faire trébucher ; scandaliser ; être une cause de chute
Le verbe skandalizō signifie “faire trébucher / faire tomber / devenir une cause de chute”, et au passif “être scandalisé” = trébucher à cause de quelque chose. Dans Mt 11,6, Jésus dit : “Heureux celui pour qui je ne serai pas une cause de chute.” Le grec montre que l’obstacle n’est pas un simple choc émotionnel : c’est le risque de se détourner de Jésus parce qu’il ne correspond pas aux attentes. Le verbe met en lumière une dynamique : on peut reconnaître Jésus en théorie, mais trébucher sur sa manière d’agir (douceur, temps d’attente, croix). Skandalizō sert donc à avertir : ne laisse pas tes attentes te faire tomber. Il clarifie aussi la bénédiction : persévérer dans la foi quand Dieu agit autrement que prévu. Ainsi, le mot pointe vers une foi qui accepte le Messie tel qu’il est, pas tel qu’on l’imagine.
L’arrière-plan biblique parle de la “pierre” : Dieu peut être pierre de salut ou pierre d’achoppement selon la réponse du cœur. Les prophètes annoncent un Messie rejeté, humble, et pourtant victorieux. Cela éclaire la scène avec Jean-Baptiste : l’attente d’un jugement immédiat peut rendre perplexe quand Jésus vient d’abord pour guérir et sauver. Dans la pensée hébraïque, trébucher n’est pas une petite erreur : c’est refuser la manière de Dieu. Skandalizō résonne donc comme un appel prophétique : ne rejette pas l’œuvre de Dieu parce qu’elle ne ressemble pas à ton scénario. L’arrière-plan de l’obéissance et de la confiance (même dans l’incompréhension) donne la profondeur : la foi se tient à la Parole de Dieu.
Nous disons “être scandalisé” pour dire “être choqué”. Ici, c’est plus fort : c’est trébucher au point de se détourner. La clarification utile : on peut trébucher sur Jésus non parce qu’il est mauvais, mais parce qu’il n’entre pas dans nos attentes. Skandalizō aide à lire Mt 11 : Jésus appelle à une foi qui persévère, même quand le Messie vient avec douceur et non avec un triomphe immédiat. Il faut éviter de culpabiliser Jean : le texte encourage surtout à tenir ferme. Le mot rend simple l’appel : ne laisse pas tes attentes t’éloigner de Jésus.
Ne pas être “scandalisé” par Jésus : ne pas trébucher sur sa manière d’agir. (Mt 11,6)
Dans Mt 11,6, Jésus répond aux questions de Jean : le danger n’est pas seulement l’épreuve, mais de “trébucher” sur le Messie parce qu’il vient avec douceur, guérison et annonce — et non selon un scénario de puissance immédiate. La bénédiction est pour celui qui persévère sans se détourner.
Ne pas confondre avec un simple “choqué”. Le verbe parle d’un trébuchement spirituel (chute, rejet, piège). Dans Mt 11,6, l’enjeu est la foi persévérante malgré l’épreuve et les attentes contrariées.
Peut décrire (1) le fait d’être une cause de chute pour autrui, ou (2) le fait de trébucher dans la foi à cause d’un obstacle. Souvent lié au scandale de Jésus ou à la tentation.
tenir ferme, persévérer, croire
faire tomber, être une pierre d’achoppement, trébucher
σκάνδαλον — piège/pierre d’achoppement (nom) ; πειράζω — tenter/éprouver (processus)
faire tomber
Mt 11,6 ; Mt 13,57 ; Mt 18,6
G4624
skandalon (piège / pierre d’achoppement)
skan-da-li-dzo
skandalizō
Le co-texte fixe la nuance : en Mt 11,6 (“heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute”), le verbe vise le fait de buter sur Jésus à cause d’attentes déçues. En Mt 18, il vise faire tomber un “petit” (influence). Donc ne pas réduire à “être choqué”. Règle : repérer l’objet du trébuchement (Jésus / un petit / une situation) et si le verbe est actif (faire tomber) ou passif (trébucher soi-même).
- Mt 18,6–9 — “faire tomber” (G4624) : le verbe exprime faire trébucher/spiritualiser un piège qui entraîne au péché. L’indice est l’avertissement sur les “petits” et la gravité. - Mt 18,6–9 — Option A (offenser légèrement) / Option B (entraîner à la chute) : le co-texte tranche vers B : la sanction imagée (meule) montre une chute grave.
Registre trébuchement/rupture : le verbe décrit le fait de faire trébucher (occasion de chute) ou de “se scandaliser” (buter intérieurement contre quelqu’un/quelque chose). Dans Matthieu, il touche au registre de la foi mise à l’épreuve : être offensé par Jésus ou par l’Évangile, ou entraîner un autre à tomber. Il active l’univers du piège et de la réaction du cœur.