On contraint Simon de Cyrène à porter la croix. Jésus est crucifié au Golgotha entre deux brigands; on se partage ses vêtements et on l’insulte. Les chefs se moquent de lui, l’appelant à descendre de la croix. Même les brigands l’outragent.
- En sortant, ils rencontrent Simon de Cyrène et le contraignent à porter la croix (selon texte). - Ils arrivent au lieu appelé Golgotha (lieu du crâne). - On donne à Jésus à boire du vin/vinaigre mêlé de fiel; il goûte mais ne boit pas (selon formulation). - Ils crucifient Jésus. - Ils se partagent ses vêtements en tirant au sort (selon texte). - Ils s’asseyent et le gardent. - Une inscription est placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs » (selon texte). - Deux brigands sont crucifiés avec lui, un à droite et un à gauche. - Les passants l’insultent et lui reprochent la parole sur le temple; ils disent : sauve-toi toi-même (selon texte). - Les chefs se moquent aussi : « il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même »; ils évoquent « roi d’Israël » et « Fils de Dieu ». - Les brigands l’insultent également (selon texte).
Montrer l’ignominie et l’injustice de la croix, et dévoiler l’endurcissement qui rejette le Messie au moment même où il accomplit le salut.
- Pourquoi l’insistance sur « sauve-toi toi-même » ? Clé : le texte montre la logique humaine de preuve, opposée au chemin de la croix où Jésus reste. - Que signifie l’inscription « roi des Juifs » ? Clé : c’est le motif d’accusation affiché; il met la royauté au centre de la scène. - Pourquoi mentionner le partage des vêtements ? Clé : détail concret de dépouillement et d’exposition publique qui accompagne la crucifixion.
La situation est la mise en croix : Jésus est conduit au lieu de crucifixion, attaché à la croix, et exposé publiquement. Le problème est le rejet total du Messie : il est traité comme criminel, crucifié entre des brigands, et devient l’objet d’insultes répétées. Les passants, les chefs et même ceux qui sont crucifiés avec lui tournent en dérision sa prétention de sauver et de régner. Le passage met en scène une contradiction centrale : celui qui pourrait sauver ne se sauve pas, parce que la croix est le chemin choisi.
Le Messie est crucifié : Jésus accomplit les Écritures et porte la honte pour sauver; la croix est le centre de la rédemption.
Ps 22,7–19; Mc 15,21–32; Lu 23,26–43; Es 53,12; He 12,2
- Les passants expriment un mépris explicite (« ils l’injuriaient » selon texte). - Les chefs expriment une moquerie explicite (« ils se moquaient »). - Les brigands expriment aussi une hostilité explicite en l’insultant (selon texte). - La provocation est exprimée explicitement par des phrases conditionnelles (« si tu es… »).
Juste avant, les soldats ont tourné Jésus en dérision, puis l’ont emmené pour le crucifier (Mt 27,27–31). Ici, Matthieu décrit la marche vers Golgotha, la crucifixion, l’inscription au-dessus de la tête de Jésus et les moqueries de plusieurs groupes. Le passage se termine en soulignant que même les brigands l’insultent. Juste après, Matthieu raconte l’obscurité, le cri de Jésus, puis sa mort et les signes qui l’accompagnent (Mt 27,45–56).
- Répétition : « se moquer / insulter » (passants, chefs, brigands). - Répétition : « sauver » (sauve-toi / il a sauvé / ne peut se sauver). - Répétition : titres : « roi des Juifs » / « roi d’Israël » / « Fils de Dieu ». - Contraste : sauver les autres / ne pas se sauver soi-même. - Motif : « descends de la croix » (preuve demandée). - Motif : référence au temple (accusation répétée). - Répétition : structure conditionnelle (« si tu es… »).
- « Golgotha » : lieu nommé où se déroule la crucifixion. - « crucifier » : exécuter en clouant/suspendant; action centrale de la scène. - « inscription » : motif officiel de condamnation affiché publiquement (« roi des Juifs »). - « sauver » : verbe au cœur des moqueries; on demande un salut de soi-même. - « descendre » : défi lancé à Jésus pour prouver son identité. - « Fils de Dieu » : titre utilisé dans la provocation (« si tu es… »).
Risque 1 : lire les moqueries comme simples insultes sans enjeu théologique; elles portent sur l’identité messianique (« Fils de Dieu », « roi ») et sur la logique du salut. Risque 2 : penser que l’absence de « descendre » prouve l’impuissance; le récit présente la croix comme le chemin de l’accomplissement, non comme échec. Risque 3 : isoler l’inscription « roi des Juifs » comme détail historique; elle structure la scène : accusation politique et ironie royale. Risque 4 : manquer la portée du « il a sauvé les autres » : c’est une moquerie, mais cela pointe vers ce que la croix accomplira effectivement.
La tension est l’ironie et la provocation : on défie Jésus de descendre de la croix pour prouver qu’il est le Fils de Dieu, tandis que le récit le maintient dans la voie de la souffrance. Le texte vise à montrer la profondeur du mépris : insultes des passants, des chefs et des brigands, et l’usage de titres théologiques (« Fils de Dieu », « roi d’Israël »). Cette scène expose le scandale de la croix : la puissance messianique est interprétée selon les catégories humaines (se sauver soi-même), alors que le plan de Dieu passe par la mort. Christocentriquement, le passage présente Jésus comme le Roi rejeté et le Fils de Dieu moqué; les paroles « il a sauvé les autres » deviennent, malgré l’intention, une vérité ironique qui annonce le salut accompli par la croix.
Sortie vers la crucifixion → réquisition de Simon pour porter la croix → arrivée au Golgotha → boisson offerte (vin/vinaigre mêlé de fiel) et refus de boire (selon texte) → crucifixion et partage des vêtements par tirage au sort → inscription du motif d’accusation (« roi des Juifs ») → crucifixion avec deux brigands → moqueries des passants → moqueries des chefs/scribes/anciens → moqueries des brigands aussi (selon texte).
Golgotha
Mt 27,32–44