante reste donc le manque de force réel, qu’il soit corporel, social ou de conscience.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot active un registre de fragilité, de dépendance et de compassion. Il appartient à l’univers de ceux qui n’ont pas la force de se soutenir eux-mêmes et qui deviennent souvent le lieu de la grâce ou de l’attention pastorale. L’adjectif garde une forte portée existentielle.