Faire
ποιέω signifie faire, produire, accomplir ou réaliser. Le verbe est très large, et son sens précis dépend presque toujours de son objet : faire quoi ? une œuvre, un signe, la volonté, un fruit, une action, une loi, un repas, une parole ? Sa logique est celle de l’effectivité. Ce qui est ποιέω passe de l’intention, de la parole ou de la possibilité à une réalité accomplie. Pour l’exégèse, le mot devient important lorsqu’il est mis en contraste avec dire, entendre, connaître ou vouloir. Il montre alors que le texte ne considère pas seulement un discours, mais une action effective. Il faut éviter deux réductions : traduire “faire” de manière trop vague, ou en faire automatiquement un appel moral généralisé. Le contexte décide si le verbe indique une action ordinaire, une pratique religieuse, une œuvre de puissance, une obéissance ou une production. ποιέω aide le prédicateur à suivre le lien entre parole et acte, intention et résultat, commandement et pratique. Le mot n’explique pas tout seul la théologie du passage; il rend visible l’action concrète que le texte évalue.
Dans l’Ancien Testament, “faire” est un verbe d’alliance très important. Israël est appelé à faire les commandements, à faire ce qui est droit, à faire mémoire, à faire selon la parole de l’Éternel. L’action n’est pas séparée de l’écoute : entendre la parole de Dieu conduit normalement à une pratique visible. Cet arrière-plan éclaire ποιέω. Le verbe ne signifie pas seulement s’agiter ou accomplir une performance; il peut exprimer une réponse concrète à une parole reçue. La pensée hébraïque unit volontiers parole et acte : Dieu parle et fait; l’humain entend et fait. Pour le prédicateur, cette toile de fond aide à éviter le moralisme. “Faire” ne doit pas être détaché de la parole, de l’alliance et de l’identité devant Dieu. Il faut demander : quelle action le texte nomme-t-il ? répond-elle à une volonté de Dieu, produit-elle un fruit, manifeste-t-elle une fidélité ou une opposition ? ποιέω devient alors un mot de cohérence. Il relie la vérité proclamée à la réalité pratiquée, sans réduire la foi à une simple activité humaine ni dissocier l’obéissance du Dieu qui parle.
Le lecteur moderne peut entendre “faire” comme une invitation à produire, performer ou se rendre utile. ποιέω demande une lecture plus précise. Le verbe signifie faire ou accomplir, mais il ne dit pas encore ce qui est juste ou mauvais; l’objet et le contexte le déterminent. La clarification utile est donc de poser la question grammaticale avant toute conclusion : que fait-on ? pourquoi ? avec quel rapport à la parole entendue ? Le contresens serait de transformer chaque occurrence en slogan d’activisme. Un autre contresens serait de banaliser le verbe comme s’il ne faisait que remplir la phrase. Dans de nombreux textes, ποιέω révèle la cohérence ou l’incohérence entre ce qui est dit et ce qui est effectivement réalisé. Pour l’exégèse, il aide à distinguer parole, intention, écoute et pratique. Le prédicateur peut ainsi montrer la structure du texte sans application forcée : le verbe indique l’action que l’auteur met en avant. Dans une culture qui valorise l’efficacité, ποιέω rappelle que l’action biblique doit être définie par son objet et sa source. Il ne s’agit pas seulement de faire plus, mais de comprendre ce que le texte appelle “faire”.
Faire : produire, accomplir, pratiquer. Très fréquent (faire la volonté, faire le bien, etc.).
Faire/accomplir : réaliser une action, produire, pratiquer.
Réduire à un “faire” neutre (alors que le passage peut opposer dire/faire). Moraliser hors contexte (“fais plus”) au lieu de suivre la logique du texte (obéissance, fruit, conséquence).
Très fréquent. Sert à parler d’actions concrètes (“faire”) mais aussi d’un agir moral/évaluatif (“faire la volonté”, “faire le bien”). Le co‑texte précise l’objet et la logique (dire vs faire; croire vs faire; faire un signe vs faire la volonté).
détruire, ne pas faire
faire, accomplir, pratiquer
ergazomai (travailler) ; prassō (pratiquer) : nuances
faire
Mt 7.21; Jn 13.17; Jc 1.22
G4160
ποιέω
poi-É-ô
poieō
Ne pas réduire à “faire” vague : le co-texte précise si c’est accomplir un commandement, produire un fruit, réaliser une œuvre. Dans Mt 7, l’opposition dire/faire est centrale : faire = obéir. Règle : identifier l’objet (volonté, œuvre, justice) pour préciser la nuance.
[Lc 23,26-49] G4160 ποιέω : dans Luc 23, le verbe « faire » apparaît dans la bouche des chefs (v.35 : « qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ de Dieu, l’Élu ! ») et dans le titre (v.38 : « Ceci est le roi des Juifs »). Le grec montre que ce que les hommes « font » (crucifier) accomplit paradoxalement ce que Dieu « fait » (sauver). L’arrière-plan hébraïque rappelle le « faire » de la Pâque (Ex 12) : l’Agneau est « fait » sacrifice. Luc présente l’œuvre de Dieu comme le renversement de l’œuvre des hommes : ce qu’ils font pour détruire, Dieu le fait pour sauver (Ac 2,23). La lecture occidentale sépare l’acte humain de la providence ; la clarification montre que la croix est le lieu où l’action humaine (le mal) devient l’œuvre de Dieu (le salut).
Registre action/pratique : le verbe signifie faire, accomplir, produire. Il active l’univers concret des actes et, dans l’enseignement de Jésus, la mise en pratique (faire la volonté du Père, pratiquer la parole). Le registre est éthique : l’action révèle l’obéissance.