Femme, épouse
γυνή désigne une femme, et selon le contexte une épouse. Le mot demande donc une lecture relationnelle : parle-t-on d’une femme en général, d’une épouse, d’une mère, d’une veuve, d’une interlocutrice, ou d’un groupe de femmes ? Le grec ne résout pas tout par lui-même ; le co-texte fixe la nuance. La présence d’un mari, d’un langage matrimonial ou d’une relation domestique peut orienter vers « épouse ». Dans d’autres scènes, le sens simple « femme » suffit. Le piège serait de traduire mécaniquement sans observer la relation décrite. γυνή peut aussi fonctionner comme repère narratif : une femme voit, parle, pleure, témoigne, demande, sert ou reçoit une parole. Le mot ne doit pas être chargé d’une théorie générale sur « la femme » à partir d’un seul passage. Il faut regarder son rôle précis dans la scène. Le terme aide ainsi à maintenir l’attention sur les personnes concrètes et les relations. Dans les récits évangéliques, il peut aussi signaler la place de femmes témoins, disciples ou interlocutrices. γυνή est donc un mot simple, mais il exige une précision contextuelle.
L’arrière-plan biblique emploie les catégories de femme, épouse, mère, fille, veuve ou servante pour situer les personnes dans des relations concrètes. La pensée biblique ne parle pas de l’être humain comme d’un individu abstrait : elle le situe dans une famille, une ville, une alliance, une vulnérabilité ou une responsabilité. γυνή peut donc être éclairé par cet univers relationnel. Mais il faut éviter d’appliquer un modèle unique à tous les passages. Une femme peut être épouse dans un contexte matrimonial, témoin dans un récit de résurrection, bénéficiaire d’une guérison, ou destinataire d’une parole prophétique. L’Ancien Testament connaît aussi des femmes qui jouent un rôle décisif dans le témoignage, la sagesse, la prière, le deuil ou la délivrance. Cet arrière-plan aide à ne pas réduire le mot à un statut social. Il invite à regarder la fonction narrative et relationnelle donnée par le texte. γυνή peut signaler la fragilité d’une situation, mais aussi la dignité d’une personne nommée ou reconnue. Le mot rappelle que la Bible attache de l’importance aux relations concrètes et aux voix parfois marginalisées, sans effacer les distinctions de contexte.
Un lecteur moderne peut projeter sur γυνή des débats contemporains ou des stéréotypes anciens. La première clarification est grammaticale et contextuelle : le mot peut signifier femme ou épouse, selon le passage. Il ne faut pas décider à partir d’une idée générale, mais à partir des indices du texte. Le contresens serait de construire une doctrine générale sur les femmes à partir d’une occurrence isolée. Un autre contresens serait de rendre « épouse » là où le passage parle simplement d’une femme, ou inversement. Pour lire correctement, il faut demander : quelle relation est indiquée ? quels personnages entourent cette femme ? quel rôle joue-t-elle dans la scène ? Cette méthode permet de respecter le texte et la personne. Dans les Évangiles, des femmes peuvent être témoins, interlocutrices, disciples, mères, malades, endeuillées ou annonciatrices. γυνή n’efface pas cette diversité ; il l’introduit. Pour une lecture occidentale, le mot rappelle que l’exégèse doit éviter les catégories toutes faites. Il faut partir du passage : une femme précise, dans une scène précise, avec une fonction précise. C’est cette précision qui protège contre les généralisations abusives.
Femme/épouse : terme pour femme, parfois spécifiquement épouse, selon contexte.
Femme ; épouse selon contexte.
Traduire mécaniquement ; discerner femme vs épouse selon contexte.
Récits ; mariage ; communauté ; paraboles.
homme (anēr)
femme, épouse
parthenos (vierge) ; thygatēr (fille)
femme
Jn 4.17-18; Ep 5.22; Mt 5.28
G1135
γυνή
gu-nê — « gu-nè » (approx.)
gynē
Option A : femme au sens général ; Option B : épouse. Le co-texte (mari, divorce, union, « sa femme ») impose parfois le sens d’épouse. Ne pas projeter un rôle : décrire la fonction dans la scène (épouse, mère, interlocutrice) telle que le texte la donne.
- Mc 16,1–8 — γυνή, dans le réseau des péricopes miroir, peut désigner des femmes comme témoins du tombeau, du deuil ou de l’annonce. L’indice est leur action : regarder, acheter des aromates, venir au tombeau, entendre l’annonce. - Miroir technique : selon les passages, γυνή peut signifier femme, épouse, représentante d’un groupe, ou témoin nommé/collectif. La nuance dépend des déterminations : nom propre, lien familial, ville d’origine, posture de deuil, ou rôle dans le témoignage. - Garde-fou : ne pas réduire le mot à une catégorie générale “femme”. Dans les récits pascals, les femmes sont souvent des témoins narratifs identifiables; leur présence structure la mémoire du tombeau et de l’annonce.
Registre social et familial : « femme » peut désigner une femme adulte, ou une épouse selon la scène (mariage, foyer). Dans Matthieu, le terme sert souvent à situer des relations (épouse/mari) ou des personnes rencontrant Jésus (mère, femme malade, etc.).