Jour
ἡμέρα est un repère de temps très concret (“jour”), mais le grec biblique l’emploie souvent pour structurer un raisonnement : aujourd’hui/demain, ce jour-là, le troisième jour, etc. La logique dépend donc du co-texte : est-ce un jour ordinaire (chronologie), un “jour” déterminant (moment clé), ou une expression plus large (“au jour de…”). Dans les passages de la passion, le “jour” sert souvent à ancrer l’événement dans une temporalité réelle : cela arrive à un moment précis, dans l’histoire. Le mot peut aussi porter une tension narrative : un jour de jugement, un jour de salut, un jour où quelque chose bascule. Ainsi, ἡμέρα n’est pas seulement “durée”, mais un marqueur qui organise la lecture et l’attente.
Dans l’AT, “le jour” est fréquemment chargé : jour de fête, jour de détresse, “jour de l’Éternel” (jugement et salut). Cet arrière-plan aide à entendre qu’un “jour” peut devenir une catégorie théologique : Dieu agit dans “un jour” qui révèle, juge, délivre. La pensée sémitique relie aussi le jour à la lumière : jour/ténèbres (création, chaos, jugement). Selon le passage, le jour peut être simplement calendrique, ou être un “temps fixé” où Dieu accomplit sa parole. Dans Luc 23 (et plus largement dans la passion), l’événement se présente comme un “jour” décisif où Dieu accomplit son dessein au milieu des actions humaines.
On lit souvent “jour” comme un simple repère chronologique sans portée. Bibliquement, un “jour” peut être un moment historique réel, mais aussi un temps de visitation : un jour où Dieu juge ou sauve. La clarification utile est de ne pas charger chaque occurrence automatiquement : parfois c’est juste une date, parfois c’est un “jour” décisif (jour de détresse, jour du salut). Pour le lecteur moderne, le mot rappelle que l’Évangile n’est pas un mythe intemporel : il s’inscrit dans des jours précis, et ces jours peuvent devenir des tournants. On garde donc une lecture attentive au co-texte : quel “jour” est en jeu ici, et pourquoi Luc le mentionne ?
Jour : jour (24h) et, selon contexte, « jour du Seigneur » (dimension eschatologique).
Jour : unité de temps ; parfois jour déterminant (jour du Seigneur).
Rendre tout eschatologique ; le contexte distingue jour ordinaire et jour théologique.
Chaque jour ; aujourd’hui ; jour du Seigneur ; dernier jour.
nuit
jour
chronos (durée) ; kairos (moment opportun)
jour
He 3.13; 1 Th 5.2; Jn 11.24
G2250
ἡμέρα
hé-MÉ-ra
hēmera
Option A : “jour” = repère chronologique simple. Option B : “jour” = jour décisif / théologique (jour du Seigneur, visitation, jugement/salut). Le co-texte décide : si le passage donne une date ou une durée, c’est A; s’il parle d’un “jour” attendu (jugement/salut), c’est B. Dans Lc 2, le co-texte est narratif (décret, déplacement, naissance) : on reste sur A (repère temporel) sauf indication contraire. Ne pas rendre eschatologique par défaut.
[Lc 23,26-49] G2250 ἡμέρα : dans Luc 23, le jour de la crucifixion est le jour où le soleil s’éclipse (v.45 : « il y avait obscurité sur toute la terre jusqu’à la sixième heure »). Le grec utilise le mot pour une unité de temps qui devient eschatologique : le jour du Seigneur, attendu comme jour de jugement et de salut, arrive dans l’obscurité de midi. Luc présente ce jour comme l’accomplissement de la Pâque : l’Agneau est immolé, le voile se fend, le centurion confesse. L’hébreu יוֹם (jour) dans les prophètes annonce un jour de l’Éternel qui éclipse le soleil (Am 8,9 ; Joë 2,31). Le jour de Lc 23 est donc le jour nouveau de la création : dans l’obscurité, Dieu inaugure la lumière du paradis (v.43).
Registre temporel/chronologique : repère de temps (un jour, des jours, durée). Selon le passage, “jour” peut rester purement narratif (calendrier, durée) ou devenir un repère théologique (jour de visitation/jugement/salut) — mais c’est le co-texte qui impose ce second niveau. Ici, on commence par le sens concret de repère temporel et on ne théologise que si le passage le fait.