boire; (fig.) recevoir, s’abreuver
πίνω signifie boire, et dans Luc 22 le verbe sert à encadrer le repas par une annonce eschatologique : Jésus déclare qu’il ne boira plus du fruit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu vienne. La logique de πίνω est donc ici temporelle et symbolique : l’acte concret de boire devient signe d’une communion interrompue puis accomplie. Exégétiquement, le verbe ne doit pas être isolé; il est lié à “jusqu’à” et au Royaume. Il marque une transition : la passion approche, la communion de table va être suspendue, mais elle sera reprise dans l’accomplissement. Plus loin, la “coupe” de Gethsémané montre un autre registre : boire la coupe comme image d’épreuve; cela crée une cohérence narrative dans le chapitre. Ainsi, πίνω relie table et passion : Jésus annonce un renoncement provisoire qui pointe vers la restauration finale. Le verbe aide à entendre que la Cène n’est pas seulement mémoire du passé, mais aussi orientation vers le futur du Royaume.
Boire, dans l’arrière-plan biblique, s’inscrit dans un langage de coupe et de repas qui touche l’alliance. La Pâque comporte un cadre festif et mémoriel : on boit en se souvenant d’une délivrance réelle, et le vin devient signe de joie donnée par Dieu. En même temps, l’AT utilise “la coupe” comme image de destinée : Dieu donne une coupe de bénédiction (part, héritage) ou une coupe de jugement (colère). Cette double dimension éclaire Luc 22 : la parole de Jésus sur “boire” se situe dans un repas d’alliance, mais elle est prononcée à l’approche de la passion. La pensée sémitique tient ensemble ces registres sans les confondre : le Messie annonce une communion future (“jusqu’au Royaume”) tout en entrant dans une coupe d’épreuve (Gethsémané). Boire, ici, devient donc un marqueur de l’histoire du salut : la joie de la table est momentanément suspendue parce que la délivrance doit passer par la souffrance assumée. Dans l’imaginaire biblique, ce mouvement correspond à une logique d’alliance : délivrance par le sang, puis festin de restauration. Ainsi, πίνω dans Luc 22 relie mémoire pascale, passion messianique et espérance du règne de Dieu, en restant ancré dans les images bibliques de coupe et de repas.
Le lecteur moderne peut réduire “boire” à un détail liturgique ou à un débat sur l’élément de la coupe. Luc 22 pousse ailleurs : l’acte de boire est encadré par une annonce “jusqu’au Royaume”, ce qui en fait un signe d’attente. Clarification : Jésus ne parle pas seulement d’un rite, mais d’une communion interrompue par la passion et promise dans l’accomplissement du règne de Dieu. L’exégèse gagne à suivre les marqueurs du texte : “je ne boirai plus… jusqu’à”, puis la parole sur la nouvelle alliance en son sang. Cela relie le présent (repas pascal) au futur (Royaume) et au cœur de l’événement (don du Messie). Pour la prédication exégétique, πίνω sert à montrer que la Cène est à la fois mémoire et anticipation : elle proclame une mort comprise comme alliance, et elle garde l’horizon d’une table du Royaume. On reste dans la logique lucanienne : table, promesse, passion, sans glisser vers une application sur les habitudes alimentaires ou la spiritualité en général.
Boire : prendre un liquide; (fig.) recevoir/participer (coupe, parole, vie). (Jn 4,14)
Dans Jn 4, boire l’eau vive signifie recevoir la vie éternelle offerte par Jésus : une source intérieure durable, pas un soulagement temporaire.
Dans Jn 6, “boire son sang” est une image forte de participation par la foi (pas à comprendre grossièrement). Toujours tenir compte du genre (discours, parabole, symbole).
Très fréquent : quotidien (manger/boire). Métaphores : eau vive (Jn 4; 7), coupe de souffrance (Mt 20; Jn 18), communion (Mt 26; 1 Co 11).
avoir soif; refuser; rejeter
boire; s’abreuver; ingérer; (fig.) recevoir
potizō (abreuver) : faire boire; potērion (coupe) : objet.
boire
Jn 4,14; Jn 7,37; Mt 26,27
G4095
forme prolongée de pio (selon lueur)
pee’-no
pino
Option A : boire au sens littéral (prendre une boisson). Option B : boire au sens figuré (participer à une “coupe”, recevoir la vie, s’approprier par la foi). L’indice est le complément : eau/vin/coupe = peut rester littéral; “boire ma coupe”/“boire son sang” = figure. Ne pas choquer inutilement : garder la métaphore du passage et son explication (Jn 6; Jn 4).
- Dans la Cène (Lc 22 / Mt 26), « boire » est littéral (vin) mais interprété : signe d’alliance et attente du Royaume. - Dans Jn 4/7, « boire » devient image de recevoir la vie donnée par Jésus (eau vive).
Registre repas/communion : boire (vin, eau) dans un cadre quotidien ou cultuel (coupe). Dans la Cène, le verbe prend un relief d’alliance (coupe) et d’annonce du Royaume (banquet à venir).