Donner; accorder; remettre; livrer (selon contexte).
δίδωμι (didōmi) signifie « donner », « accorder », « remettre ». Le verbe exprime un transfert : quelque chose passe du donneur au receveur. Sa logique est relationnelle : il y a un sujet qui donne, un objet donné, et un destinataire. Le garde-fou est de ne pas réduire δίδωμι à un don “gratuit” au sens sentimental. Le verbe peut couvrir des dons généreux, mais aussi des remises officielles (donner un ordre, donner un coup, donner une récompense, remettre un document). Il se distingue de “prendre” : ici, l’initiative est du côté du donneur. Il se distingue aussi de “prêter” : δίδωμι implique souvent une remise réelle, pas seulement temporaire. Le noyau reste : transmettre/accorder. Le verbe peut aussi, selon le contexte, exprimer une permission (“donner” le droit), une dotation (“donner” une capacité), ou une remise (“donner” en mains). Ainsi, δίδωμι est un mot de circulation : ce qui est chez l’un passe à l’autre. Comprendre δίδωμι, c’est donc retenir la dynamique : transfert volontaire. Ce transfert peut être bienveillant ou non, selon l’objet donné, mais le verbe décrit l’acte. Dans le grec biblique, ce mot est central parce que la révélation parle beaucoup de dons : Dieu donne, l’homme donne, on donne une réponse, on donne une parole. Mais lexicalement, le terme reste simple : donner. Il met en évidence la relation et l’initiative. Il souligne aussi qu’un don crée une situation nouvelle : ce qui est donné change de mains. δίδωμι est donc un verbe de transfert et de relation.
L’arrière-plan biblique est traversé par l’idée du don : Dieu donne la vie, la terre, la loi, la sagesse, le pain, l’Esprit, et l’humain répond par l’offrande, la justice et la fidélité. δίδωμι s’inscrit dans cette logique de circulation. Donner n’est pas seulement transférer un objet ; c’est souvent établir ou confirmer une relation. Dans l’alliance, le don de Dieu précède la réponse humaine. Cela empêche de lire le don comme un simple mérite ou comme une transaction symétrique. Dieu donne par initiative, et le peuple apprend à donner parce qu’il a reçu. Mais le mot reste large : on peut donner une parole, une autorité, une responsabilité, un signe, une nourriture ou une vie. Le contexte détermine la nature du don. La pensée biblique rappelle aussi qu’un don peut engager celui qui reçoit. Recevoir n’est pas posséder sans responsabilité ; c’est entrer dans une histoire. δίδωμι aide donc à lire les passages en demandant : qui donne, quoi, à qui, et pour quel effet dans l’alliance ou dans la scène ? Le mot garde ensemble grâce, transfert concret et responsabilité relationnelle.
Le lecteur moderne associe “donner” à offrir un cadeau ou à faire un geste altruiste. δίδωμι est plus large : donner, accorder, remettre. La clarification est que le verbe décrit un transfert, pas seulement une émotion. Un contresens moderne serait de restreindre le mot à la générosité. On peut “donner” une responsabilité, une autorisation, un ordre, une récompense. Le verbe reste le même : transfert vers un destinataire. Un autre contresens serait de moraliser automatiquement : donner = toujours bon. Le verbe est descriptif; le bien ou le mal dépend de ce qui est donné. Pour un lecteur occidental moderne, cela aide à comprendre que le don crée une relation et une situation nouvelle. Ce qui est donné change de mains, donc change d’histoire. δίδωμι met en évidence l’initiative : le donneur choisit de remettre. Il peut aussi clarifier une dynamique biblique fréquente : recevoir et donner. Le mot se situe du côté de l’initiative et du transfert. La correction biblique associée est de voir le don comme relation et responsabilité : ce que je donne engage, et ce que je reçois oriente. Comprendre δίδωμι, c’est comprendre une circulation : remettre à l’autre, accorder, transmettre.
Verbe très fréquent : donner / accorder / remettre. Sert autant pour des dons concrets (pain, argent) que pour des dons de Dieu (grâce, Esprit, autorité).
Dans Lc 8,55–56, le verbe exprime une instruction très concrète : Jésus ordonne qu’on “donne” à manger à l’enfant. Ici, il ne s’agit ni d’un acte juridique ni d’un symbole, mais d’un don pratique qui confirme la restauration réelle : elle est vivante et peut être nourrie.
Ne pas réduire à un seul français : le contexte décide (donner vs remettre/livrer). Garder l’asymétrie quand Dieu est sujet : il donne par grâce, non par dette.
Donner/accorder/remettre selon contexte. Dans Lc 12,49–53, Jésus réfute l’idée qu’il soit venu “donner la paix” : le verbe sert à nommer l’attente corrigée (paix vs division).
prendre; retenir; refuser; reprendre; enlever
donner; accorder; remettre; livrer (selon contexte)
χαρίζομαι (faire grâce) : accent sur gratuité; δωρέομαι (donner gratuitement) : nuance; ici verbe général du don.
donner
Lc 12,51; Lc 12,49-53
G1325
δίδωμι
didōmi — « di-do-mi » (approx.)
didōmi
Toujours identifier : qui donne quoi à qui. Si l’objet est une personne livrée, rendre “remettre/livrer”. Si l’objet est un don/autorité, rendre “donner/accorder”.
- Jn 21,1–14 — δίδωμι peut désigner le don concret de nourriture ou ce que Jésus met à disposition dans la scène. La nuance se fixe par l’objet donné et par le destinataire. - Miroir technique : dans les péricopes liées, δίδωμι peut signifier donner, accorder, confier, remettre ou livrer. Quand l’objet est pain, vie, autorité ou parole : nuance de don/attribution. Quand l’objet est une personne remise à des autorités : nuance de livraison/remise. - Garde-fou : ne pas moraliser automatiquement “donner” comme générosité. Le verbe décrit d’abord un transfert : qui donne, quoi, à qui, et dans quelle relation.
Registre du don et de l’autorité : transfert (donner), attribution (accorder), et parfois registre juridique (livrer/remettre quelqu’un). Dans l’Évangile, met en scène la générosité de Dieu et la réponse du disciple.