L’un des malfaiteurs insulte Jésus et lui demande de se sauver. L’autre le reprend, reconnaît la justice de sa condamnation et l’innocence de Jésus, puis demande : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ». Jésus lui répond : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». La grâce atteint un condamné au dernier moment.
- Les deux malfaiteurs sont présents dès la crucifixion, mais seul l’un parle ici (v. 39–43). - Le mauvais larron raille Jésus avec les mêmes mots que les soldats et le peuple (v. 39). - Le bon larron reconnaît la justice de sa propre condamnation et l’innocence de Jésus (v. 41). - Il demande : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » (v. 42). - Jésus répond : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (v. 43). - Luc est le seul évangéliste à raconter cette conversion sur la croix.
L’angle de cette péricope est de montrer la foi repentante du bon larron et l’assurance du salut que Jésus lui accorde sur la croix. Elle met en évidence le contraste radical entre les deux malfaiteurs : l’un persiste dans le mépris, l’autre se tourne vers Jésus comme vers un roi innocent. Le texte révèle que le royaume s’ouvre par la confiance en Jésus, même à l’extrême limite de la vie. La visée est christocentrique : le Messie sauve sur la croix, offrant le paradis comme don royal de grâce à celui qui croit.
Question : le bon larron fait-il une œuvre pour mériter le paradis ? Clé : non, il reconnaît sa culpabilité et demande grâce au roi ; Jésus répond par un don pur. Question : que signifie exactement « aujourd’hui » ? Clé : c’est le jour du salut, l’immédiateté de la grâce qui ouvre le royaume. Question : pourquoi Jésus ne mentionne-t-il pas la repentance ? Clé : le texte montre la foi et la demande ; Jésus répond par la promesse, révélant la grâce prévenante.
Le problème est que deux malfaiteurs partagent le même supplice, mais réagissent différemment : l’un persiste dans le mépris, l’autre se tourne vers Jésus comme vers un roi innocent. La question est : qui est Jésus pour celui qui meurt à côté de lui ? La réponse ouvre le royaume à celui qui croit.
Le Messie sauve sur la croix : Jésus accorde le salut et l’espérance du paradis à celui qui se tourne vers lui par la foi.
Es 53,12; Mt 27,38–44; 2 Co 5,8; Ép 2,8–9; Ro 10,9–13
- Le mauvais larron : moquerie, agressivité (« il lui dit d’un ton de moquerie »). - Le bon larron : humilité, reconnaissance de culpabilité, confiance en Jésus. - Jésus : calme royal, promesse de paix sans reproche. - Les spectateurs : présents mais silencieux dans ce dialogue concentré.
Avant : Jésus est crucifié entre deux malfaiteurs au lieu appelé le Crâne ; il pardonne ses bourreaux, est moqué par le peuple, les chefs et les soldats, et l’inscription « Roi des Juifs » est affichée au-dessus de lui (Lc 23,32–38). Cette péricope se situe immédiatement après ces moqueries et cette proclamation royale. Après : les ténèbres couvrent le pays, le voile du temple se déchire, Jésus remet son esprit au Père et meurt, tandis que le centurion reconnaît sa justice et que les foules se frappent la poitrine (Lc 23,44–49). Luc place ainsi le dialogue du bon larron entre la proclamation royale de la croix et les signes de la mort de Jésus, soulignant que le royaume s’ouvre même dans l’abaissement.
- « Sauve-toi » répété par le mauvais larron (v. 39), ironie centrale. - « Celui-ci » (οὗτος) : désignation de Jésus par le bon larron comme innocent et roi (v. 41). - « Souviens-toi de moi » : formule de demande au roi messianique, reprenant un langage royal. - « Aujourd’hui » : adverbe de temps qui marque l’immédiateté du salut. - « Avec moi » : promesse de présence, non seulement de destination. - Contraste entre les deux larrons : l’un raille, l’autre se repent.
Souviens-toi : demande faite à un roi, comme dans la Bible quand on prie le roi de se souvenir de son serviteur. Aujourd’hui : ce jour même, immédiatement, sans attente. Paradis : jardin de la présence de Dieu, ici promis comme lieu de communion avec Jésus. Avec moi : la promesse est la présence de Jésus, pas seulement un lieu. Royaume : règne de Jésus, proclamé même sur la croix. Innocent : le bon larron reconnaît que Jésus n’a rien fait de mal, contrairement à eux.
Risque 1 : présenter le bon larron comme un exemple d’ultime repentance sans montrer que c’est la grâce de Jésus qui sauve, pas la qualité de la repentance. Risque 2 : réduire « aujourd’hui » à une simple date sans voir qu’elle annonce l’immédiateté du salut dans le royaume de Jésus. Risque 3 : lire le paradis comme une récompense méritée par la reconnaissance du larron, plutôt que comme un don royal de Jésus crucifié.
La tension est entre l’apparence de défaite (crucifié, moqué) et la réalité du royaume ouvert par Jésus. La visée est de montrer que le salut est un don royal de la grâce, accessible au dernier moment par la foi, et que le paradis commence « aujourd’hui » avec Jésus.
Crucifixion des trois → le mauvais larron raille Jésus → le bon larron le reprend et confesse sa culpabilité → il reconnaît l’innocence de Jésus → il demande grâce au « roi » en son royaume → Jésus promet la présence immédiate dans le paradis.
croix; Golgotha
Lc 23,39–43