Faire
ποιέω signifie faire, accomplir, produire ou réaliser. Le verbe est très large, et sa nuance dépend toujours de l’objet ou de l’action décrite. Dans Lc 14, il appartient au cadre du banquet : un homme fait, c’est-à-dire prépare ou organise, un grand souper. Le co-texte ne vise pas une pratique morale générale ni l’accomplissement d’un commandement; il décrit l’action de l’hôte qui met en place le repas. ποιέω sert donc ici à introduire l’initiative du maître. Le souper existe parce qu’il a été fait, préparé, organisé. La logique du verbe est celle de l’action effective : le banquet n’est pas une idée, il est réalisé. Le mot prépare aussi l’annonce suivante : tout est déjà prêt. Il faut donc lire ποιέω avec μέγας δεῖπνον, « grand souper ». En contexte, le verbe signifie faire ou préparer un banquet. Il donne le point de départ de la parabole : un maître prend l’initiative d’un grand repas, puis envoie appeler les invités. ποιέω ne porte pas tout l’enjeu du passage à lui seul; il signale l’action concrète qui rend l’invitation possible.
Dans l’univers biblique, faire un repas ou préparer un festin est une action d’accueil, d’honneur et de relation. La table n’apparaît pas par hasard; elle est préparée par un hôte qui prend l’initiative. Cet arrière-plan éclaire ποιέω en Lc 14. L’homme fait un grand souper : il organise un banquet destiné à recevoir des invités. Le verbe ne doit pas être élargi ici à toute la théologie biblique du « faire ». Il décrit une action précise qui fonde la scène. Mais cette action a du poids, car l’invitation repose sur un repas déjà préparé. La pensée biblique relie souvent l’action et la parole : l’hôte fait le repas, puis il appelle. Il y a donc une cohérence entre ce qui est préparé et ce qui est annoncé. Dans la parabole, le refus des invités prend place face à une œuvre déjà accomplie : le souper est fait, il est prêt. ποιέω indique ainsi l’initiative concrète du maître. Le mot garde son sens simple de faire ou préparer, tout en ouvrant le cadre relationnel du banquet. Il situe le passage dans une action d’hospitalité réalisée avant la réponse des invités.
Pour un lecteur moderne, « faire » est un verbe très général qui peut passer inaperçu. Dans Lc 14, ποιέω mérite d’être rattaché à son objet : un grand souper. Il ne signifie pas simplement accomplir une action quelconque; il introduit l’organisation d’un banquet. Le contresens serait de transformer le verbe en appel moral général : « faire » au sens de pratiquer ou produire des œuvres. Ce n’est pas la nuance principale ici. Le passage parle d’un hôte qui fait un repas, puis invite des personnes à venir. Un autre contresens serait de juger le verbe trop banal. Il est important parce qu’il établit le point de départ de la parabole : le souper est une initiative déjà réalisée. L’invitation n’est pas à un projet éventuel, mais à un repas préparé. Pour expliquer ποιέω, il faut donc préciser son objet et sa fonction. Objet : un grand souper. Fonction : montrer que le maître a préparé ce qui rend la venue possible. Le verbe travaille avec « déjà prêt » : ce qui a été fait est maintenant disponible. Dans ce contexte, ποιέω signifie faire ou préparer concrètement le banquet du maître.
Faire : produire, accomplir, pratiquer. Très fréquent (faire la volonté, faire le bien, etc.).
Faire/accomplir : réaliser une action, produire, pratiquer.
Réduire à un “faire” neutre (alors que le passage peut opposer dire/faire). Moraliser hors contexte (“fais plus”) au lieu de suivre la logique du texte (obéissance, fruit, conséquence).
Très fréquent. Sert à parler d’actions concrètes (“faire”) mais aussi d’un agir moral/évaluatif (“faire la volonté”, “faire le bien”). Le co‑texte précise l’objet et la logique (dire vs faire; croire vs faire; faire un signe vs faire la volonté).
détruire, ne pas faire
faire, accomplir, pratiquer
ergazomai (travailler) ; prassō (pratiquer) : nuances
faire
Mt 7.21; Jn 13.17; Jc 1.22
G4160
ποιέω
poi-É-ô
poieō
Ne pas réduire à “faire” vague : le co-texte précise si c’est accomplir un commandement, produire un fruit, réaliser une œuvre. Dans Mt 7, l’opposition dire/faire est centrale : faire = obéir. Règle : identifier l’objet (volonté, œuvre, justice) pour préciser la nuance.
[Lc 23,26-49] G4160 ποιέω : dans Luc 23, le verbe « faire » apparaît dans la bouche des chefs (v.35 : « qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ de Dieu, l’Élu ! ») et dans le titre (v.38 : « Ceci est le roi des Juifs »). Le grec montre que ce que les hommes « font » (crucifier) accomplit paradoxalement ce que Dieu « fait » (sauver). L’arrière-plan hébraïque rappelle le « faire » de la Pâque (Ex 12) : l’Agneau est « fait » sacrifice. Luc présente l’œuvre de Dieu comme le renversement de l’œuvre des hommes : ce qu’ils font pour détruire, Dieu le fait pour sauver (Ac 2,23). La lecture occidentale sépare l’acte humain de la providence ; la clarification montre que la croix est le lieu où l’action humaine (le mal) devient l’œuvre de Dieu (le salut).
Registre action/pratique : le verbe signifie faire, accomplir, produire. Il active l’univers concret des actes et, dans l’enseignement de Jésus, la mise en pratique (faire la volonté du Père, pratiquer la parole). Le registre est éthique : l’action révèle l’obéissance.