proclamer ; prêcher
κηρύσσω signifie « proclamer » : annoncer publiquement comme un héraut. Le verbe met l’accent sur la publicité et la clarté : la parole sort du privé et devient audible pour un auditoire. κηρύσσω n’est pas d’abord “discuter” ou “expliquer longuement”, mais déclarer un message au grand jour. Le garde‑fou est de ne pas réduire κηρύσσω à un format moderne unique (un sermon) ni de lui attribuer automatiquement un ton agressif. Le mot décrit une annonce assumée : le contenu est exposé, donc il peut être entendu, reçu ou contesté, mais il n’est plus caché. Ainsi, κηρύσσω sert à distinguer proclamation et murmure, public et secret. Il clarifie une dynamique : ce qui est proclamé devient vérifiable, parce qu’il est rendu public. Le verbe est donc un mot de visibilité et de responsabilité : proclamer, c’est mettre sa parole sur la place publique.
L’arrière‑plan biblique connaît la proclamation prophétique : la parole de Dieu est annoncée au peuple, publiquement. Cela éclaire κηρύσσω : une parole “de Dieu” n’est pas destinée à rester enfermée dans un cercle privé; elle est adressée, exposée, donnée. Le garde‑fou est de ne pas confondre proclamation et spectacle : la parole prophétique est souvent sobre, mais elle est publique. Le mot de vie auprès de Dieu est une clarté : la vérité se dit, elle n’est pas seulement intérieure. Proclamer demande aussi fidélité, car on ne proclame pas sa propre invention : on transmet ce qui est reçu. κηρύσσω aide ainsi à parler d’une responsabilité d’alliance : rendre audible ce qui est vrai, sans masque, sans manipulation. Le verbe rappelle un Dieu qui parle à un peuple, et qui met sa parole en circulation.
Aujourd’hui, “prêcher” peut évoquer un ton supérieur ou une moralisation. κηρύσσω corrige : il signifie d’abord proclamer publiquement. Le contresens moderne serait de confondre proclamation et imposition. Le verbe décrit une annonce rendue audible, pas une contrainte. Un autre contresens est de le réduire à une conversation privée : κηρύσσω suppose une parole exposée, assumable. Dans une culture de communication, cela éclaire : une parole publique engage, parce qu’elle peut être entendue et évaluée. Ainsi, κηρύσσω fournit un vocabulaire simple pour parler de visibilité : sortir des coulisses. Il aide à comprendre la différence entre une vérité murmurée et une vérité proclamée. Le mot rappelle enfin une sobriété : proclamer n’est pas “faire du bruit”, c’est dire clairement ce qu’on affirme.
Jean proclame un message public : la repentance, car le Royaume s’approche. (Mt 3,1–2)
Dans Mt 3,1, le verbe renvoie à une proclamation d’autorité : un héraut annonce ce que Dieu fait et demande.
Ne pas confondre avec « discuter/enseigner en classe ». κηρύσσω a l’idée d’une proclamation publique et d’autorité (comme un héraut). Le contenu peut être simple, mais il engage : il appelle à répondre.
Proclamer : annoncer publiquement. Dans Lc 12,3, l’idée est la publicité totale : ce qui est dit à l’oreille sera proclamé sur les toits. La proclamation devient le signe que rien ne reste caché.
taire, dissimuler
proclamer, annoncer publiquement, prêcher
διδάσκω — enseigner (explication, formation) ; εὐαγγελίζω — annoncer la bonne nouvelle (accent sur “bonne nouvelle”)
proclamer
Lc 12,3; Lc 12,8; Ac 2,14
G2784
κηρύσσω
ké-rüs-so
kēryssō
Option A : discuter/enseigner en privé ; Option B : proclamation publique (message à recevoir/rejeter). Le co-texte (désert, foules, « le règne s’est approché », envoi en mission) indique une annonce autoritative. Ne pas réduire à « prêcher = faire un sermon » : préciser le contenu proclamé dans la péricope (règne, repentance, jugement, bonne nouvelle).
- Mt 4,17 — “prêcher/proclamer” (G2784) : annoncer publiquement la venue du Royaume et appeler à la repentance. L’indice est “repentez-vous”. - Mt 10,7 — Option A (proclamer = parler) / Option B (proclamer = proclamation mandatée) : le co-texte tranche vers B : envoi des disciples avec message.
Registre proclamatoire et public : proclamer/prêcher = annoncer à haute voix un message officiel (règne, repentance), dans l’espace public. Dans Matthieu, ce verbe est central pour Jean et Jésus (annonce du règne) et pour la mission des disciples (annoncer).