Lc 12,1; Mt 23,27; Mt 15,7-9
G5330
Grec : Φαρισαῖος (Pharisaios) = « pharisien » (membre du groupe des Pharisiens).
L’arrière-plan biblique aide à lire Φαρισαῖος sans caricature. Les pharisiens appartiennent au monde d’Israël, où la Loi, la pureté, la prière, le sabbat et l’obéissance occupent une place centrale. Leur existence rappelle une vraie préoccupation : comment vivre fidèlement devant Dieu dans un contexte complexe ? La Bible valorise le désir d’obéir, de transmettre et de garder la parole de Dieu. Mais elle avertit aussi contre une fidélité devenue extérieure, une tradition qui masque le cœur ou une justice qui oublie la miséricorde. Les prophètes dénoncent précisément cette rupture entre pratique religieuse et vérité intérieure. Pour une prédication, cet arrière-plan donne l’équilibre. Il ne faut ni mépriser la recherche de sainteté, ni excuser l’hypocrisie quand le texte la dénonce. Φαρισαῖος devient alors un mot qui situe une tension biblique : zèle religieux, tradition, interprétation de la Loi, et nécessité d’un cœur vrai devant Dieu. Il faut aussi éviter toute généralisation contre le peuple juif. Le mot nomme un courant particulier, dans une histoire particulière. Il aide à parler de la fidélité et de ses déformations possibles, sans sortir de la précision biblique.
Φαρισαῖος désigne un pharisien, c’est-à-dire un membre d’un courant religieux juif du Ier siècle. Le mot fonctionne d’abord comme un nom de groupe. Il identifie une appartenance, un cadre social et une manière de lire la fidélité à Dieu. Sa logique n’est donc pas immédiatement morale. Le terme ne signifie pas « hypocrite » par définition ; c’est le contexte qui dira si une attitude est critiquée, discutée ou simplement mentionnée. Pour une prédication, ce garde-fou est important. Le mot situe des acteurs dans les récits : ils posent des questions, observent les pratiques, débattent de la Loi, défendent des traditions ou s’opposent parfois à Jésus. Il permet de comprendre que beaucoup de scènes ne sont pas des débats entre « religion » et « absence de religion », mais des discussions internes à l’univers biblique d’Israël. Le prédicateur doit donc expliquer Φαρισαῖος avec précision historique et sobriété. Le mot sert à identifier un groupe réel, non à fabriquer une caricature. Ensuite seulement, le passage peut montrer une tentation spirituelle : l’apparence, le contrôle, la dureté ou l’orgueil. Mais cette nuance vient du co-texte. Le mot lui-même demeure un repère d’appartenance religieuse.
Aujourd’hui, « pharisien » est souvent utilisé comme insulte pour désigner une personne hypocrite ou légaliste. Φαρισαῖος demande une correction. Le mot désigne d’abord un groupe religieux historique, non un défaut moral automatique. Pour une prédication, il faut donc commencer par l’identification : un pharisien est un membre d’un courant juif du Ier siècle, attaché à la Loi, aux traditions et à une certaine compréhension de la pureté. Ensuite, le passage peut critiquer une attitude particulière, mais cette critique doit être tirée du texte, non du cliché. Le contresens moderne le plus grave serait de transformer « pharisiens » en synonyme de « les Juifs » ou de religion mauvaise. Cela nourrit une lecture injuste et anti-judaïque. Le mot appelle au contraire une lecture précise : qui parle ? quel débat est en jeu ? quelle attitude est révélée ? La clarification utile est de distinguer le groupe historique et la tentation spirituelle que certains textes dénoncent. Oui, les évangiles peuvent montrer l’orgueil, l’hypocrisie ou la dureté religieuse. Mais ces thèmes doivent être expliqués comme des dangers du cœur humain, non comme une étiquette ethnique. Φαρισαῖος aide ainsi à prêcher avec vérité, nuance et responsabilité.
Dans Matthieu, les pharisiens apparaissent régulièrement comme contradicteurs : ils contestent Jésus, défendent des traditions, et peinent à reconnaître l’œuvre de Dieu. Jésus dénonce surtout une justice extérieure qui masque un cœur loin de Dieu.
Registre piété/autorité religieuse : le terme désigne les pharisiens, groupe influent dans la vie religieuse. Il active l’univers des traditions, de l’interprétation de la Loi et de la recherche de justice. Dans Matthieu, il sert souvent à mettre en lumière une justice externe qui peut manquer le cœur de Dieu.
Aperçu (très simple) - Mot : Φαρισαῖος - Idée centrale : “pharisien” = membre d’un courant religieux précis (repère historique). - Quand on se trompe : quand on utilise “pharisien” comme insulte générale au lieu de laisser le texte préciser l’attitude critiquée. Pensée grecque - Le mot identifie une appartenance (groupe), pas un jugement moral en lui-même. - Le passage doit dire ce qui est reproché (hypocrisie, traditions, etc.). Pensée hébraïque - La Bible vise la fidélité du cœur : une étiquette religieuse ne garantit pas la justice intérieure. - Lire avec prudence : éviter toute généralisation ou mépris d’un peuple. Pensée moderne - Ne pas confondre “pharisiens” avec “les Juifs” : c’est un groupe particulier. - Garder le terme comme repère, puis laisser le texte pointer ce qui est faux. Pièges à éviter - Anti-judaïsme, caricature, anachronisme. - Remplacer le mot par “hypocrite” si le passage ne le dit pas. Phrase prête à utiliser - « Φαρισαῖος identifie un courant religieux précis; le contexte dira ce qui est approuvé ou critiqué. » À distinguer (si le passage les oppose) - γραμματεύς : scribe (fonction). - Σαδδουκαῖος : sadducéen (autre courant).
pharisien; membre du groupe des pharisiens
Ne pas remplir “pharisien” comme simple insulte (“hypocrite”) : le co-texte précise le reproche (traditions, orgueil, fermeture du Royaume). Règle : relier le terme à ce que Jésus dénonce précisément dans le passage, et garder la cible : une religiosité qui remplace l’obéissance du cœur.
Éviter l’anti-judaïsme : les pharisiens sont un groupe historique précis, pas “les Juifs”. Ne pas caricaturer : Jésus critique un système et des attitudes (légalisme, orgueil), pas une ethnie.
γραμματεύς — scribe (fonction) ; Σαδδουκαῖος — sadducéen (autre courant)
- Mt 23 — “Pharisiens” (G5330) : groupe religieux associé aux scribes; Jésus critique l’hypocrisie et les fardeaux. L’indice est la série de “malheurs”. - Mt 5,20 — Option A (pharisiens = caricature) / Option B (pharisiens = référence concrète à une justice de façade) : le co-texte tranche vers B : “justice supérieure” vise le cœur, pas la performance.