Laisser; renvoyer; remettre/pardonner (selon contexte).
Le grec ἀφίημι signifie d’abord “laisser, laisser partir, relâcher”. La logique est donc celle d’un geste de dessaisissement : on ne retient plus, on ne réclame plus, on ne garde plus. Dans un contexte de pardon, ce “laisser partir” s’applique à la dette/culpabilité : on renonce à l’exigence. Le mot aide aussi à distinguer deux mouvements : abandonner quelque chose (laisser) et restaurer une relation (fruit du pardon). La formulation grecque oblige à regarder l’objet : qu’est-ce qui est relâché ici ?
La pensée biblique associe souvent “laisser partir” à la libération (sortie, délivrance) et à la remise. L’AT parle d’un Dieu qui délivre et qui enlève le péché, non d’un Dieu qui ignore le mal. L’arrière-plan d’alliance donne un cadre : le pardon vise la restauration, et la remise a un coût traité par Dieu. Cela protège d’un “laisser” simplement permissif : ici, c’est une libération qui restaure. L’image dominante est celle d’un poids relâché et d’une personne rendue libre.
On entend facilement “laisser” comme “ne pas s’en occuper”. Dans le sens biblique, “laisser” (ἀφίημι) est un acte : relâcher une dette, libérer une charge. La clarification utile : pardonner n’est pas nier, c’est choisir de ne plus retenir contre l’autre. Cela évite aussi de confondre pardon et confiance : on peut relâcher la dette, tout en restant prudent selon la situation. Le mot sert donc à clarifier la nature concrète du pardon : une remise réelle.
Verbe très fréquent : “laisser aller / renvoyer / abandonner” et, très souvent, “remettre/pardonner” (laisser la dette/la faute).
Remettre une dette/faute : choisir de ne plus la retenir contre quelqu’un (pardon).
Toujours vérifier le sens dans le passage : “laisser” (partir) ou “pardonner” (remettre). Ne pas réduire le pardon à un simple sentiment : c’est une remise réelle.
Pardon des péchés (remise de dette), relâchement/libération, abandonner quelque chose (selon passage).
retenir; exiger; condamner; imputer
laisser; relâcher; renvoyer; remettre; pardonner
χαρίζομαι (charizomai) : pardonner/gracier en soulignant la grâce donnée ; ἀφίημι met souvent l’accent sur le fait de “relâcher/laisser la dette”
laisser
Mt 6,12; Mc 2,5; Lc 7,48; Mt 18,27
G0863
ἀφίημι
a-phi-É-mi
aphiēmi
Dans Mt 6,12, le co-texte parle de “dettes” et de pardon : choisir “remettre/pardonner”, pas “abandonner” au sens de quitter un lieu. Règle : si l’objet est une faute/dette → pardon; si l’objet est un filet, une barque, une foule → laisser/abandonner. Toujours vérifier l’objet direct.
- Lc 23,34 — “pardonne-leur” (ἀφίημι) : nuance de remise/relâchement d’une dette plus que simple “sentiment”. - Indice de co-texte : prière adressée au Père + motif “ils ne savent pas” → Jésus demande une remise réelle de culpabilité, au cœur même de l’injustice. - Garde-fou : ne pas transformer le verbe en théorie générale du pardon ; ici il sert la première parole de la croix et la logique de la grâce dans Luc.
Registre remise/pardon : le verbe signifie laisser, remettre, relâcher (comme une dette), et en contexte spirituel “pardonner”. Il active l’univers juridique-économique de la dette transféré au relationnel : ne plus retenir la faute. Dans Mt 6, il se situe dans la prière et la relation au Père.