De midi à trois heures, des ténèbres couvrent le pays. Jésus crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », puis rend l’esprit. Le voile du temple se déchire, la terre tremble et des tombeaux s’ouvrent. Le centenier et ceux qui gardent Jésus confessent : « Celui-ci était vraiment Fils de Dieu ». Des femmes regardent de loin.
- De la sixième à la neuvième heure, il y a des ténèbres sur tout le pays (selon texte). - Vers la neuvième heure, Jésus crie d’une voix forte : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » et Matthieu traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». - Certains disent : il appelle Élie. - Quelqu’un court, prend une éponge, la remplit de vinaigre, la met à un roseau et lui donne à boire. - D’autres disent : attends, voyons si Élie viendra le sauver. - Jésus pousse encore un grand cri et rend l’esprit (selon texte). - Le voile du temple se déchire en deux, de haut en bas. - La terre tremble, les rochers se fendent; des tombeaux s’ouvrent et des saints ressuscitent (selon texte). - Le centenier et ceux qui gardent Jésus ont très peur et disent : « vraiment celui-ci était Fils de Dieu ». - Plusieurs femmes regardent de loin; elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir (selon texte).
Montrer la signification cosmique et cultuelle de la mort de Jésus : jugement, accès à Dieu, et reconnaissance de son identité.
- Pourquoi Matthieu conserve-t-il la phrase « Eli, Eli… » ? Clé : le texte relie directement le cri à son sens en le traduisant, et explique aussi le malentendu (« Élie »). - Comment comprendre les signes (voile, tremblement, tombeaux) dans le récit ? Clé : ils sont décrits comme des événements concomitants qui encadrent la mort et amènent la crainte/confession. - Pourquoi mentionner les femmes de loin ? Clé : le texte souligne l’existence de témoins identifiables et leur service antérieur.
La situation est le moment de la mort de Jésus sur la croix : une obscurité survient, Jésus crie, puis il rend l’esprit. Le problème mis en scène est le scandale apparent d’un Messie qui meurt : on l’accuse d’appeler Élie et on continue à observer sans comprendre. En parallèle, Matthieu rapporte des signes frappants (voile déchiré, tremblement de terre, confession du centenier) qui interprètent l’événement comme décisif. Le passage montre la transition du supplice à la constatation de la mort et à la réaction de témoins, dont des femmes qui regardent de loin.
Le Messie meurt pour ouvrir l’accès à Dieu : le voile déchiré et la confession du centenier attestent que Jésus est Fils de Dieu et Sauveur.
Ps 22,2; Mc 15,33–41; He 10,19–22; Es 53,10–11; 2 Co 5,19
- Le centenier et ceux qui gardent Jésus éprouvent une crainte explicite (« ils eurent très peur »). - Certains expriment une attente/provocation explicite (« voyons si Élie viendra le sauver »). - La détresse de Jésus est explicitement exprimée par le cri et la parole « pourquoi… ». - Les femmes sont décrites comme présentes et regardant de loin; aucune émotion nommée mais une posture de témoignage est explicitée.
Juste avant, Matthieu a décrit la crucifixion, l’inscription « roi des Juifs » et les moqueries des passants et des chefs (Mt 27,32–44). Cette péricope relate ensuite l’obscurité, le cri de Jésus, sa mort et les signes qui l’accompagnent, ainsi que la confession du centenier et la présence de femmes témoins. Juste après, Matthieu raconte la sépulture de Jésus par Joseph d’Arimathée et la présence de femmes qui observent le tombeau (Mt 27,57–61).
- Répétition : repères d’heures (sixième/neuvième). - Répétition : « cri » (Jésus crie; puis encore un grand cri). - Répétition : « Élie » (malentendu + attente). - Contraste : obscurité / confession finale du centenier. - Contraste : malentendu (« il appelle Élie ») / interprétation donnée par les signes (voile, tremblement). - Répétition : « peur/crainte » (réaction du centenier et des soldats). - Motif : témoignage (femmes de loin).
- « ténèbres » : obscurité inhabituelle qui marque l’heure de la mort. - « pourquoi m’as-tu abandonné » : parole de souffrance adressée à Dieu, citée et traduite. - « voile déchiré » : signe au temple qui accompagne la mort de Jésus. - « rendit l’esprit » : expression qui marque la mort de Jésus dans le récit. - « crainte » : réaction explicite des soldats devant les événements. - « Fils de Dieu » : confession explicite du centenier sur Jésus.
Risque 1 : prendre le cri de Jésus comme une perte de foi; Matthieu cite un psaume et traduit le sens, montrant une prière adressée à Dieu au cœur de la souffrance. Risque 2 : réduire les signes (voile, tremblement) à de simples phénomènes; le texte les place comme interprétation narrative de la mort de Jésus. Risque 3 : confondre le malentendu sur Élie avec un enseignement principal; il sert à montrer l’incompréhension au pied de la croix. Risque 4 : ignorer la confession du centenier; elle est explicitement présentée comme réponse de crainte et reconnaissance de l’identité de Jésus.
La tension se concentre sur l’heure finale : obscurité, cri fort, et la question implicite de l’abandon (« pourquoi m’as-tu abandonné ? » selon texte). La visée est de montrer que la mort de Jésus n’est pas un événement ordinaire : elle est accompagnée de signes (voile déchiré, terre ébranlée) et provoque une confession étonnante d’un païen (« vraiment celui-ci était Fils de Dieu »). Le texte vise aussi à attester la réalité de la mort (cri, remise de l’esprit) et la présence de témoins. Christocentriquement, la mort du Messie est présentée comme un tournant : elle révèle son identité et ouvre un accès symbolisé par le voile déchiré, tout en accomplissant la parole du psaume cité par Jésus.
Obscurité de midi à trois heures → cri de Jésus avec citation (« Eli, Eli… ») → interprétation erronée par certains (Élie) → action : éponge imbibée et boisson donnée → attente : voir si Élie vient → nouveau cri → Jésus rend l’esprit → signes : voile déchiré, tremblement, rochers fendus, tombeaux ouverts (selon texte) → réaction du centenier et des soldats : crainte et confession → mention des femmes témoins de loin (noms/présence).
temple (voile); Golgotha (contexte)
Mt 27,45–56