vêtement; manteau; habit
ἱμάτιον désigne le manteau/vêtement extérieur, pièce essentielle et parfois unique, signe de protection et de dignité. Dans Lc 22,36, Jésus dit : “que celui qui n’a pas d’épée vende son manteau et en achète une”. Exégétiquement, la force rhétorique est évidente : vendre ce qui protège du froid pour acheter une épée souligne l’urgence du changement de situation. Le mot sert donc l’intensification : on passe d’une mission où ils n’ont manqué de rien à une heure d’opposition. Il ne faut pas lire le manteau comme détail domestique : il est l’objet le plus évident pour signifier “ce qui est indispensable”. La logique du discours est : rappel du passé (sans bourse, sans sac) → constat “maintenant” → image choc (manteau vendu) → raison : accomplissement des Écritures. Ainsi, ἱμάτιον fonctionne comme marqueur de priorité : l’heure est si grave que les repères ordinaires sont bouleversés. Cela prépare aussi l’épisode de l’arrestation, où Jésus sera saisi comme un criminel. Le mot aide donc à lire la phrase comme hyperbole narrative et signe de tournant, non comme instruction de survie détaillée.
Dans l’AT, le manteau peut symboliser protection, statut, et parfois autorité (le manteau d’Élie, ou la perte d’un manteau comme signe). Il est aussi, juridiquement, une chose que la loi protège : on ne garde pas le manteau du pauvre comme gage durant la nuit, car il sert de couverture. Cet arrière-plan rend la parole de Jésus plus frappante : vendre son manteau, c’est renoncer à un essentiel. La pensée sémitique entend donc une image forte : l’heure est critique, et la sécurité ordinaire ne suffit plus. Dans le cadre de l’accomplissement des Écritures, le manteau vendu souligne que le temps messianique passe par la souffrance et l’opposition. Ce n’est pas la conquête triomphale; c’est l’abaissement où le Messie est compté avec les transgresseurs. Ainsi, le manteau devient un symbole narratif : ce qui protège d’habitude est mis en jeu, parce que la fidélité dans l’épreuve devient la question centrale.
On peut lire “vendre son manteau” comme une consigne littérale d’armement, ou comme un passage embarrassant. Clarification : le manteau est l’exemple le plus parlant d’un bien indispensable; le vendre rend l’image volontairement excessive pour dire : “l’heure a changé”. En prédication exégétique, l’important est la logique : Jésus prépare ses disciples à une opposition réelle, tout en annonçant l’accomplissement prophétique; puis, dans la suite, il refusera l’usage violent de l’épée. Le manteau sert donc à faire sentir la gravité du tournant, pas à fonder une éthique de violence. On reste dans le texte : passé (sans manque), présent (hostilité), Écritures (accomplissement), et incompréhension des disciples (deux épées).
Vêtement / manteau : habit extérieur (cape), parfois “vêtements” en général selon contexte. (Mt 5,40)
Dans Mt 5,40, le vêtement illustre le renoncement volontaire à ses droits pour répondre au mal sans violence (générosité radicale).
Ne pas confondre avec chitōn (tunique). Dans certains passages, “vêtement” peut avoir une portée symbolique (pureté, justice).
Touche du vêtement de Jésus (Mt 9). Vêtements partagés à la croix (Jn 19). Image morale/spirituelle : garder ses vêtements (Ap 16).
nudité
vêtement; manteau; habit
chitōn (tunique); endyō (revêtir) : verbe.
manteau
Mt 5,40; Jn 19,23; Ap 16,15
G2440
lié à “mettre dessus” (selon lueur)
him-at'-ee-on
himation
Registre concret du quotidien (habit, manteau), avec parfois des enjeux juridiques (droit au vêtement) et symboliques (honte/dignité, pureté). Dans les récits de guérison, il peut devenir un point de contact (“bord du vêtement”) sans que l’objet soit “magique”.