Rm 3,23; Rm 6,6–14; 2 Co 5,21; 1 Jn 1,8–9
G0266
Péché; manquement; faute devant Dieu; peut désigner un acte fautif, une condition/puissance ou une dette morale à remettre selon le co-texte.
Dans l’arrière-plan biblique, le péché est une faute devant Dieu, mais aussi un manquement à la voie de l’alliance. L’Ancien Testament parle de transgression, d’iniquité, d’impureté, de culpabilité et de besoin d’expiation. Cet ensemble éclaire ἁμαρτία : le mal n’est pas seulement une erreur humaine, il touche la relation avec le Dieu saint. La pensée hébraïque comprend le péché comme une réalité concrète, qui se manifeste dans les actes, les paroles, les désirs et l’orientation du cœur. Les sacrifices, les appels prophétiques à la repentance et les promesses de pardon montrent que le péché doit être nommé devant Dieu. Pour une prédication, cet arrière-plan aide à garder ensemble gravité et espérance. Le péché détruit, mais Dieu ouvre un chemin de pardon et de restauration. Il ne faut pas parler du péché comme d’une abstraction religieuse. Il faut montrer qu’il désordonne l’être humain, la communauté et l’adoration. Mais il ne faut pas non plus le présenter sans l’horizon de la miséricorde divine. ἁμαρτία, lu dans ce cadre, devient un mot de vérité : il révèle ce qui sépare de Dieu afin que la grâce puisse être comprise comme une délivrance réelle.
ἁμαρτία désigne le péché ou la faute. Le mot peut viser un acte précis, une condition humaine ou une puissance qui domine, selon le contexte. Sa logique n’est pas seulement morale au sens étroit ; elle met en relation l’être humain avec Dieu, sa volonté et la vérité. Pour une prédication, il faut donc éviter deux réductions. La première serait de parler du péché comme d’une simple imperfection psychologique. La seconde serait de le réduire à une liste d’interdits. ἁμαρτία nomme une rupture réelle : quelque chose manque le but de Dieu, dévie de sa justice et abîme la relation. Le pluriel peut attirer l’attention sur des fautes concrètes ; le singulier peut parfois montrer une réalité plus profonde. Le co-texte doit décider. Le mot structure souvent des contrastes : péché et pardon, péché et justice, péché et mort, péché et liberté. Il oblige le prédicateur à demander : quelle faute est en vue ? quelle conséquence apparaît ? quelle réponse de Dieu est présentée ? ἁμαρτία n’est jamais un mot neutre. Il révèle la gravité du mal, mais il prépare aussi l’annonce de la grâce, parce que la Bible nomme le péché pour conduire vers la vérité de Dieu.
Pour un lecteur moderne, le mot péché peut sembler culpabilisant, archaïque ou réduit à la morale sexuelle. ἁμαρτία demande une clarification plus large. Le mot parle d’une faute réelle devant Dieu, mais aussi d’un désordre profond qui touche le cœur, les relations et la liberté. Il ne désigne pas seulement un sentiment de culpabilité. On peut se sentir coupable sans discerner correctement le mal, et l’on peut être coupable sans en ressentir le poids. Pour une prédication, le mot aide à sortir des deux extrêmes : banaliser le mal ou écraser la personne. ἁμαρτία nomme ce qui s’oppose à Dieu, mais la Bible le nomme pour conduire à la vérité, à la repentance et au pardon. La clarification principale est donc de distinguer péché, honte et identité. Le péché peut être reconnu sans que la personne soit définie uniquement par sa faute. Dans une culture qui valorise l’autonomie, le mot rappelle que l’être humain n’est pas sa propre norme. Dans une culture marquée par la honte, il rappelle que Dieu peut exposer le mal pour sauver, non pour détruire. ἁμαρτία donne au prédicateur un langage lucide : appeler le mal par son nom, puis montrer la profondeur de la grâce.
Actes et état de séparation d’avec Dieu : tourner son cœur loin de lui, ce qui produit des œuvres mauvaises.
Registre juridique et relationnel : faute/péché comme transgression réelle créant culpabilité et besoin de pardon. Dans Matthieu, la notion est souvent liée aux dettes, au pardon, et au jugement (donc une réalité objective, pas un simple ressenti).
Toujours lier diagnostic du péché à l’espérance du pardon et de la nouvelle naissance.
faute, transgression, mal
Option A : imperfection vague ; Option B : offense/transgression précise. Le co-texte (pardonner, dettes, condamnation, actes/paroles) précise la nature de la faute. Ne pas généraliser : identifier dans la péricope la direction de l’offense (contre Dieu / contre le prochain) et l’indice textuel qui la définit.
Contexte : distinguer péché commis et condition. Sobriété : éviter culpabilisation sans évangile. Priorité au passage : voir l’œuvre de Christ. Comparer : Rm 6 vs 1 Jn 1. Prudence : ne pas banaliser ni désespérer.
paraptōma (chute) : accent sur la faute; hamartia peut inclure puissance/état.
- Lc 11,4 — “péchés” : fautes réelles remises par Dieu; le co-texte les met en parallèle avec la remise accordée aux autres (dette/relâchement). Option A : péché comme acte fautif ; Option B : péché comme condition/puissance ; Option C : péché comme dette à remettre. La demande de pardon fait pencher vers C : faute/dette morale remise par Dieu. - Mt 9,1–8 — “péché/faute” (G266) : le mot vise une réalité morale devant Dieu que Jésus peut pardonner; l’indice est la déclaration “tes péchés te sont pardonnés”. - Mt 9,9–13 — Option A (faute individuelle seulement) / Option B (condition de pécheur qui appelle la miséricorde) : le co-texte (“je suis venu appeler des pécheurs”) fait pencher vers B : Jésus vise des personnes reconnues comme pécheurs et appelle à la repentance.