Péché; manquement; faute devant Dieu; peut désigner un acte fautif, une condition/puissance ou une dette morale à remettre selon le co-texte.
ἁμαρτία peut décrire un acte (“faute”) mais aussi un état/puissance (“le péché”) selon le contexte. Le grec fonctionne souvent par contraste : péché vs justice, mort vs vie, esclavage vs liberté. La logique du passage détermine donc si l’on parle de fautes particulières (pluriel/actes) ou d’une réalité plus globale qui “règne”. Dans les récits évangéliques et apostoliques, le mot sert fréquemment à expliquer pourquoi le salut est nécessaire : il y a une culpabilité réelle, et une domination qui déforme l’homme. La formulation grecque oblige à poser des questions simples : qui est touché, quel est le résultat, et quelle est la réponse de Dieu. Ainsi, ἁμαρτία structure la pensée : il ne s’agit pas d’un défaut vague, mais d’une réalité qui mène au jugement et qui appelle une délivrance.
L’arrière-plan biblique pense le péché comme “manquer la voie”, mais aussi comme impur/polluant : ce qui souille et empêche l’accès à Dieu. L’AT relie péché, culpabilité et besoin d’expiation (sang, sacrifice, pardon). Cela donne une logique d’alliance : pécher, ce n’est pas seulement “se tromper”, c’est rompre une relation et se placer sous une conséquence réelle. Les prophètes ajoutent l’idée de cœur : le péché n’est pas uniquement un geste, mais une orientation intérieure qui produit des actes. Dans cette perspective, le salut n’est pas seulement une “annulation de peine” : c’est purification, restauration, et retour à l’alliance. Cet arrière-plan garde le mot dans une dynamique concrète : faute réelle → purification/ pardon → restauration de la communion.
En Occident, on réduit parfois le péché à un sentiment de culpabilité, ou au contraire à un simple “écart” sans gravité. Le mot biblique est plus concret : il parle de faute réelle devant Dieu, avec des conséquences, et d’une puissance qui enchaîne. La clarification utile : le péché n’est pas uniquement moraliste (“liste d’interdits”), ni seulement psychologique : c’est une rupture relationnelle avec Dieu qui abîme l’homme. Dans Luc 23, la croix montre à la fois la gravité du péché (le Juste souffre) et la grâce (Dieu ouvre le pardon). On garde donc une lecture équilibrée : réalité du péché, et réalité de la délivrance en Christ.
Manquer le but de Dieu et s’en détourner. (Rm 3,23; 1 Jn 1,8)
Actes et état de séparation d’avec Dieu : tourner son cœur loin de lui, ce qui produit des œuvres mauvaises.
Contexte : distinguer péché commis et condition. Sobriété : éviter culpabilisation sans évangile. Priorité au passage : voir l’œuvre de Christ. Comparer : Rm 6 vs 1 Jn 1. Prudence : ne pas banaliser ni désespérer.
Très fréquent; peut désigner faute concrète ou condition humaine; souvent associé au pardon en Christ.
justice, sainteté, obéissance
faute, transgression, mal
paraptōma (chute) : accent sur la faute; hamartia peut inclure puissance/état.
péché / faute
Rm 3,23; Rm 6,6–14; 2 Co 5,21; 1 Jn 1,8–9
G0266
hamartanō (pécher)
ha-mar-ti-a
hamartia
Option A : imperfection vague ; Option B : offense/transgression précise. Le co-texte (pardonner, dettes, condamnation, actes/paroles) précise la nature de la faute. Ne pas généraliser : identifier dans la péricope la direction de l’offense (contre Dieu / contre le prochain) et l’indice textuel qui la définit.
- Lc 11,4 — “péchés” : fautes réelles remises par Dieu; le co-texte les met en parallèle avec la remise accordée aux autres (dette/relâchement). Option A : péché comme acte fautif ; Option B : péché comme condition/puissance ; Option C : péché comme dette à remettre. La demande de pardon fait pencher vers C : faute/dette morale remise par Dieu. - Mt 9,1–8 — “péché/faute” (G266) : le mot vise une réalité morale devant Dieu que Jésus peut pardonner; l’indice est la déclaration “tes péchés te sont pardonnés”. - Mt 9,9–13 — Option A (faute individuelle seulement) / Option B (condition de pécheur qui appelle la miséricorde) : le co-texte (“je suis venu appeler des pécheurs”) fait pencher vers B : Jésus vise des personnes reconnues comme pécheurs et appelle à la repentance.
Registre juridique et relationnel : faute/péché comme transgression réelle créant culpabilité et besoin de pardon. Dans Matthieu, la notion est souvent liée aux dettes, au pardon, et au jugement (donc une réalité objective, pas un simple ressenti).