Bonne nouvelle (message de Dieu centré sur le salut).
Le verbe εὐαγγελίζω signifie « annoncer une bonne nouvelle » et insiste sur l’acte d’apporter un message qui, par sa nature, est reçu comme heureux. Sa logique est celle du messager : un contenu est communiqué, et la valeur positive appartient au contenu lui-même, non à un ton enthousiaste. Le contexte fixe donc ce qu’est la « bonne nouvelle » : parfois une délivrance, parfois une promesse accomplie, parfois l’annonce du règne de Dieu, parfois une consolation adressée à des personnes en détresse. Il faut distinguer εὐαγγελίζω de verbes voisins : κηρύσσω souligne la proclamation publique, διδάσκω l’enseignement, μαρτυρέω le témoignage. εὐαγγελίζω, lui, met l’accent sur l’annonce d’un message favorable qui vient de Dieu. Le garde-fou est de ne pas transformer le mot en slogan : on évite une définition vide (« l’évangile » au sens vague) et on demande toujours quel contenu est annoncé dans la phrase. Le verbe implique aussi que l’annonce devient un fait public et transmissible : on peut la répéter, l’entendre, la refuser ou l’accueillir. Ainsi, εὐαγγελίζω est un mot de communication de promesse accomplie, et sa nuance exacte dépend du contenu indiqué par le co-texte.
εὐαγγελίζω s’enracine dans l’univers biblique de l’annonce favorable : une nouvelle de victoire, de délivrance, de retour, de règne ou de consolation. L’arrière-plan d’Ésaïe est particulièrement important : annoncer la bonne nouvelle, c’est proclamer que Dieu règne, qu’il vient consoler son peuple et accomplir son salut. Le verbe ne désigne donc pas d’abord une communication religieuse neutre. Il porte une nouvelle qui change la situation de ceux qui l’entendent. Mais il faut rester attentif au contexte : l’annonce peut concerner le royaume, Jésus, la paix, la grâce ou l’accomplissement de la promesse. Elle n’est pas un simple optimisme. Elle est liée à l’action de Dieu dans l’histoire. La pensée hébraïque aide à comprendre que la “bonne nouvelle” n’est pas seulement une idée à croire intérieurement ; elle est une proclamation qui appelle accueil, conversion, fidélité et joie. Le messager ne crée pas la nouvelle, il la transmet. εὐαγγελίζω rappelle ainsi que Dieu fait annoncer ce qu’il accomplit : la parole devient messagère d’un acte de salut déjà engagé par Dieu.
Dans l’usage moderne, « évangéliser » peut évoquer une méthode de persuasion, un style de communication ou une démarche sociale. εὐαγγελίζω est plus simple : annoncer une bonne nouvelle, c’est communiquer un contenu défini comme heureux, parce qu’il décrit ce que Dieu fait ou promet. La clarification principale est donc de distinguer le mot du procédé : le verbe ne décrit pas une technique, il décrit une annonce. Un contresens fréquent est d’employer « bonne nouvelle » comme synonyme de message positif en général ; le mot biblique est lié à un contenu précis que le contexte indique. Un autre contresens est de réduire l’annonce à un slogan religieux (« l’évangile » sans précision). La correction consiste à demander : quelle nouvelle est annoncée ici, et pourquoi est-elle qualifiée de bonne dans ce cadre ? Cette question force une lecture contrôlée par le co-texte. Pour un lecteur occidental, εὐαγγελίζω aide aussi à distinguer proclamation et enseignement : on peut annoncer une nouvelle sans encore exposer tous les détails. Le mot indique donc un acte de communication centré sur une nouvelle favorable, destinée à être entendue, transmise et évaluée, et dont le contenu est défini par la phrase et son contexte.
Bonne nouvelle : annonce du salut de Dieu (accomplissement en Christ).
Dans Mt 11,5, « la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » : signe que le Royaume vient avec grâce pour les personnes démunies.
Réduire à une “motivation” religieuse. Oublier que l’Évangile est un contenu (ce que Dieu fait) avant d’être une méthode.
Annonce du salut de Dieu et du Royaume; proclamation centrée sur Jésus (selon contexte).
mauvaise nouvelle; jugement (selon contexte)
évangéliser; annoncer; proclamer la bonne nouvelle
kēryssō (proclamer) ; didaskō (enseigner) ; martureō (témoigner).
annoncer une bonne nouvelle
Mt 11,5; Lc 4,18; Ac 8,35
G2097
eu (bon) + aggelos (messager)
yoo-ang-ghel-id'-zo
euangelizō
Option A : “bonne nouvelle” = information positive générale. Option B : “bonne nouvelle” = message biblique du salut/règne de Dieu, défini par le passage. Dans Luc, le co-texte relie la bonne nouvelle à l’action de Dieu (salut, accomplissement, venue du Seigneur). Donc : B. Ne pas utiliser “évangile” comme slogan : préciser le contenu annoncé d’après le passage.
- Mc 16,1–8 — εὐαγγελίζω n’apparaît pas forcément comme verbe explicite dans la scène, mais les péricopes miroir rattachées au code éclairent la logique d’annonce : une nouvelle venue de Dieu doit être transmise. - Miroir technique : le verbe signifie annoncer une bonne nouvelle, souvent le Royaume, le salut, la paix ou l’accomplissement. Selon les passages, l’accent porte sur le contenu proclamé, la mission du messager, ou la réaction attendue. - Garde-fou : ne pas réduire à “communiquer une information positive”. Dans le cadre pascal, la bonne nouvelle est une proclamation qui change la situation : Dieu a agi, et le témoignage doit être porté.
Registre proclamation et alliance : on annonce publiquement ce que Dieu fait pour sauver et gouverner. Dans Luc 1–2, l’annonce est enracinée dans les promesses et l’accomplissement (visitation, salut, paix).