Juger, discerner, décider.
κρίνω signifie juger, discerner, décider, et selon contexte cela peut être (1) juger en condamnant, (2) juger en évaluant, (3) trancher une affaire. Dans Lc 22,30, l’image de “juger les douze tribus” utilise κρίνω dans une logique d’autorité eschatologique : participer au règne implique une fonction de jugement/administration. Le verbe, ailleurs (Jn 7,24), est explicitement orienté vers le discernement juste : ne pas juger selon l’apparence, mais juger avec justice; κρίνω devient alors un appel à une évaluation correcte. Dans Paul (Rm 2; 1 Co 11), le verbe sert à exposer la responsabilité morale : juger autrui sans se juger soi-même, ou se juger pour ne pas être jugé; le terme structure des raisonnements éthiques. Logiquement, κρίνω est un verbe de décision : il met en jeu un critère et une conclusion. Dans l’ensemble, il oblige à distinguer jugement juste et jugement hypocrite, discernement nécessaire et condamnation abusive. Pour Luc 22, le mot aide à lire la promesse : l’autorité future est liée au Royaume disposé par Jésus, et elle suit le modèle du Roi-serviteur, non la domination des nations.
Le jugement, dans la Bible, appartient d’abord à Dieu : il juge avec justice, défend le faible, et établit le droit. La pensée sémitique ne réduit pas juger à condamner; juger, c’est aussi trancher, discerner, gouverner. Les juges d’Israël et les rois sont appelés à rendre justice au nom du Seigneur, et les prophètes dénoncent les jugements corrompus. Dans ce cadre, la promesse de Luc 22 (juger les douze tribus) s’inscrit dans une logique eschatologique : au terme, Dieu établit un ordre juste, et les disciples participent à cette administration sous le règne du Messie. Cette participation doit être comprise à la lumière du Roi-serviteur : l’autorité future ne contredit pas le service, elle le confirme comme forme de règne. Ainsi, κρίνω renvoie à un horizon d’alliance restaurée : Dieu rend justice, et son peuple est associé à son règne, non comme dominateur, mais comme serviteur fidèle dans un jugement juste.
Clarification utile : “juger” dans Luc 22,30 ne signifie pas d’abord “critiquer”, mais participer à une fonction d’administration/justice dans le Royaume. Le contexte empêche une lecture orgueilleuse : Jésus vient d’interdire la domination et de placer le service au centre. Ainsi, l’autorité promise (juger, trônes) est une autorité reconfigurée par le Roi-serviteur. En prédication exégétique, κρίνω sert à montrer cette tension : promesse d’autorité future, mais forme actuelle d’humilité; et le texte appelle à distinguer jugement juste (selon Dieu) et esprit de condamnation (dénoncé ailleurs). Le mot aide donc à lire la promesse comme participation au règne de Dieu, non comme permission de dominer. Autre précision : le jugement promis est associé à la fidélité “avec Jésus” dans l’épreuve, ce qui relie la fonction future à une transformation présente du cœur. Cela garde l’exégèse ancrée dans la logique du passage : Jésus forme des disciples pour régner avec lui selon son modèle, pas selon celui des nations.
Juger: discerner, évaluer, rendre une décision (souvent judiciaire).
Le jugement biblique vise la vérité et la justice; le contexte distingue discernement nécessaire et condamnation orgueilleuse.
Le contexte peut viser “juger” (tribunal) ou “discerner”. Traduire selon passage.
Jugement de Dieu; discernement; avertissement contre le jugement hypocrite.
ignorer; être partial
juger; discerner; décider; évaluer
katakrinō (condamner) : krinō peut être discernement/décision sans condamnation
juger
Jn 7,24; Rm 2,1–3; 1 Co 11,31
G2919
krisis (jugement)
kri-nō
krinō
Le co-texte distingue : Jésus interdit de “condamner” hypocritement (Mt 7), mais d’autres textes commandent de discerner justement (Jn 7,24). Règle : regarder si le passage dénonce l’hypocrisie (poutre/paille) → jugement-condamnation; si le passage parle de justice/vérité → discernement juste.
- Mt 7,1–5 — “juger” (G2919) : le verbe vise une condamnation hypocrite qui se place au-dessus de l’autre. L’indice est l’avertissement sur la mesure et l’image poutre/paille. - Mt 25,31–46 — Option A (jugement humain) / Option B (jugement royal du Fils de l’homme) : le co-texte tranche vers B : trône, nations, séparation, verdict. Le mot désigne un acte souverain, pas une opinion.
Registre jugement/discernement : le verbe signifie juger, décider, trancher, avec un arrière-plan juridique. Il active l’univers de l’évaluation (tribunal) et, dans l’enseignement de Jésus, le danger de la condamnation orgueilleuse. Le mot touche à la vérité, mais aussi à l’attitude du cœur.