Lc 12,51; Lc 12,49-53
G1325
Donner; accorder; remettre; livrer (selon contexte).
L’arrière-plan biblique est traversé par l’idée du don : Dieu donne la vie, la terre, la loi, la sagesse, le pain, l’Esprit, et l’humain répond par l’offrande, la justice et la fidélité. δίδωμι s’inscrit dans cette logique de circulation. Donner n’est pas seulement transférer un objet ; c’est souvent établir ou confirmer une relation. Dans l’alliance, le don de Dieu précède la réponse humaine. Cela empêche de lire le don comme un simple mérite ou comme une transaction symétrique. Dieu donne par initiative, et le peuple apprend à donner parce qu’il a reçu. Mais le mot reste large : on peut donner une parole, une autorité, une responsabilité, un signe, une nourriture ou une vie. Le contexte détermine la nature du don. La pensée biblique rappelle aussi qu’un don peut engager celui qui reçoit. Recevoir n’est pas posséder sans responsabilité ; c’est entrer dans une histoire. δίδωμι aide donc à lire les passages en demandant : qui donne, quoi, à qui, et pour quel effet dans l’alliance ou dans la scène ? Le mot garde ensemble grâce, transfert concret et responsabilité relationnelle.
δίδωμι signifie donner, accorder ou remettre. Le verbe exprime un transfert : quelque chose passe du donneur au destinataire. Sa logique est relationnelle, car il faut toujours identifier qui donne, quoi, à qui, et avec quel effet. Le mot peut décrire un don concret, une permission, une responsabilité, une autorité ou une parole remise. Il ne signifie donc pas automatiquement générosité affective ; le contexte décide si l’acte est bienveillant, officiel, juridique ou narratif. Dans un cadre biblique, δίδωμι devient important parce qu’il permet de parler de l’initiative de Dieu, mais aussi des actes humains ordinaires. Le noyau reste simple : transmettre ou accorder. Le verbe se distingue de prendre, car l’initiative vient du donneur, et de prêter, car l’objet est réellement remis. Pour l’expliquer sans surcharge, il faut observer l’objet donné : grâce, pain, autorité, esprit, parole ou personne. δίδωμι décrit ainsi une circulation qui crée une situation nouvelle entre celui qui donne et celui qui reçoit.
Le lecteur moderne associe “donner” à offrir un cadeau ou à faire un geste altruiste. δίδωμι est plus large : donner, accorder, remettre. La clarification est que le verbe décrit un transfert, pas seulement une émotion. Un contresens moderne serait de restreindre le mot à la générosité. On peut “donner” une responsabilité, une autorisation, un ordre, une récompense. Le verbe reste le même : transfert vers un destinataire. Un autre contresens serait de moraliser automatiquement : donner = toujours bon. Le verbe est descriptif; le bien ou le mal dépend de ce qui est donné. Pour un lecteur occidental moderne, cela aide à comprendre que le don crée une relation et une situation nouvelle. Ce qui est donné change de mains, donc change d’histoire. δίδωμι met en évidence l’initiative : le donneur choisit de remettre. Il peut aussi clarifier une dynamique biblique fréquente : recevoir et donner. Le mot se situe du côté de l’initiative et du transfert. La correction biblique associée est de voir le don comme relation et responsabilité : ce que je donne engage, et ce que je reçois oriente. Comprendre δίδωμι, c’est comprendre une circulation : remettre à l’autre, accorder, transmettre.
Dans Lc 8,55–56, le verbe exprime une instruction très concrète : Jésus ordonne qu’on “donne” à manger à l’enfant. Ici, il ne s’agit ni d’un acte juridique ni d’un symbole, mais d’un don pratique qui confirme la restauration réelle : elle est vivante et peut être nourrie.
Registre du don et de l’autorité : transfert (donner), attribution (accorder), et parfois registre juridique (livrer/remettre quelqu’un). Dans l’Évangile, met en scène la générosité de Dieu et la réponse du disciple.
Aperçu : δίδωμι signifie donner, accorder, remettre ou livrer selon le contexte. Toujours identifier le donneur, l’objet donné et le destinataire. À éviter : moraliser automatiquement le verbe comme générosité. Phrase utile : « Le sens de donner se décide par ce qui est remis, à qui, et dans quelle relation. »
donner; accorder; remettre; livrer (selon contexte)
Toujours identifier : qui donne quoi à qui. Si l’objet est une personne livrée, rendre “remettre/livrer”. Si l’objet est un don/autorité, rendre “donner/accorder”.
Ne pas réduire à un seul français : le contexte décide (donner vs remettre/livrer). Garder l’asymétrie quand Dieu est sujet : il donne par grâce, non par dette.
χαρίζομαι (faire grâce) : accent sur gratuité; δωρέομαι (donner gratuitement) : nuance; ici verbe général du don.
- Jn 21,1–14 — δίδωμι peut désigner le don concret de nourriture ou ce que Jésus met à disposition dans la scène. La nuance se fixe par l’objet donné et par le destinataire. - Miroir technique : dans les péricopes liées, δίδωμι peut signifier donner, accorder, confier, remettre ou livrer. Quand l’objet est pain, vie, autorité ou parole : nuance de don/attribution. Quand l’objet est une personne remise à des autorités : nuance de livraison/remise. - Garde-fou : ne pas moraliser automatiquement “donner” comme générosité. Le verbe décrit d’abord un transfert : qui donne, quoi, à qui, et dans quelle relation.