Jésus interdit l’usage des serments comme moyen de donner une apparence de fiabilité à une parole incertaine. Il montre que tout ce par quoi l’on jure (ciel, terre, Jérusalem, tête) renvoie finalement à Dieu, rendant ces formules vaines. Il appelle donc à une parole simple et véridique : que le « oui » soit oui, et le « non » soit non. Il conclut que ce qui dépasse cette simplicité procède du mal.
- Jésus rappelle une parole ancienne sur les serments et les vœux. - Il interdit de jurer « en aucune manière ». - Il cite plusieurs formes de serment (ciel/terre/Jérusalem/tête). - Il explique pourquoi : ces réalités ne sont pas sous contrôle humain et renvoient à Dieu. - Il souligne l’incapacité de l’humain (« un cheveu blanc/noir » selon versions). - Il commande une parole simple : « oui » ou « non ». - Il condamne ce qui dépasse cette simplicité. - Le passage traite la parole comme un enjeu de justice du royaume.
Le passage vise à former une parole vraie et intègre, sans recours à des serments pour contourner l’exigence de vérité. Jésus dévoile que jurer par le ciel, la terre ou Jérusalem revient, en réalité, à parler devant Dieu, rendant les ruses inutiles. Il expose le problème d’un cœur qui a besoin de formules pour se rendre crédible, au lieu d’une transparence simple. Enfin, il appelle à une parole directe (« oui » / « non »), et identifie le reste comme issu du mal.
- Jésus interdit-il toute forme de serment ? Clé : le texte vise l’usage courant des serments comme stratégie pour contourner la vérité. - Pourquoi parler du ciel/terre/Jérusalem ? Clé : Jésus montre que ces objets appartiennent à Dieu et rendent vaines les ruses. - Que signifie « vient du mal » ? Clé : Jésus juge moralement la parole manipulatrice et l’oppose à la simplicité vraie.
Le problème abordé est une parole instable : on jure pour compenser le manque de fiabilité et pour manipuler la confiance. Jésus montre que ces stratégies sont incohérentes puisque tout renvoie finalement à Dieu et échappe au contrôle humain. Il appelle donc à une parole simple, transparente et vraie. Le passage traite ainsi une dimension concrète de la justice supérieure annoncée au début du sermon.
Le Messie appelle son peuple à la vérité et à une parole fidèle, reflet du Dieu de vérité.
Le 19,12; Ja 5,12; Pr 12,22; Ep 4,25; Col 3,9
- Aucune émotion n’est nommée explicitement. - Le texte décrit une parole manipulatrice (serments) et ordonne une parole simple, sans mentionner de peur/joie/tristesse. - La gravité est portée par les interdits et la conclusion (« du mal »), pas par un vocabulaire d’affects.
Ce passage se situe dans la série « Vous avez entendu… mais moi je vous dis » (Mt 5,21ss). Il vient après l’enseignement sur l’adultère du cœur (Mt 5,27–30) et traite maintenant la vérité de la parole. Après ce passage, Jésus poursuit la justice du royaume en abordant la vengeance et l’amour des ennemis (Mt 5,38–48), élargissant l’exigence à la manière de répondre au mal.
- Répétition de l’interdit : « ne jurez point » (sous différentes formes). - Répétition des objets de serment : ciel, terre, Jérusalem, tête. - Répétition de la logique d’appartenance : « c’est… », « c’est… » (à Dieu). - Contraste : serments multiples / parole simple (« oui » / « non »). - Répétition de « ton » (engagement personnel de la parole). - Conclusion tranchée : « ce qui est en plus vient du mal ». - Formulation générale : « que votre parole soit… » (règle).
- « jurer » : ajouter une formule pour garantir sa parole; Jésus l’interdit ici. - « ciel/terre » : réalités créées qui renvoient à Dieu, pas à notre pouvoir. - « Jérusalem » : exemple religieux; même là, on ne maîtrise pas ce qu’on invoque. - « oui/non » : parole simple, sans manipulation, qui suffit. - « en plus » : surplus de promesses/serments qui révèle une parole non fiable. - « du mal » : indique une source mauvaise derrière la manipulation du langage.
Risque 1 : réduire l’enseignement à une interdiction de « certains mots » au lieu de viser l’intégrité de la parole. Risque 2 : croire que jurer par le ciel/la terre évite de jurer devant Dieu; Jésus montre que tout renvoie à Dieu. Risque 3 : interpréter « du mal » comme une simple expression; le texte associe l’excès de serments à une source mauvaise. Risque 4 : confondre simplicité (« oui/non ») avec naïveté; Jésus vise la vérité, pas l’absence de discernement.
La tension est entre une parole qui cherche à se rendre crédible par des formules (serments) et une parole vraie qui n’a pas besoin d’artifices. La visée est de former une intégrité réelle : le disciple parle devant Dieu, et sa parole doit être fiable. Jésus, en autorité messianique, recentre la justice sur la vérité du cœur qui se manifeste dans la simplicité du langage.
Jésus part de l’enseignement traditionnel sur les serments, puis il donne un interdit général : ne pas jurer. Il justifie ensuite cet interdit en montrant que les objets par lesquels on jure renvoient à Dieu et ne sont pas maîtrisables. Sur cette base, il établit la règle positive : une parole simple et fiable. Enfin, il conclut par une évaluation morale de l’excès : ce qui dépasse le « oui/non » a une source mauvaise.
Jérusalem (mention); ciel; terre
Mt 5,33–37