Hébreu : Yehûdāh = « louange (à l’Éternel) ». Grec : Ἰούδας (forme grecque).
Ἰούδας est le nom de Judas. Dans Lc 22,47–48, Judas arrive en tête et s’approche de Jésus pour le baiser, et Jésus dévoile la nature de l’acte : “Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ?” Exégétiquement, le nom Judas fonctionne comme repère de la trahison interne : l’opposition ne vient pas seulement de l’extérieur, elle surgit du cercle proche. La logique narrative accentue le contraste : le baiser est un signe de proximité, mais il devient signe de livraison. Judas, par son action, déclenche l’arrestation, mais Jésus reste maître du sens : il nomme la trahison et il refuse la violence. Ainsi, Judas est un personnage-charnière : il révèle l’accomplissement douloureux de l’heure, et il met en scène une rupture au cœur de la communion. Le récit ne s’intéresse pas à sa psychologie, mais à la fonction narrative : le traître identifie Jésus et le remet aux autorités.
La Bible connaît la douleur du traître proche : “mon ami, mon intime… a levé le talon contre moi” (motif des psaumes). La pensée sémitique comprend la trahison comme rupture d’alliance : l’infidélité surgit dans la proximité. Dans Luc 22, Judas utilise un signe de paix (baiser) pour livrer le Messie, ce qui intensifie l’injustice : la trahison prend la forme d’un geste qui devrait signifier communion. Cela rejoint le motif biblique du juste persécuté par un proche et livré aux impies. La pensée d’alliance entend aussi la gravité : livrer le Messie n’est pas un simple échec relationnel, c’est une rupture qui s’inscrit dans une histoire où Dieu accomplit néanmoins son dessein. Ainsi, Judas devient un signe narratif du mal qui s’infiltre au cœur du peuple, et du Messie qui traverse cette nuit pour accomplir le salut.
On peut réduire Judas à un “méchant” caricatural, ou au contraire psychologiser son geste au point de diluer la responsabilité. Luc 22 garde une sobriété : Judas agit, il livre, et Jésus nomme la trahison. Clarification : le texte met en relief la contradiction entre le signe (baiser) et l’acte (livrer). Pour la prédication exégétique, Judas aide à lire la passion comme un drame de proximité : la trahison surgit dans le cercle des disciples, et Jésus la traverse sans violence, en accomplissant les Écritures. On reste dans le récit : arrivée de Judas, baiser, parole de Jésus, arrestation, et “heure des ténèbres”.
Nom propre fréquent : Juda/Judas/Jude selon le contexte (tribu, personnes).
Dans Marc, Ἰούδας désigne Judas; le plus souvent Judas Iscariot dans les scènes menant à la passion.
Réduire le récit à un ‘stéréotype’ : rester sur ce que Marc dit (actes, motivations implicites).
Nom propre; dans Marc, Judas Iscariot est celui qui trahit Jésus et conduit à l’arrestation.
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Judas
Judas Iscariot vs Jude (Jn 14,22) vs Juda (tribu/région) ; Ioudaïos = Juif (autre terme)
Judas
Mc 3,19; Mc 14,10-11; Mc 14,43-46
G2455
Nom hébreu Yehudah (יְהוּדָה)
ee-oo-das'
Ioudas
Toujours vérifier de quel Judas il s’agit : Judas Iscariot (traître) vs un autre Judas (nom courant). Dans Marc, G2455 renvoie souvent à Judas Iscariot, mais la scène précise l’identité (les Douze, trahison).
La mention “l’un des Douze” accentue la gravité : trahison depuis l’intérieur.
Registre identité/personnage : nom d’un individu, souvent dans le cercle des disciples. Dans Marc, associé à la trahison et à l’arrestation, révélant le conflit interne autour de Jésus.