Jésus déclare qu’il n’est pas venu abolir la Loi et les Prophètes, mais les accomplir. Il affirme que rien de la Loi ne disparaîtra tant que tout n’est pas accompli, soulignant l’autorité durable de la Parole de Dieu. Il distingue entre celui qui relâche les commandements et celui qui les pratique et les enseigne. Il conclut en exigeant une justice supérieure à celle des scribes et des pharisiens, condition d’entrée dans le royaume des cieux.
- Jésus parle de sa venue en relation à « la Loi et les Prophètes ». - Il nie explicitement être venu pour « abolir ». - Il affirme être venu pour « accomplir ». - Il lie la permanence de la Loi à l’accomplissement de « tout ». - Il mentionne « le ciel et la terre » comme repères. - Il distingue ceux qui relâchent/enseignent et ceux qui pratiquent/enseignent. - Il promet un statut (« petit » / « grand ») dans le royaume selon cette attitude. - Il exige une justice supérieure à celle des scribes et des pharisiens pour « entrer » dans le royaume.
Le passage vise à préciser la relation de Jésus à la Loi et aux Prophètes : il ne vient pas les abolir, mais les accomplir. Jésus affirme la permanence et l’autorité de l’Écriture jusque dans ses plus petits détails, et place ses disciples sous cette autorité. Il avertit que minimiser les commandements ou en relâcher la portée a des conséquences dans le royaume. Enfin, il pose l’exigence centrale qui encadre toute la suite du sermon : une justice qui dépasse celle des scribes et des pharisiens.
- Que signifie « accomplir la Loi » ? Clé : Jésus ne nie pas l’Écriture; il en est l’aboutissement et en dévoile la finalité. - Comment la Loi peut-elle « ne pas passer » et pourtant Jésus « accomplir » ? Clé : la permanence de la Parole n’exclut pas qu’elle trouve son plein sens en Jésus. - Que veut dire « justice plus grande » ? Clé : Jésus annonce une justice plus profonde que l’observance extérieure, qu’il va détailler ensuite.
Les auditeurs peuvent se demander comment comprendre Jésus par rapport à l’Écriture : est-il un réformateur qui abolit, ou celui qui accomplit ? Le texte répond à cette question en affirmant la permanence de la Loi et en posant un critère de vraie justice. Le problème sous-jacent est celui d’une justice religieuse suffisante en apparence, mais insuffisante pour entrer dans le royaume, que Jésus va ensuite exposer dans les antithèses (5,21ss).
Jésus accomplit la Loi et les Prophètes; il révèle la justice véritable attendue par Dieu et ouvre la compréhension du royaume sous son autorité.
Lu 24,44; Ro 10,4; Jr 31,33; Mt 23,23; Ga 3,24
- Aucun sentiment n’est nommé explicitement. - Le texte emploie des avertissements et des contrastes (« abolir/accomplir », « petit/grand ») sans attribuer d’émotions à un acteur. - La gravité est exprimée par la formulation solennelle (« en vérité, je vous dis ») plutôt que par un vocabulaire d’affects.
Ce passage suit les images du sel et de la lumière (Mt 5,13–16), où Jésus décrit l’identité visible des disciples. Il sert ensuite de transition vers une série d’enseignements introduits par « Vous avez entendu… mais moi je vous dis » (Mt 5,21ss). Après avoir affirmé son rapport à la Loi, Jésus applique cette justice supérieure à des domaines concrets (colère, convoitise, serments, vengeance, amour). Le texte joue donc le rôle de clé de lecture pour tout ce qui suit dans le sermon.
- Répétition de « Loi » et « Prophètes » (ensemble de l’Écriture). - Contraste explicite : « abolir » / « accomplir ». - Répétition du vocabulaire de permanence : « jusqu’à ce que… », « rien ne passera ». - Répétition de « commandements » (faire/enseigner). - Contraste : « plus petit » / « grand » (dans le royaume). - Formulation hyperbolique : « pas un iota, pas un trait ». - Répétition de « royaume des cieux » comme cadre. - Comparatif : « justice… plus grande que… ».
- « accomplir » : amener à sa finalité ce que Dieu avait annoncé/commandé. - « abolir » : supprimer/annuler; Jésus dit ne pas le faire. - « pas un iota » : rien, même le plus petit détail, n’est traité comme négligeable. - « relâcher » : diminuer la portée d’un commandement, comme s’il comptait moins. - « justice » : conformité réelle à Dieu; ici, elle doit dépasser la justice visible des religieux. - « entrer dans le royaume » : image d’appartenance réelle au règne de Dieu, pas seulement d’apparence.
Risque 1 : entendre « accomplir » comme « annuler » la Loi, alors que Jésus affirme sa validité et sa finalité en lui. Risque 2 : réduire l’exigence de justice à une performance morale, sans voir que Jésus prépare une justice plus profonde que celle des scribes/pharisiens (justice du royaume). Risque 3 : opposer Jésus et l’Écriture comme si Jésus autorisait à relativiser les commandements; le texte affirme au contraire leur permanence. Risque 4 : comprendre « le plus petit commandement » comme négligeable; Jésus lie même le « petit » à la fidélité au royaume.
La tension est entre une lecture qui pourrait croire que l’arrivée de Jésus rend la Loi secondaire, et l’affirmation de Jésus qu’il accomplit l’Écriture en lui donnant sa finalité. La visée est d’établir l’autorité durable de la Parole de Dieu tout en annonçant une justice du royaume plus profonde que la justice religieuse extérieure. Le passage place Jésus comme la clé d’accomplissement et comme celui qui définit la justice véritable attendue par Dieu.
Jésus commence par clarifier une accusation possible : il n’abolit pas l’Écriture, il l’accomplit. Il fonde ensuite cette affirmation par une déclaration de permanence (pas un iota ne passera tant que tout n’est pas accompli). Sur cette base, il tire une conséquence : l’attitude envers les commandements (relâcher/pratiquer et enseigner) a un impact sur la place dans le royaume. Enfin, il conclut par l’énoncé central qui ouvre la section suivante du sermon : l’entrée dans le royaume exige une justice « plus grande » que celle des scribes et des pharisiens.
—
Mt 5,17–20