À partir de la sixième heure, les ténèbres couvrent le pays jusqu’à la neuvième; le voile du temple se déchire. Jésus crie : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » et expire. Le centurion glorifie Dieu et reconnaît la justice de Jésus; les foules repartent en se frappant la poitrine, tandis que ses proches se tiennent à distance. La mort est présentée comme un acte de confiance filiale.
- Les ténèbres couvrent le pays de la sixième à la neuvième heure (v. 44). - Le voile du temple se déchire au milieu (v. 45). - Jésus crie d’une voix forte : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (v. 46). - Ayant dit cela, il expire (v. 46b). - Le centurion glorifie Dieu et dit : « Certainement cet homme était juste » (v. 47). - Les foules repartent en se frappant la poitrine (v. 48). - Ses proches et les femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée se tiennent à distance et regardent (v. 49).
L’angle de cette péricope est de montrer la signification cosmique et cultuelle de la mort de Jésus, marquée par les ténèbres et le déchirement du voile du temple. Elle met en lumière la souveraineté filiale de Jésus qui remet son esprit au Père, révélant que sa mort est un acte de confiance et d’accomplissement. Le texte présente la réaction du centurion païen qui glorifie Dieu et reconnaît la justice de Jésus, annonçant l’ouverture du salut aux nations. La visée est christocentrique : par sa mort, le Juste ouvre l’accès à Dieu et provoque la reconnaissance de ceux qui l’entourent.
Question : pourquoi Luc mentionne-t-il seulement le centurion et pas la foule qui glorifie Dieu ? Clé : Luc met l’accent sur la reconnaissance du juste par un païen, annonçant l’ouverture du salut aux nations. Question : que signifie le déchirement du voile « au milieu » ? Clé : c’est une ouverture complète et radicale, indiquant que la séparation entre Dieu et l’humanité est abolie par la mort de Jésus. Question : pourquoi les proches se tiennent-ils à distance ? Clé : c’est le signe de leur peur et de leur impuissance, mais aussi de leur fidélité silencieuse ; Luc prépare leur rôle au tombeau et à la résurrection.
Le problème est que Jésus meurt dans l’obscurité, abandonné de ses proches, après avoir été rejeté par tous. La question est : qui est-il vraiment à l’heure de sa mort ? La réponse vient des signes célestes, du voile déchiré et de la bouche du centurion : c’est le Juste dont la mort ouvre le chemin vers Dieu.
Le Messie donne sa vie et ouvre l’accès à Dieu : par sa mort, Jésus accomplit le salut et révèle la justice divine.
Ps 31,6; Mt 27,45–54; Mc 15,33–41; He 10,19–20; Es 53,10–12
- Jésus : calme et confiance (remet son esprit au Père, v. 46). - Le centurion : étonnement, glorification de Dieu, reconnaissance de la justice (v. 47). - Les foules : deuil, repentance (« se frappaient la poitrine », v. 48). - Les proches et les femmes : présence silencieuse, tristesse implicite (« se tenaient à distance », v. 49).
Avant : Jésus est crucifié entre deux malfaiteurs, pardonne ses bourreaux, est moqué par tous et affirme son royaume au bon larron qui se repent (Lc 23,32–43). Cette péricope se situe immédiatement après l’échange avec le bon larron et la promesse du paradis. Après : les femmes suivent pour voir où est mis le corps, Joseph d’Arimathie demande la dépouille à Pilate et Jésus est mis dans un sépulcre neuf où les femmes se préparent à embaumer (Lc 23,50–56). Luc présente ainsi la mort de Jésus comme l’accomplissement qui prépare la résurrection.
- « Père » répété dans la dernière prière (v. 46), écho de la première parole sur la croix (v. 34). - « Ténèbres » / « voile » : deux signes cosmiques et cultuels liés. - « Glorifier Dieu » : réaction du centurion, unique mot de louange dans ce passage. - « Frapper la poitrine » : geste rituel de deuil répété chez les foules. - « Lui » / « cet homme » : le centurion désigne Jésus comme « juste », contrastant avec le rejet précédent.
Ténèbres : obscurité qui couvre le pays, signe de deuil et de jugement divin. Voile : rideau du temple qui se déchire, signe que l’accès à Dieu est maintenant ouvert. Remets : Jésus confie son esprit au Père, acte de confiance et de souveraineté. Juste : le centurion reconnaît l’innocence de Jésus, contrairement aux accusations. Frapper la poitrine : geste de deuil et de repentance des foules. Expire : Jésus rend son dernier souffle, accompliant sa mission.
Risque 1 : interpréter les ténèbres comme une éclipse astronomique sans voir leur signification théologique (jugement, deuil de la création). Risque 2 : lire le déchirement du voile comme une simple catastrophe architecturale sans voir l’ouverture de l’accès à Dieu par la mort de Jésus. Risque 3 : comprendre « je remets mon esprit » comme une résignation passive sans voir l’acte de confiance filiale et de souveraineté.
La tension est entre l’apparence d’abandon (Jésus meurt seul, ses proches à distance) et l’accomplissement divin (les signes célestes et le voile ouvert). La visée est de montrer que la mort de Jésus est un acte de souveraineté filiale qui ouvre l’accès à Dieu et provoque la reconnaissance du juste par le païen (centurion).
Signe cosmique (ténèbres) → signe cultuel (voile déchiré) → parole de Jésus (remise de l’esprit) → mort → réaction du centurion (reconnaissance) → réaction des foules (deuil) → présence des proches et des femmes à distance.
Golgotha; temple (mention)
Lc 23,44–49